Un rapport, rédigé en décembre 2018 par les services de l’Etat, met le gouvernement dans l’embarras sur le dossier sensible de la Montagne d’Or. Selon ce document, le projet d’exploitation aurifère répond aux standards écologiques internationaux, offre des retombées économiques importantes pour la population, et surtout, bénéficie d’une « prolongation de droit ».

C’est un rapport dont le gouvernement se serait bien passé. Rédigé en fin d’année par l’administration, celui-ci récuse bon nombre d’idées reçues énoncées par les opposants hexagonaux, notamment de la part des cadres EELV, au projet Montagne d’Or, et parfois par l’Etat lui-même.

Selon le contenu de rapport révélé par L’Usine Nouvelle, l’impact foncier de l’exploitation aurifère serait largement moindre (30 fois moins) que les exploitations alluvionnaires que l’on retrouve par centaines le long du fleuve Amazone. Le rapport confirme aussi le potentiel économique considérable du projet, notamment en termes d’emplois directs dans une région où le chômage atteint des taux records (22 % en 2017).

Une « prolongation de droit » qui pose problème à cinq mois des municipales

Le rapport, conclut en évoquant un « projet aurifère de taille moyenne au niveau mondial, conçu et développé conformément aux standards internationaux », qu’il s’agisse de la sécurité ou des procédés d’extraction utilisés par l’industrie aurifère.

Mais, comme le révèle L’Usine Nouvelle, si les conclusions de ce rapport sont embarrassantes pour l’exécutif, un point technique levé par les services de l’Etat est encore plus problématique. Il s’agit du fait que les concessions de la Montagne d’Or bénéficient d’une « prolongation de droit » en application des dispositions du Code des Mines. Une prolongation qui pose problème à cinq mois des municipales, alors que les candidats LREM pourraient être en difficulté face aux écologistes un peu partout en France.

Le gouvernement ne s’est donc pas encore officiellement prononcé, se contentant de retirer la présentation du rapport de la DEAL (Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement) de l’ordre du jour de la session du 16 octobre de la commission des mines. L’omerta de l’Etat tiendra-t-elle le coup face à la révélation de ce rapport ? Affaire à suivre…

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