EPISODE 7

Rédigé par Murielle Montagnier et Romane Audibert, inspiré des travaux de Denis Cocquet 

Consciente de la complexité à innover dans son leadership tout en dirigeant la reprise, la Fabrique des Leaders Éclairés® vous accompagne cet été avec une série inédite d’articles autour des neufs aptitudes du Leader Eclairé®. Chaque article vous guide dans la déconstruction de vos paradigmes pour vous reconnecter aux lois naturelles et devenir un Leader Eclairé® et éclairant. 

Le Leadership Éclairé est un leadership équilibré et authentique qui s’appuie sur le modèle de Leader en 3D conçu et développé par Denis Cocquet. Il repose sur trois dimensions :  Le Leadership de Présence, le Leadership de Sens et le Leadership de Puissance. Trois dimensions qui  réclament de s’articuler, se nourrir, se pondérer, et se potentialiser. Le Leader Éclairé est ainsi aligné entre ce qu’il vit, qui il est et ce qu’il fait.

Avec cette septième aptitude, nous entrons dans le troisième pilier du Leadership Eclairé: le Leadership de Puissance. Selon Denis Cocquet, coach partenaire de la Fabrique, la puissance permet la connexion entre l’esprit et le corps. Elle marque “la trajectoire entre l’intentionnalité de la pensée et la transformation de la matière”. La puissance est souvent perçue comme le premier attribut du leadership, puisqu’elle engendre une force créatrice et aboutit aux résultats. Elle va du projet à la réalisation en croisant l’humain. Cette dernière précision est fondamentale, car livré à lui-même et concentré uniquement sur les résultats, le Leadership de Puissance risque d’être instrumentalisant et d’atrophier l’humain. Le Leadership de Puissance ajusté découle des deux autres, voilà pourquoi nous l’abordons seulement après avoir exploré le Leadership de Présence et le Leadership de Sens. Pour être éclairé, le leadership doit être équilibré entre la présence, le sens et la puissance. 

“Le leadership est la capacité à traduire la vision en réalité ” –Warren Bennis

Comme nous l’avons exploré dans l’épisode 4 (intitulé “Voir pour discerner”), les individus ont besoin d’avoir une vision du futur pour se sentir engagés, mais assez paradoxalement, ils ont des difficultés à se projeter sur le long-terme. Le leader entre alors en jeu pour construire un pont entre le présent et le futur. Ce pont, pour Denis Cocquet, est la capacité de faire passer un projet de virtuel au réel. Le leader qui projette fait le lien entre la vision à long-terme et les actions concrètes à mener à court-terme pour atteindre la destination désirée. Il traduit la vision dans l’espace et dans le temps, et montre le chemin en transmettant à ses équipes une feuille de route qu’il construit avec elles. Certains dirigeants et managers s’arrêtent à la définition et communication de la stratégie pour engager leurs équipes. Pour réussir à projeter ses équipes, c’est-à-dire à les faire se mettre en mouvement de leur plein gré, le leader doit également donner envie à ses équipes d’accomplir cette vision, le désir restant la clé de la capacité à se mouvoir par soi-même.  

Projeter ses équipes de la vision à la stratégie 

Au fil des trois épisodes autour du Leadership de Sens, nous avons mis en lumière l’importance de connaître la mission de l’entreprise – qui répond à la question “pourquoi?” –  et de déterminer la vision de l’entreprise, qui fixe un cap – et répond à la question “où allons-nous?”. C’est seulement une fois la mission et la vision éclaircies que la stratégie entre en scène pour répondre à la question “comment?”. La stratégie découle de la vision et de la mission. Seule, elle ne motive pas. Ce n’est que lorsqu’elle est accompagnée d’une vision enthousiasmante du futur qu’elle prend tout son sens. 

Plus la vision est ambitieuse, plus le changement de comportement en jeu sera compliqué à favoriser chez les collaborateurs et plus le leader devra veiller à les guider. Pour ce faire, le leader dresse la liste des objectifs à court et long termes et explicite de quelle manière ils seront accomplis. La stratégie se concentre sur les actions à entreprendre et les résultats à atteindre pour accomplir la mission de l’entreprise et faire de la vision unhorizon atteint. Le leader veille également à ce que la stratégie évolue et se réadapte en fonction des changements se produisant dans l’environnement. La stratégie est une feuille de route qui cartographie le chemin à parcourir entre la situation actuelle et la situation désirée. Cependant, en donnant le cadre à ses équipes, le leader doit veiller à trouver le juste milieu entre sécurité et exploration. En effet, il est indispensable que la feuille de route soit assez claire pour que les collaborateurs comprennent quelle est leur mission et à quelle date elle doit être terminée, tout leur laissant un espace d’exploration pour qu’ils puissent exprimer leur créativité et sentir qu’ils ont contribué et apporté leur touche personnelle à leur travail. 

Pour projeter les équipes, la vision – une construction mentale – doit être traduite en termes compréhensibles et exécutables, c’est-à-dire en objectifs et en actions individuelles et collectives. 

Projeter ses équipes grâce à une vision partagée 

Souvent, le rôle de guide et de cadre conduit le leader à oublier d’écouter les besoins, envies et opinions de ses équipes. Cependant, comme Robert Dilts, spécialiste de la Programmation Neuro-Linguistique le souligne, “si les leaders du style « cerveau-stylo » savent tout cartographier, rien ne va se passer car il n’y a pas d’émotion. Il est donc indispensable de connecter la direction à la motivation” (1). 

“Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose… Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer.”, disait Saint-Exupéry. En effet, c’est l’envie d’aller quelque part qui nous met en mouvement. Et l’impulsion la plus forte vient de l’adhésion des équipes au projet. Il est indispensable que le projet du leader devienne aussi celui de ses équipes parce qu’il incarne leurs valeurs, répond à leurs aspirations et/ou parce qu’ils ont participé à sa conception. Ils sont donc à la fois créateurs et réalisateurs. La vision partagée  est plus susceptible de se transformer en une réalité lorsque les personnes concernées voient la possibilité de s’y impliquer personnellement en tendant à se réaliser en la réalisant.

Lorsque les mots ne suffisent pas à peindre une image d’un futur désirable, les leaders peuvent utiliser la visualisation, une technique très répandue chez les athlètes de haut niveaux. La visualisation est une pratique d’imagerie mentale visant à imaginer le succès d’un projet et le ressenti que ce résultat final nous procure. En effet, le cerveau utilise exactement les mêmes circuits lorsque nous nous visualisons en train de faire une activité que lorsque nous la faisons vraiment. En d’autres termes, le cerveau ne fait pas la différence entre une image projetée dans notre esprit et la réalité vécue de façon physique. Pratiquer la visualisation au quotidien entraîne alors notre cerveau à se concentrer en priorité sur les informations et opportunités qui nous permettront d’avancer vers nos objectifs. Le Système d’Activation Réticulaire (RAS) agit comme un gardien qui décide quelles données intègrent notre conscience. Dans un environnement où les individus sont constamment bombardés d’informations et de distractions, la visualisation conduit notre cerveau à filtrer et prioriser ce qui est essentiel pour arriver aux différentes étapes de la feuille de route. 

La visualisation est un exercice de projection intéressant à la fois pour le leader et ses collaborateurs, car pour maximiser l’impact de l’exercice, le leader doit décrire sa vision en détail, en mobilisant les cinq sens de ses équipes, afin de la rendre aussi réelle que possible. En visualisant l’objectif atteint, il est essentiel que les équipes soient projetées dans les émotions qu’elles ressentiront à ce moment-là, car en ajoutant de l’émotion à la visualisation, nous utilisons le système limbique, le siège cérébral des émotions, responsable notamment de la motivation et de la mémoire. Ainsi, la visualisation est un outil puissant pour rendre visible ce qui n’existe pas encore et pour ancrer l’image de la destination désirée dans l’esprit de ses équipes. 

Rappelons que les mots «Leading » et «leadership» découlent du vieil anglais lithan, qui se traduit par « aller ». Ainsi, pour encourager ses équipes à aller dans une direction qui n’a pas encore été empruntée, le leader doit veiller à traduire la mission (pourquoi?) et vision (où?) de l’entreprise en une stratégie (comment?) compréhensible et exécutable. De même, “projeter” vient du latin “projectare”, qui signifie “jeter en avant et avec force”. Pour le Leader Eclairé, cette puissance n’émane pas de sa position dans la hiérarchie et de son pouvoir décisionnel mais prend sa source dans sa capacité à donner envie à ses équipes de le rejoindre et de le suivre sur le chemin. 

La projection est une des neuf aptitudes que nous développons dans nos parcours d’accompagnements “Dirigeants Eclairés” et “Top managers Eclairés”.  L’ expérienciel en est la clé d’entrée, ces parcours sont conçus et articulés pour permettre aux dirigeants d’accéder à toutes leurs ressources intérieures pour développer un leadership éclairé et éclairant.

Nous vous invitons à explorer votre aptitude de projection, le 9 novembre 2020, lors de la NUIT DES LEADERS ÉCLAIRÉS, un événement immersif inédit combinant des ateliers expérientiels, des interventions inspirantes et le lancement national du Think Thank de la Fabrique des Leaders Éclairés®.

Nous vous retrouvons la semaine prochaine pour l’épisode 7 de “L’été du leadership éclairé” consacré à la première aptitude du leadership de puissance : projeter.

En attendant, prenons soin de nous.

Par Murielle Montagnier dirigeante et fondatrice de la Fabrique des Leaders Éclairés et Romane Audibert.

Plus d’informations : https://www.lafabriquedle.fr.

Sources et références: 

(1) “Leadership et intelligence émotionnelle”, Robert Dilts, Institut Repère, juin 2013. URL: https://www.institut-repere.com/Programmation-Neuro-linguistique/leadership-et-intelligence-emotionnelle-3-3.html

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