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Les vrais chiffres du déficit des retraites

L'Institut économique Molinari publie une nouvelle étude dénonçant les déficits cachés des retraites françaises, en particulier ceux du secteur public. Selon cette étude, le Conseil d’orientation des retraites (COR) a systématiquement occulté une partie significative des déficits des retraites depuis 2002, avec un montant cumulé atteignant 943 milliards d’euros.

Entreprendre - Les vrais chiffres du déficit des retraites

Le rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) de juin 2024 affirmait que les retraites étaient excédentaires de 3,8 milliards d’euros en 2023. L’Institut économique Molinari conteste cette conclusion, soulignant qu’en réalité, les retraites présentaient un déficit de 53 milliards d’euros, soit 1,9 % du PIB, après correction des omissions méthodologiques. Pour l’année 2023, le COR aurait omis de comptabiliser 56 milliards d’euros de déficits, équivalant à 2 % du PIB.

Subventions non comptabilisées

L’étude de l’Institut économique Molinari révèle que le COR n’a jamais pris en compte les déséquilibres des régimes de retraite publics subventionnés par l’État, ce qui représente une part significative des déficits publics. Depuis 2002, les subventions non comptabilisées par le COR se répartissent comme suit :

  • Fonctionnaires d’État : 40 milliards d’euros pour 2023 et 674 milliards depuis 2002. Ces subventions représentent une part énorme des traitements indiciaires des fonctionnaires civils et militaires, avec des cotisations retraite atteignant jusqu’à 137 % des traitements bruts pour les militaires.
  • Régimes spéciaux (SNCF, ouvriers d’État, RATP) : 8 milliards d’euros pour 2023 et 154 milliards depuis 2002. Les subventions aux retraites de la SNCF, des ouvriers d’État et de la RATP sont particulièrement élevées, montrant une forte dépendance de ces régimes aux aides étatiques.
  • Fonctionnaires locaux : 8 milliards d’euros pour 2023 et 115 milliards depuis 2002. Les cotisations retraite des fonctionnaires locaux et hospitaliers, bien plus élevées que dans le secteur privé, contribuent également de manière significative au déficit global.

Une révision nécessaire des calculs

Nicolas Marques, directeur général de l’Institut économique Molinari et auteur de l’étude, critique fortement la méthodologie du COR, affirmant que « mesurer les déficits des retraites en refusant de prendre en compte les déficits liés aux retraites des employés du secteur public n’a aucun sens ». Cécile Philippe, présidente de l’Institut économique Molinari, renchérit en appelant à une gestion plus responsable des retraites des fonctionnaires, en suggérant que l’État devrait imiter des institutions comme le Sénat ou la Banque de France, qui autofinancent les retraites de leurs employés.

Transparence

L’étude de l’Institut économique Molinari appelle à une transparence accrue et à une révision complète des méthodes de calcul du COR pour intégrer toutes les subventions et déséquilibres des régimes de retraite publics. Selon l’IEM, ceci permettrait non seulement de clarifier la situation financière réelle des retraites françaises mais aussi de proposer des solutions plus efficaces pour équilibrer les comptes publics.

Pour plus d’informations, l’étude complète de l’Institut économique Molinari

Alexandre Bodkine


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