Touchés de plein fouet par la crise sanitaire, les restaurateurs et hôteliers subissent des refus de garanties des assureurs. Face à cette détresse, retour sur cet abandon des assureurs.

En mars 2020, un premier confinement fige la France et contraint de nombreux restaurants, hôtels, cafés à fermer. Alors que tous espèrent être indemnisés pour les pertes d’exploitation qui découlent de l’arrêt de leur activité, les assureurs ont très souvent refusé d’assurer. Leur image en a souffert.

Le refus de participer à l’effort national

Ce premier confinement a fait naître un vent de solidarité en France, chacun cherchant à apporter au mieux son soutien aux secteurs touchés de plein fouet par la crise du coronavirus comme l’hôtellerie et la restauration. Si, les banques se sont mobilisées dès début mars pour venir en aide aux entreprises par des mesures d’urgence, les assureurs se sont quant à eux fait très discrets sur la question. Trop habitués à faire traîner les paiements, ils ont joué la montre et fait lire les toutes petites clauses qui leur permettent de se soustraire à certaines responsabilités.

Face à ce silence, le gouvernement n’a pas tardé à s’agacer et les a vivement incités à réagir, ce qu’ils ont fait dans un communiqué du 13 mars 2020. Mais, au lieu d’annoncer des mesures de soutien, ce communiqué expliquait que le mécanisme de l’assurance, reposant sur le principe de la mutualisation et d’aléa des risques, se retrouvait bloqué si tous les clients étaient touchés par le même risque en même temps.

Toutefois, cette argumentation est rapidement apparue bancale puisque quelques initiatives individuelles sont venues prouver qu’en pratique les assureurs auraient pu se mobiliser pour aider les Français à faire face à la fermeture administrative des hôtels et des restaurants. Outre cette absence de solidarité nationale, les assureurs ont tout fait pour éviter d’indemniser les pertes d’exploitations de leurs clients dans la majorité des cas.

Le refus d’indemniser les pertes d’exploitations

Suite à la fermeture administrative, les restaurants, les cafés et les hôtels, qui étaient toujours soumis au paiement d’un loyer et à différentes charges, ont connu des pertes d’exploitation majeures et se sont retrouvés dans des situations financières dramatiques. Pensant trouver de l’aide auprès de leur assureur grâce à leur garantie des pertes d’exploitation, ils ont eu la mauvaise surprise de se voir refuser toute indemnisation, les assureurs jouant sur des failles dans les polices d’assurance. A titre d’exemple, AXA a refusé d’indemniser des restaurateurs car leur garantie des pertes d’exploitation s’appliquait pour fermeture administrative rendue « par les services de police ou d’hygiène ou de sécurité », et non « par le ministre des solidarités et de la santé » comme cela a été le cas dans le cadre du confinement. Cette mauvaise foi et cet abandon des assureurs face à la détresse de leurs clients ont provoqué la colère du milieu de l’hôtellerie et de la restauration, mais également la colère du reste de la population.

La modification forcée des polices d’assurance sous peine de résiliation du contrat…

Les assureurs ne se sont pas arrêtés là, en plus de refuser d’exécuter les garanties dues à leurs assurés, ils ont cherché à imposer des avenants à leur contrat d’assurance pour renforcer les limites de la prise en charge des pertes d’exploitations dans les cas d’épidémies et ont résilié les contrats des assurés qui ont refusé de signer ces avenants.

Si les assureurs ont certes mis en place un gel en 2021 de la hausse des primes multirisques pour les entreprises de moins de 250 salariés, c’est uniquement sous la menace du gouvernement en non pas dans une volonté de participer aux efforts pour soutenir les Français face à la crise sanitaire. Enfin, pour couronner le tout, les assureurs, inquiets de la hausse des cyberattaques, décident d’augmenter les primes, faisant une nouvelle fois passer leur intérêt financier avant celui de leurs clients…

Cette gestion de la crise a largement entaché la réputation des assureurs, qui ne semblent pourtant pas vouloir redorer leur image puisqu’après avoir retiré leurs garanties aux restaurateurs, ils semblent en voie d’en faire de même dans le secteur de l’immobilier selon nos informations. Là où les marges et profits ne sont plus assez élevés, les assurances privées n’hésitent pas à quitter des secteurs. Les mutuelles, qui ne sont pas soumises à la même pression des actionnaires et de la bourse, pourraient prendre le relai mais elles ne sont pas faites pour couvrir tous les types de risques.

La prochaine menace pourrait donc venir de l’immobilier. Un secteur qui va souffrir de la pénurie liée à la reprise de l’économie, mais l’État est bien évidemment le grand arbitre et veille au grain, on peut donc espérer qu’il fasse appel à son organisme de réassurance, la Caisse Centrale de Réassurance, qui pourrait venir couvrir les risques dans ce secteur et éviter ainsi de voir la situation des restaurateurs se répéter pour les constructeurs immobiliers.

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