« Quand les visiteurs arrivent, il faut absolument faire infuser du thé. C’est une politesse pour les gens d’Anxi », raconte Wei Yuede, cultivateur de thé du district d’Anxi dans la province du Fujian (sud-est de Chine). « On dit souvent que les gens d’Anxi sont très gentils et accueillants, c’est parce que la civilisation du thé s’est transmise de générations aux générations, jusqu’à ce jour.»


Tieguanyin est une variété de thé d’oolung. La plantation et la production du thé Tieguanyin remontent à la fin de la dynastie des Tang (618-907), datant de plus de mille ans. Avec des conditions géographiques et climatiques propices à la plantation des théiers, Anxi est l’un des principaux lieux de production du thé Tieguanyin en Chine.


Né en 1964, Wei Yuede, paysan local, est surtout connu pour la fabrication du Tieguanyin, dont les savoir-faire ont été inventés par son ancêtre et il est donc héritier de la 9e génération.


Le ciel, la terre et l’homme, les influences de ces trois éléments sont très importantes pour la plantation et la fabrication du Tieguanyin. Selon Wei Yuede, la variété du théier est majeure, le climat, l’eau et le sol sont aussi indispensables pour produire un bon thé. « L’orientation du théier, l’altitude et la longitude, les différences de ces facteurs exigent diverses méthodes de plantation et les goûts du thé sont ainsi très variés. Les conditions naturelles font naître la saveur du thé Tieguanyin », dit-il.
Selon Wei Yuede, pour fabriquer un bon thé Tieguanyin, il faut 18 procédés. Dans son studio, le maître de fabrication du thé montre au journaliste comment faire « Yao Qing », secouer le vert, qui est un procédé primordial pour faire sortir le parfum du Tieguanyin. « Le rôle de l’homme est de mettre en lumière les atouts naturels du ciel et de la terre qui se réunissent dans le thé », pointe-t-il.
« Le thé pour moi est très important, même plus important que ma vie. On vivait une vie pauvre, on ne mangeait même pas à sa faim », se rappelle Wei Yuede, « Depuis 40 ans où la Chine a lancé la réforme et l’ouverture, le secteur du thé a connu un énorme développement à Anxi. Le thé a favorisé la croissance économique locale. L’agriculture et l’industrie d’Anxi ont pu se développer grâce au thé ».
La hausse des profits en provenance des industries liées au thé a permis à Anxi de se débarrasser de la pauvreté. Anxi se classe aujourd’hui parmi les 100 districts chinois dont le volume du PIB et la compétitivité sont les plus élevés. À Anxi, 80% de la population locale travaillent dans les secteurs liés au thé et 56% des recettes des paysans proviennent de cette industrie.
Le tourisme du thé est actuellement aussi en plein boom à Anxi. On compte 22 jardins de thé dans le district qui accueillent les amateurs de thé et les invitent à apprendre à fabriquer le thé et à le déguster. Cette tendance augmente la valeur ajoutée du thé et favorise le développement local. Actuellement, la Chine est en train de revitaliser ses régions rurales. Pour mette en œuvre ce projet, « mieux vaut faire venir les jeunes dans les régions rurales et leur faire connaître et appréhender la vie rurale, ce qui met un point de départ pour concrétiser la stratégie de la renaissance des villages chinois », estime Wei Yuede qui met de l’espoir dans la jeune génération.
En mai 2022, la zone de production du thé d’Anxi a été formellement désignée par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture comme « Systèmes ingénieux du patrimoine agricole mondial », un honneur que les cultivateurs du thé d’Anxi estiment beaucoup. Pour Wei Yuede, cette nomination aide à faire rayonner le thé Tieguanyin et ses savoir-faire de production, et aussi à faire venir les amateurs du monde entier à Anxi.
La fabrication du thé Tieguanyin a été reconnue en 2008 comme faisant partie du patrimoine immatériel au niveau national. En tant qu’héritier de ce savoir-faire, Wei Yuede est bien conscient des responsabilités qui pèsent sur ses épaules. « J’ai formé des centaines d’élèves et je donne souvent des conférences sur la culture du thé à l’école. À mon avis, non seulement il faut transmettre et préserver les savoir-faire de fabrication du Tieguanyin, mais il faut également les partager, ce qui constitue aussi ma responsabilité », fait savoir Wei Yuede

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