Photo : Antoine Bordier

De notre envoyé spécial, Antoine Bordier

Deuxième partie de notre trilogie : L’Arménie, la nouvelle « start-up nation »

Hayk Mnatsakanyan a moins de trente ans. Il en est, déjà, à sa troisième start-up. Lui, qui est né dans le pays de la reine Elisabeth, veut contribuer à faire de l’Arménie, où sont ses racines, une nouvelle « start-up nation ». Immersion au cœur de rBlox, sa dernière petite pépite, qui veut révolutionner le monde de l’internet, en s’adressant, d’abord, au secteur de la blockchain.

Au 3è étage d’un immeuble qui se situe à quelques minutes du Lovers park, du parc des Amoureux à Erevan, Hayk a transformé un appartement en bureaux où s’expriment presque 24h/24 une dizaine de jeunes geeks spécialisés dans les applications web, la blockchain, le codage, les relations d’affaires, et, le développement de la nouvelle technologie qui remplacera les protocoles TCP/IP de l’internet actuel.

C’est la révolution, en quelque sorte. En ouvrant la porte de l’appartement n°5, dans la pièce, qui était anciennement le salon, deux jeunes filles travaillent au sein de sa première start-up, StartDoon. Lancée en juin 2017, cette start-up est un accélérateur d’affaires pour des sociétés françaises qui souhaiteraient développer leurs activités en Arménie. Avec son associé Philippe Poux, qui vit en France, les deux hommes décident de créer une structure franco-arménienne, véritable pont entre les entreprises françaises et le marché arménien.

« Nous travaillons sur deux axes d’accélération, explique Hayk. Tout d’abord, l’axe PME et ensuite l’axe start-up. Nous avons, déjà, accompagné de nombreuses PME, comme la société Donos Conseil, qui est une société française. » Dans l’autre pièce, baignée de lumière, l’équipe de rBlox est presqu’au grand complet. « Nous sommes 8 co-fondateurs de rBlox, et, j’en suis le CEO, continue Hayk. David Bequette en est le Chief Business Development Officer. » Pour l’instant, depuis son lancement en avril dernier, la petite pépite qui compte révolutionner le monde de la blockchain, de l’IoT, et, des datacenters, termine sa phase de pré-amorçage et de recherche & développement.

Une équipe en mode révolution

Leur objectif est de développer une application qui s’adresse aux plateformes de la blockchain. Une révolution dans la révolution, qui leur offrirait plus de rapidité (+30%) en matière d’exécution, une économie en matière énergétique (-40%) et une sécurité avancée, tout cela de façon significative. Mais la blockchain, c’est quoi ? Après quelques recherches, la définition la plus abordable, en mode démocratisation, se trouverait dans l’édition limitée d’IBM de ‶ La Blockchain pour les Nuls ″, qui en est à sa 3è édition. 

Cette nouvelle technologie fête cette année ses 13 ans. Elle est apparue avec le bitcoin, la première crypto-monnaie dont le cours actuel dépasse le 1 dollar. La valeur totale de son marché est estimée à près de 200 milliards de dollars. Découvrons cette définition : « La blockchain est un registre partagé et immuable qui facilite le processus d’enregistrement des transactions et de suivi des actifs dans un réseau métier. Un actif peut être corporel (maison, voiture, argent, terrain) ou incorporel (propriété intellectuelle, brevets, droits d’auteur, image de marque). Un réseau blockchain permet de suivre et d’échanger pratiquement tout bien possédant une certaine valeur en réduisant les risques et en diminuant les coûts pour tous les interlocuteurs concernés. »

Aujourd’hui, le marché de la blockchain, qui s’adresse à d’autres secteurs que celui de la finance, est évalué à 5 milliards de dollars. Selon certaines études, il devrait être multiplié par 7 dans les 5 prochaines années. C’est ce qu’a compris l’équipe d’Hayk.

David, qui est chargé du développement, et, qui apporte à la petite entreprise à la fois son expérience et sa vision, est arrivé en Arménie, en 2011. Avec toute sa famille, sa femme, ses deux garçons et sa fille, il quitte Columbia, aux Etats-Unis. En arrivant, il lance, lui-aussi, trois start-ups, dont une dans le secteur des compléments alimentaires. Il a été le vice-président innovation de la fondation FAST, impliquée dans le développement des NewTechs en Arménie. C’est à ce moment-là qu’il se familiarise avec la blockchain. Pour lui, « le marché de la blockchain est le plus attractif, car il a des problèmes en rapidité pour les transactions, en sécurité et en consommation d’énergie. La blockchain est très énergivore. »

Des premiers partenaires et une première levée de fonds

L’équipe de rBlox, depuis sa création en avril dernier, est allée très vite. En juillet, elle bouclait sa première levée de fonds de pré-amorçage de 140 000 euros, auprès de 2 business angels français, et, du club des business-angels d’Arménie, l’AICA, qui a apporté 100 000 euros. Elle a signé, depuis, des partenariats importants avec une société de conseil spécialisée dans la blockchain, le cabinet Machiavel. rBlox collabore, également, avec une autre société  basée en Arménie pour lancer leur jeton, la future cryptomonnaie rBlox. L’application ne sera pas terminée en 2021.

« Nous avons prévu un delivery en mars-avril 2022. Nous avons beaucoup de développement à faire, de lignes de codes à écrire, des tests à réaliser. Nous avons toute notre équipe qui travaille 6 jours sur 7. Et, en parallèle nous travaillons sur une nouvelle levée de fonds »

En Arménie, la révolution numérique est en marche avec rBlox. Les premiers clients seront les différents acteurs qui gravitent autour de la blockchain. Après la percée dans les EdTechs, avec, notamment, le centre d’excellence d’innovation technologique TUMO, qui forme, gratuitement chaque année, plusieurs dizaines de milliers de jeunes, l’Arménie, avec rBlox et ses partenaires, semble vouloir devenir une référence majeure en matière d’offre de services dans le secteur de la blockchain.

Avant de s’attaquer au marché de l’IoT et à celui des Datacenters rBlox fait partie des pionniers vers lesquels les regards se tournent. Start-up à suivre…en fonction de ses prochaines levées de fonds.

Reportage réalisé par Antoine Bordier, auteur, consultant et journaliste

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