Julien Balkany est l’un des entrepreneurs français dont la cote ne cesse de monter à l’international. A la tête du conseil d’administration de la firme pétrolière norvégienne Panoro Energy, il analyse pour Entreprendre le parcours sans faute de cette compagnie qui détient des actifs d’exploration, de développement et de production en Afrique, notamment au Gabon, au Nigéria et en Tunisie.

Panoro Energy a pu compter en 2018 sur des découvertes et des acquisitions importantes au Gabon et en Tunisie. Quelles sont ses perspectives de développement en 2019 ?

2019 a été une année de transformation avec l’aboutissement de notre nouvelle direction stratégique impulsée par l’équipe dirigeante renouvelée. Avec en 2018, d’une part d’importantes découvertes au Gabon misent en valeur avec les forages successifs réussis d’un puits d’exploration et d’un autre puits d’appréciation sur le permis de Dussafu (au large du  Gabon) et d’autre part deux acquisitions consécutives en Tunisie. D’abord lors de l’été 2018, le rachat de la société DNO Tunisia et en fin d’année 2018 la finalisation de l’acquisition d’OMV Tunisia Upstream GmbH, filiale de la compagnie pétrolière autrichienne OMV.

Nous avons abordé 2019 avec une volonté de nous concentrer avant toute chose sur le Gabon et la Tunisie, deux pays stratégiques à nos yeux. Au Gabon, nous avons déjà réalisé de belles découvertes avec notre partenaire-opérateur BW Energy et nous allons mener une campagne intensive de forages. En effet, Nous prévoyons de forer entre 2019 et 2020 au minimum six puits et au maximum 8 puits. Plus précisément, entre 2 et 4 puits d’exploration ainsi que  4 puits de production. Cette campagne, qui suscite des investissements conséquents, a pour objectif de mettre en valeur de nouvelles réserves d’hydrocarbures et d’augmenter de manière conséquente (d’au moins 50%) notre production d’hydrocarbures au Gabon. Nous sommes enthousiastes par ce programme de travaux pétroliers

En ce qui concerne la Tunisie, au deuxième semestre 2019, nous forerons un puits d’exploration sur notre permis de Sfax Offshore. Ce puits sera vraisemblablement situé proche d’une découverte réalisée par la société britannique British Gas dans les années 90.

Pour apprécier notre développement en Tunisie, il faut également tenir compte de l’augmentation attendue de notre production sur les concessions de TPS. Conformément à nos prévisions,  nos perspectives de croissance interne sont donc excellentes pour le deuxième semestre 2019.

En parallèle, nous restons très actifs et à l’affût de nouvelles opportunités de développement et de croissance externe en nous concentrant en priorité  sur les pays où nous sommes déjà présents et qui sont devenus stratégiques pour nous, c’est-à-dire principalement la Tunisie et le Gabon.

La remontée des cours du pétrole au premier semestre 2019 pourrait-elle être suffisante pour permettre la relance des investissements dans le secteur ?

Au premier trimestre de cette année, nous avons assisté à une remontée spectaculaire des cours de près de 25 % entre le 1er janvier et le 31 mars avec un baril de Brent qui vient de franchir le seuil des  70 dollars.  A titre personnel, j’estime qu’un prix du baril de pétrole oscillant entre les 60 $ et les 75 dollars devrait satisfaire tout le monde, les acheteurs-consommateurs, les pays tels que la France aussi bien que  les vendeurs-producteurs comme la Russie ou l’Arabie Saoudite.

Cette hausse, dans un contexte géopolitique très tendu avec les craintes liées aux sanctions touchant l’Iran et maintenant le Venezuela, et aux incertitudes liées a la situation en Algérie et en Libye, va finalement permettre à un grand nombre de projets qui avaient été mis en suspens ces dernières années de devenir économiquement viables et d’être développés. A mon avis, nous devrions assister à une relance des investissements et des carnets de commandes pour les groupes parapétroliers dans les mois et les deux années à venir.

L’exploitation de champs pétrolifères offshore a été marquée récemment par de nombreuses innovations – plateformes autonomes, intégration croissante des nouvelles technologies et des énergies renouvelables. Comment celles-ci peuvent contribuer concrètement à accroître la production ?

On ne parle pas suffisamment de la partie Recherche et Développement dans l’industrie pétrolière et gazière. Or, son rôle est central. Les ingénieurs de ces sociétés relèvent de manière constante et permanente d’immenses défis pour pouvoir forer et récupérer du pétrole et du gaz à des profondeurs de plus en plus importantes tout en minimisant le risque industriel. Un autre défi consiste à augmenter la récupération des réserves et cela afin d’augmenter la production.

Comment concilier le développement du secteur pétrolier, notamment pour répondre à la croissance de la demande mondiale d’hydrocarbures, et la protection de l’environnement ?

Nous n’avons plus le choix ! Depuis de nombreuses années déjà, les professionnels du secteur ont compris que, pour qu’il y ait une vraie pérennité du secteur pétrolier, il faut impérativement allier un développement responsable et une grande attention à la protection de l’environnement grâce à des technologies propres afin que le pétrole et le gaz soient acceptés dans le bouquet énergétique. C’est un sujet sur lequel l’ensemble des acteurs de l’industrie travaille car nous avons un impératif  de concevoir un développement responsable et extrêmement soucieux de l’environnement.

Comment une entreprise pétrolière comme Panoro Energy à l’instar d’autres majors du secteur peut-elle participer à la transition énergétique ?

Bien entendu, nous sommes un modeste acteur du secteur contrairement aux grands majors, mais la question est tout de même très importante pour nous, étant une société norvégienne. Pour vous donner un exemple concret, sur l’une des concessions pétrolières où nous sommes présents en Tunisie, une très grande partie du gaz qui est produit, au lieu d’être torché, est utilisé sur place au sein de la concession pour générer de l’électricité grâce à des mini-turbines alimentées par ce gaz. Au lieu de torcher et de brûler du gaz avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer sur l’environnement, nous faisons en sorte de recycler ce gaz pour générer notre propre électricité. Cela ne parait pas grand-chose à une petite échelle, mais c’est aussi ce genre de contribution qui doit permettre d’accompagner la transition énergétique. Comme on dit, les petits ruisseaux font les grandes rivières !

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