Depuis 10 ans, le Réseau Espérance banlieues développe l’offre scolaire des quartiers prioritaires pour lutter contre les inégalités éducatives.

Depuis 10 ans, le Réseau Espérance banlieues développe l’offre scolaire des quartiers prioritaires pour lutter contre les inégalités éducatives. Ce modèle d’action sociale au plus près du terrain porte ses fruits et séduit de plus en plus à travers la France.

Omniprésente dans le débat public, la fracture sociale n’est pas qu’un problème d’adultes. Dans les quelques 1 500 quartiers prioritaires que compte l’Hexagone, les inégalités et les difficultés sociales et d’intégration s’expriment souvent de manière criante dès la scolarité.

Seule la moitié des élèves des réseaux d’éducation prioritaire réussissent les épreuves écrites du brevet. Les 17 écoles maternelles, élémentaires et collèges que compte aujourd’hui le réseau Espérance banlieues à travers la France sont nés de ce constat. Depuis sa création en 2012, l’association s’est donnée pour mission de livrer les clés de la réussite et de l’intégration aux élèves qu’elle accueille au cœur ou à proximité de quartiers prioritaires en Ile-de-France et en région.

926 élèves ont fait leur rentrée dans une école Espérance banlieues en 2021

Pour créer le contexte le plus propice à l’apprentissage, les établissements Espérance banlieues accueillent des classes d’une quinzaine d’enfants au plus. De la maternelle à la 3e, ces effectifs réduits permettent aux enseignants d’être au plus proche de chaque élève pour répondre à ses difficultés particulières. Un enseignement personnalisé qui s’avère précieux pour prévenir le fléau du décrochage scolaire, dont les prémices peuvent se faire jour dès les premiers temps de la scolarisation.

Au sein des écoles d’Espérance banlieues, la priorité est donnée à la maîtrise des fondamentaux : lire, écrire, compter. Pour l’acquisition du socle commun des compétences défini par l’Éducation nationale, le réseau est libre de privilégier les méthodes et outils qui ont fait leurs preuves comme la désormais célèbre pédagogie Montessori, ou encore la méthode de Singapour, saluée par les classements internationaux pour l’apprentissage des mathématiques.

C’est ainsi que les résultats obtenus par les élèves d’Espérance banlieues étaient, en 2021 et comme depuis plusieurs années, supérieurs à la moyenne des réseaux d’éducation prioritaire et à la moyenne nationale. Cette même année, l’enquête de satisfaction menée par l’IFOP auprès des parents d’élèves du réseau indiquait que 98% d’entre eux ont observé des progrès concrets chez leurs enfants.

Savoirs-être et citoyenneté

Dans la philosophie d’Espérance banlieues, la réussite scolaire n’est qu’une des clés d’une véritable inclusion dans la société française. C’est pourquoi l’ambition du projet n’est pas simplement académique, mais aussi éducative et citoyenne. Aconfessionnelles et respectant les principes républicains, les écoles du réseau n’opèrent aucune distinction d’origines, de genre ou de religion. Elles visent au contraire à transmettre le socle commun des codes et de la culture française afin d’intégrer pleinement les citoyens en devenir à la communauté nationale.

Dans le fonctionnement quotidien des établissements, le respect s’impose comme une vertu cardinale. Élèves et enseignants se vouvoient et se saluent personnellement chaque matin, avant la levée des drapeaux français et européen et la déclamation de l’hymne national. Revêtus d’un uniforme sobre – tenue qui met chacun sur un pied d’égalité – les élèves sont invités à se démarquer positivement par leurs actions, leurs efforts et leur savoir-être. Des qualités que l’équipe pédagogique ne manque pas d’encourager.

Une grande attention est portée à la transmission du patrimoine culturel français, liant essentiel de la société dont l’appréhension constitue un facteur clé d’inclusion. L’attachement à cet héritage se retrouve d’ailleurs jusque dans le nom des établissements du réseau Espérance banlieues : par exemple au Mans, le Cours Jules Verne est nommé d’après le célèbre écrivain du XIXe siècle, à Saint-Étienne, le Cours La Fontaine fait quant à lui référence au fabuliste bien connu des écoliers.

L’école au service des familles

Le faible effectif des classes permet non seulement d’accorder à chaque enfant l’attention qu’il mérite, mais favorise aussi la communication et l’entretien de liens de confiance et de soutien mutuel avec les familles.

L’insertion sociale des parents eux-mêmes et leur adhésion au projet pédagogique étant souvent déterminantes pour la réussite des enfants, chaque école du réseau Espérance banlieues intègre pleinement les familles à son fonctionnement et ses activités. Des « rencontres éducation » sont par exemple organisées pour envisager des aspects très concrets de la vie éducative comme la gestion des écrans (téléphones portables, ordinateurs, télévision) au sein des familles. Dans certains établissements, des cours de français sont aussi donnés aux parents d’origine étrangère qui en font la demande afin de favoriser leur propre intégration et de permettre la pratique de la langue et la poursuite de son apprentissage au sein du foyer.

Des liens privilégiés tissés avec les élus locaux

La pédagogie d’Espérance banlieues repose sur un maître mot : donner confiance aux élèves comme aux familles, en permettant aux enfants comme aux familles de s’extraire du carcan que peuvent représenter les quartiers dits sensibles. Cette volonté d’autonomie se retrouve également au cœur du modèle de développement adopté par le réseau. A rebours d’un modèle centralisé et vertical, chaque établissement membre du réseau Espérance banlieues naît d’une initiative locale. Cette démarche est l’assurance de pouvoir identifier les besoins spécifiques de chaque territoire et d’y répondre au plus près de ses spécificités.

L’implantation d’un établissement Espérance banlieues a aussi un fort impact territorial. Le fondateur du réseau, Eric Mestrallet, souligne qu’en incluant les enfants et leurs familles, les équipes pédagogiques, intervenants et bénévoles qui assurent soutien et activités périscolaires, un établissement accueillant 150 élèves implique environ 2 000 personnes dans son environnement proche.

De fait, les activités d’inclusion territoriale menées par Espérance banlieues sont de plus en plus soutenues par l’État et les collectivités locales. Outre les subventions publiques, croissantes dans le budget du réseau, son développement, ses frais de fonctionnement et l’investissement continu dans la formation des enseignants sont assurés grâce au soutien financier et matériel de nombreux partenaires privés. Si la majorité des ressources provient d’entreprises et de fondations, 41% sont constituées de dons de particuliers.

Alexandre Bodkine

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