Le projet Smart ZAE permet à une zone d’activité économique de mieux gérer son énergie. Une initiative soutenue par l’Ademe dans le cadre du programme réseaux intelligents des investissements d’avenir et qui pousse à se tourner vers une énergie verte.

En 2009, impulsés par l’entité toulousaine d’ENGIE Ineo, spécialisée dans les systèmes de contrôle commande des postes de transformation, le projet Smart ZAE prend forme.

«L’entreprise cherchait de nouveaux axes de diversification et pressentait l’importance qu’allait prendre la transition énergétique. Les handicaps des énergies fossiles sont bien connus : les réserves ne sont pas infinies et les conséquences en termes d’émission de gaz à effet de serre et/ou de pollution sont importantes. Promouvoir les énergies vertes allait donc dans le sens de l’histoire pour un mix énergétique équilibré, donnant la part belle aux énergies renouvelables», indique Jean-François Revel, directeur délégué du projet.

S’adressant aux collectivités, aux industries et au secteur tertiaire, le projet a vocation à piloter et réduire la consommation énergétique, démontrant qu’à l’échelle d’une zZone d’activité économique, il est facile de déployer des moyens de production d’énergie renouvelable (éoliennes, photovoltaïque) et de stockage (batteries, volants d’inertie) pour lisser les intermittences et interagir avec le réseau public d’électricité. «L’optimisation énergétique est réelle en utilisant les prévisions météorologiques J+1 et en développant des stratégies dynamiques de production/consommation/stockage».

Le projet s’attache également à développer de nouvelles technologies comme le volant d’inertie haute performance en partenariat avec Levisys (cleantech francilienne de stockage d’énergie), le convertisseurs haut rendement en partenariat avec Cirtem (PME toulousaine spécialisée dans les convertisseurs, 4,7 M€).

Pour l’heure, Smart ZAE a déjà été testé sur le site d’implantation d’ENGIE Ineo à Toulouse, un «démonstrateur grandeur nature et permanent». 80% du système est opérationnel : «les briques technologiques, mises au point au fur et à mesure et les jalons prévus avec l’Ademe, permettent de mesurer l’avancement», poursuit Jean-François.

Les étapes ? Grâce à la modélisation des flux de puissance des sources de production, de consommation et de stockage d’énergie, et l’étude des gisements de valeur poeuvant être exploités par la ZAE, les acteurs de la ZAE peuvent quotidiennement optimiser leur profil de consommation et exploiter au maximum les énergies locales et le stockage.

Une initiative durable

L’objectif ? Permettre à une ZAE de mieux gérer son énergie. Et la France compte plus de 30.000 ZAE, toutes consommatrices d’électricité à travers des entreprises diverses dont les besoins en énergies varient. La plupart sont d’ailleurs implantées en zone périurbaine où la mise en œuvre de sources d’énergies renouvelables est relativement facile : solaire en toiture, petites éoliennes…

Une raison de plus de rendre ce système plus accessible en optant pour une coopération entre les acteurs et une mutualisation de leurs consommations grâce à une meilleure connaissance des besoins en consommation et des disponibilités de la ressource, le fonctionnement de la ZAE étant alors plus adapté aux besoins du réseau de distribution.

«Le site Smart ZAE autoproduit 50% de sa consommation énergétique et a déjà réduit celle-ci de 20% grâce à une meilleure maîtrise du chaud/froid et à la mise en place d’équipements moins énergivores». Résultats attendus ? «L’aboutissement du développement des briques technologiques, l’acceptation des installations par les riverains, une augmentation de la quantité d’énergie produite localement, une diminution de 30% des consommations et une forte amélioration du bilan CO2».

Sur le plan environnementale, les enjeux sont considérables : réduction des sollicitations du réseau de distribution en périodes de forte demande et meilleur usage des énergies renouvelables locales.

Un marché en plein essor

«C’est un marché considérable ! En comptant les installations hydro-électriques françaises, les énergies renouvelables pèsent pour environ 20% du mix énergétique. Atteindre 30% ne sera possible que grâce à un contexte réglementaire adapté, une prise de conscience collective, une revalorisation du marché du CO2, et des énergies fossiles moins compétitives», commente Jean-François Revel.

D’ailleurs, le projet a déjà permis la création d’une vingtaine d’emplois, essentiellement techniciens et ingénieurs. Ce projet de 4,3 M€ permettra d’investir dans des travaux de R&D et d’ingénierie, mais aussi la réalisation de briques technologiques nécessaires au système de management de l’énergie.

«Le surcoût d’investissement pour rendre une ZAE sSmart au plan énergétique dépend du degré d’équipement et de performance souhaité. Il représente entre 5 et 15% de la valeur du bâti, avec un temps de retour de 5 à 10 ans, en contribuant à la préservation des ressources et à une diminution des gaz à effet de serre». La Smart ZAE se destine à tout groupement d’entreprises ou d’industries, de futures quartiers…

«Les modèles, applications et équipements développés pourront être incorporés dans des offres évoluées de management de l’énergie permettant une gestion dynamique». L’optimisation de la gestion de l’énergie est un secteur porteur. «Parce que l’énergie non consommée est la moins coûteuse !

Cette thématique se développera d’autant plus que les énergies fossiles deviendront plus coûteuses et qu’il y aura une réelle prise de conscience que les fléaux climatiques qui s’intensifient sont liées à du gaspillage d’énergies non appropriées». ÀA bon entendeur…

Le projet SmartMART ZAE bénéficie du soutien de l’État dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir opéré par l’Ademe.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Tapez votre commentaire
Entrez votre nom ici