La startup franco-autrichienne Valneva a annoncé la mise en production de son candidat-vaccin contre la Covid-19.  Pourtant, seul le Royaume-Uni pourrait bénéficier de ce nouveau vaccin en 2021.

L’entreprise, située à Saint-Herblain (près de Nantes) est née en 2012 de la fusion de deux entreprises : Vivalis SA (société française) et Intercell (société autrichienne) et réalise un chiffre d’affaires de 26 M€ en 2019.

Alors que son candidat-vaccin en est encore au stade des essais cliniques (résultats attendus en avril), Valneva a décidé d’en lancer d’ores et déjà la production.

Petit rappel : pour qu’un vaccin soit homologué, il lui faut passer trois essais cliniques. Le premier sert à tester la sécurité et l’immunogénicité du vaccin candidat chez environ 10 à 100 personnes. Le deuxième essai permet de surveiller les effets secondaires potentiels ainsi que la réponse immunitaire. Il s’effectue sur 100 à 1 000 candidats. Et, durant la dernière phase, l’on étudie plus en profondeur l’efficacité clinique dans la prévention de la maladie, la taille de l’échantillon est de 1 00 à 10 000 personnes.

Une fois ces trois phases passées avec succès, une de commercialisation est soumise aux autorités de réglementation afin qu’elles approuvent la commercialisation.

190 millions de doses pour le Royaume-Uni

Pour le développement de son vaccin, Valneva a été financé à 100 % par le gouvernement anglais, après que le dirigeant de l’entreprise, Franck Grimaud, ait tenté sa chance du côté de l’État Français et de l’Union Européenne, sans succès.  Résultat : la France pourrait ne pas bénéficier du vaccin de Valvena avant 2022.

Si le vaccin est homologué et sa commercialisation autorisée, Valneva livrera 100 millions de doses au Royaume-Uni entre fin 2021 et fin 2022. Le gouvernement de Boris Johnson prévoit d’en commander 90 millions supplémentaires livrables entre 2023 et 2025. Le budget devrait s’élever à 1,4 milliards d’euros pour les 190 millions de doses.

Et la France ?

Des discussions préliminaires entre les États membres de l’Union Européenne prévoient la possibilité d’acheter 60 millions de doses au total. Mais, la livraison de ces 60 millions de doses ne s’effectuerait pas avant 2022.

Valneva pourra distribuer son vaccin une fois son innocuité et son efficacité prouvées. Il faudra également qu’il soit approuvé par la MHRA (Medicines and Healthcare products Regulatory Agency). 

L’entreprise a déjà dans son portefeuille deux vaccins commercialisés, le Ixiaro, un vaccin contre l’encéphalite japonaise ainsi qu’un vaccin contre le choléra, Dukoral. Il faut encore noter qu’un autre vaccin contre le Chikungunya est en phase terminale et devrait être approuvé dès 2022. Enfin, un vaccin très attendu contre la maladie de Lyme sera prêt d’ici 2024.

Dans un communiqué de presse, Pfizer a annoncé un versement initial de 130 millions d’euros pour s’en assurer la licence, le développement et la commercialisation.

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