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Coronavirus : les objets connectés peuvent-ils nous sauver ?

Les nouvelles technologies détiennent-elles une partie de la solution face à la crise du coronavirus ? C’est l’avis de nombreux experts des nouvelles technologies, dont Hatem Oueslati, président et cofondateur de IoTerop, fournisseur de solutions pour la sécurité et la gestion à distance des objets connectés.

Les objets connectés peuvent-ils jouer un rôle dans cette crise sanitaire ?

Absolument, ils peuvent même être critiques dans certains cas. Prenons deux exemples concrets :

  • Celui de la téléassistance et du maintien des personnes fragiles à domicile. Puisqu’il est primordial dans cette crise sanitaire de rester confinés. Les personnes fragiles et isolées souffrent d’autant plus de cette situation. Il existe des solutions de téléassistance qui leur permettent de déclencher une alerte en cas d’urgence, en appuyant sur un bouton situé sur un médaillon ou un bracelet, relié à un boitier d’appel installé au domicile de la personne, lui-même reliée à une centrale de téléassistance ou permettant de prévenir des proches directement. C’est souvent le seul lien avec l’extérieur qui subsiste pendant cette période de confinement. Il est primordial que ce lien ne soit jamais rompu, qu’il soit fiable et surtout qu’il ne soit pas vulnérable aux attaques de cybersécurité. Les conséquences d’une défaillance d’un tel dispositif pourraient être dramatiques pour les personnes concernées.
  • Celui de la supervision et de la gestion d’appareils médicaux à distance. Nous avons été appelés pendant cette crise par une société américaine voulant instrumenter à distance des respirateurs d’urgence. L’objectif étant de pouvoir connecter une flotte de respirateurs au sein d’un établissement médical sur une plateforme centrale et avoir ainsi en temps réel les données et les alertes de tous les respirateurs actifs en simultané depuis un tableau de bord affiché sur un smartphone, une tablette ou un PC.Nous avons évidemment répondu présents à cette formidable initiative.

Quels leviers pour assurer la fiabilité des objets connectés ?

Si nous revenons au premier exemple :

  • Comment faire en sorte que ces boitiers ou médaillons soient toujours opérationnels et qu’ils marchent bien en cas de besoin ? Qu’ils soient à la fois faciles à installer, et opérables à distance sans avoir à faire intervenir de personne tierce sur site en cas de problèmes ? Comment les rendre sécurisés face aux cyber-attaques ? Et enfin comment les mettre à jour pour maintenir leur efficacité face aux vulnérabilités qui seront, de toute manière, trouvées par les hackers au fil du temps ?
    C’est sur ces sujets que nous travaillons notamment avec Matooma afin de permettre de diagnostiquer ces boitiers de téléassistance à distance, les sécuriser de bout en bout, les rendre fiables et disponibles à tout moment notamment en basculant sur d’autres canaux de communication quand la connexion data est rompue (SMS sécurisés par exemple) et enfin leur apporter des fonctions de configuration, de réparation de la connectivité data et de mises à jour logicielles distantes afin d’éliminer toute intervention à domicile (et donc de limiter les contacts à risque avec les personnes fragiles).

Enfin, sur le deuxième exemple :

  • L’objectif est donc d’installer notre logiciel sur une carte électronique de connectivité, intégrée à chacun de ces respirateurs. Notre logiciel permettant ainsi de pouvoir envoyer à distance les données pertinentes du respirateur en temps réel et ce de manière sécurisée. On pourra également placer des alertes, piloter cette remontée de données de manière dynamique sur chacun de ces appareils sans avoir à intervenir physiquement.

Évidemment, les enjeux de sécurité et de fiabilité sont absolument critiques sur ce cas d’usage. Notre logiciel est justement conçu sur l’état-de-l’art des normes de sécurité et de gestion à distance auxquelles nous participons activement.

Comment fonctionne la gestion à distance ? Quels secteurs sont concernés ?

La gestion à distance est primordiale dans le déploiement d’objets connectés. Surtout lorsqu’on déploie des objets de manière massive et/ou sur des zones géographiques étendues. On ne peut pas se permettre de dépêcher quelqu’un systématiquement sur place pour changer un paramètre, une configuration ou bien faire une mise à jour logicielle sur un appareil ou une flotte d’appareils. Il en va de la viabilité économique de la solution déployée ! En plus, dans cette situation de confinement, on ne peut pas envisager d’envoyer un téléopérateur pour faire une installation ou la maintenance d’un équipement ! Nos solutions marchent sur tous les réseaux de communication, même les plus contraints : cellulaires avec la 2G/3G/4G, le LoRa, également sur les nouveaux réseaux LPWA NBIoT et LTE-M, mais aussi WiFi, réseaux MESH etc… Nous nous appuyons sur le Standard OMA Lightweight M2M en termes de technologies de gestion à distance et les Standards de l’IETF OSCORE et DTLS/TLS en matière de sécurité. C’est le top de l’état-de-l’art dans le domaine de la gestion à distance des objets connectés et ces technologies sont en phase d’adoption massive par les grands acteurs de l’industrie. Nous siégeons d’ailleurs dans le comité de Standardisation OMA auprès d’Ericsson, Qualcomm, AT&T, Itron, T-Mobile et ARM pour promouvoir l’utilisation de ces Standards dans l’industrie.

Le gouvernement a-t-il un rôle à jouer ?

Absolument. Les gouvernements, l’Europe doivent imposer des régulations et notamment l’utilisation de Standards internationaux de sécurité et de gestion à distance aux constructeurs d’objets connectés. Des Standards ouverts comme ceux de l’OMA et de l’IETF qui sont des consortiums à l’origine des principaux Standards de l’Internet et de la Téléphonie Mobile. Ce sont ces mêmes acteurs, grands Opérateurs mondiaux, fabricants principaux de puces de connectivité, grands fournisseurs de Compteurs connectés qui planchent aujourd’hui sur les technologies les plus adaptées pour le déploiement massif et la sécurité des objets connectés. Il y a encore trop de fragmentation dans ce domaine, encore de trop nombreuses solutions insuffisamment sécurisées sur le marché. L’interopérabilité, la gestion à distance et la sécurité de nos Smartphones, de nos applications Internet paraissent une évidence aujourd’hui. Pourtant elles ne sont possibles que grâce à l’adoption de Standards ouverts, l’origine de ces initiatives viennent souvent de ces mêmes consortiums.

Lorsque la crise sera derrière nous, quels enseignements pourra-t-on tirer pour le marché de l’IOT ?

Le marché de l’IoT doit évoluer vers plus de gestion à distance. Permettre des usages pour lesquels, une personne en télétravail peut continuer à opérer une flotte d’appareils de manière complètement distante : pouvoir diagnostiquer pourquoi un appareil ne se connecte plus, réparer sa connectivité et ainsi réactiver son fonctionnement rapidement, le reconfigurer en fonction des besoins, gérer sa remontée de données de manière dynamique, le mettre à jour pour éviter qu’il soit vulnérable aux failles de sécurité, le faire évoluer au fil de son cycle vie. Le tout avec une sécurité optimale, correspondant aux contraintes inhérentes à ce type d’appareils et des réseaux sur lesquels ils opèrent.

Les usages dans la télémédecine, la téléassistance, le maintien des personnes à domicile sont voués à se développer à l’issue de cette crise sanitaire. On ne pourra les mettre en œuvre concrètement que si ces considérations d’interopérabilité, de gestion à distance et de sécurité sur des Standards ouverts sont prises en compte. Il faut pour ça une expertise et des solutions adaptées, c’est justement le cœur de métier d’IoTerop.

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