Le groupe portuaire émirati DP World a inauguré, le 24 juin dernier, le nouveau terminal à conteneurs du port de Berbera, au Somaliland, devant plus de 200 invités, dont une délégation du gouvernement éthiopien, et en présence de son président Muse Bihi Abdi. L’extension de l’infrastructure n’est que la première phase d’un vaste projet visant à faire de la Corne de l’Afrique l’un des tout premiers centres commerciaux du continent.

Et de deux. Le géant mondial des solutions portuaires émirati, DP World, vient d’inaugurer, le 24 juin dernier, en présence du président du Somaliland Muse Bihi Abdi, le nouveau terminal à conteneurs du port de Berbera, destiné, à plus ou moins long terme, à devenir un centre de commerce régional important pour la Corne de l’Afrique. Et notamment l’Éthiopie, le pays avec l’un des plus forts taux de croissance économique du continent africain.

Il s’agit du deuxième terminal de la région à battre pavillon émirati, après celui de Doraleh, à Djibouti, en partenariat avec les autorités djiboutiennes. Ces dernières avaient tenté, pour rappel, d’évincer DP World de l’équation, en 2018, en tentant de nationaliser les parts de l’entreprise dubaïote, avant que la justice internationale ne se penche sur l’affaire et ne rétablisse les droits du groupe émirati, dont la concession court pour 30 ans. C’est donc la Cour d’Arbitrage Internationale de Londres qui a demandé à Djibouti de restituer à DP World les droits d’exploitation du terminal de Doraleh pour 25 ans, conformément à un accord signé en 2004. Ce que Djibouti a refusé…

Favoriser les investissements et la création d’emplois dans la Corne de l’Afrique

D’après un communiqué de presse publié par DP World, le nouveau terminal du Somaliland, doté d’un tirant d’eau de 17 mètres, d’un quai de 400 mètres et de trois portiques STS (« ship to shore »), pourra recevoir les plus grands navires à conteneurs en service aujourd’hui, et fait plus que tripler la capacité de l’installation portuaire de ce petit État, niché entre l’Éthiopie, Djibouti et la Somalie, dont il a pris son indépendance en 1991.

Le PDG de DP World, Ahmed ben Soulayem, a d’ores et déjà annoncé que des travaux étaient en cours pour continuer d’agrandir le port de Berbera, qui verra notamment son quai étiré jusqu’à 1 000 mètres, ainsi que l’installation de 7 grues portiques STS supplémentaires qui permettront aux exploitants portuaires de traiter jusqu’à deux millions de conteneurs par an, et plusieurs porte-conteneurs en simultané.

Lors de l’inauguration du port, la première pierre de la nouvelle zone économique de Berbera a ainsi été posée, de manière symbolique, l’ambition de DP World, à travers ce centre commercial régional, étant d’attirer les investissements dans la Corne de l’Afrique afin de créer des emplois et de la richesse. La compagnie maritime publique éthiopienne est passée de Djibouti à Berbera et assurera pour la première fois un service régulier. DP World s’est par ailleurs inspiré de la Jebel Ali Free Zone, sa zone économique libre située à l’ouest de Dubaï, pour faire du plan global de Berbera un environnement propice au commerce.

Vers une pacification des relations entre Djibouti et DP World ?

Conscient qu’un tel projet représente une chance, non seulement pour son pays, mais également pour la région, le président du Somaliland, Muse Bihi Abdi, a souligné qu’il s’agissait « d’un moment historique et de fierté pour le Somaliland et son peuple, car l’achèvement de la première phase a fait de notre vision de faire de Berbera, grâce à son emplacement stratégique, un hub majeur du commerce dans la région, une réalité ». « Nous sommes maintenant fermement positionnés pour nous développer davantage et faire croître notre économie », a-t-il ajouté.

Reste l’inconnu Djibouti. Le petit État, à l’emplacement extrêmement stratégique, à l’entrée de la mer Rouge, est l’un des acteurs incontournables de la région, grâce à son port de Doraleh. Et l’éviction, en 2018, de DP World du partenariat visant à la gestion des infrastructures portuaires, au mépris des règles de droit international, n’est pas sans poser question ; s’il reste à la justice de trancher le litige né de cette rupture brutale de contrat, il faut espérer que les autorités djiboutiennes voient positivement l’inauguration du port de Somaliland.

La Banque mondiale, par exemple, l’affirme très clairement : « 97 % des volumes traités par le port de Djibouti partent ou arrivent au port par camion. Cela contribue aux problèmes de congestion dans la ville de Djibouti ». D’ailleurs, poursuit l’institution, « on suppose que la part de Djibouti dans le fret éthiopien diminuera d’environ 10 à 15 points de pourcentage au total sur 5 ans à partir de 2021 ». A moins que le gouvernement accepte de revenir sur des bases d’entente un peu plus saines avec DP World, l’un des leaders mondiaux de l’exploitation portuaire, ce qui pourrait probablement servir, à terme, ses propres intérêts.

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