La chronique économique hebdomadaire de Bernard CHAUSSEGROS

On atteint le comble du ridicule en matière d’industrie agroalimentaire ! Les Français, qui ont inventé la moutarde, de Meaux ou de Dijon, n’en trouvent plus un pot dans leurs supermarchés !

La moutarde de Dijon, importée en Gaule depuis l’Espagne par les légions romaines est connu depuis l’antiquité. C’est aujourd’hui un produit transformé de l’agriculture française qui a fait la renommée de la ville de Dijon. C’est au milieu du XVIIIème siècle qu’un dijonnais du nom de Jean Naijeon a eu l’idée de remplacer le vinaigre dans la composition de la moutarde par du verjus de vignes voisines. Cette « moutarde de Dijon » est devenue un produit phare de ce terroir de Bourgogne et de la France. 90 % de la production consommée en France est produite dans la région dijonnaise. Cette épice typique de Dijon était déjà très appréciée à l’époque des Ducs de Bourgogne et elle bénéficie aujourd’hui d’une IGP (Indication Géographique Protégée).

Alors pourquoi n’en trouve-t-on plus dans les magasins ?

Les plus gros producteurs de graines de moutarde sont le Canada (155.000 tonnes) le Népal (145.999 tonnes, le Myanmar (ex Birmanie) avec 95.000 tonnes, puis la Russie (55.000 tonnes) et l’Ukraine (30.000 tonnes). La France est en 8ème position avec une production de 14.000 tonnes et semble concernée par le contrecoup de la guerre en Ukraine pour ses importations de graines de moutarde ! En tous cas, c’est ce que prétendent les affichettes que l’on trouve sur les rayons vides des supermarchés !

Il y a quelques décennies, le département de l’Yonne produisait beaucoup de primeurs, et tout particulièrement des cornichons. Le soir, des camions remontaient l’A6 pour les usines d’un groupe agroalimentaire situées dans le nord du département et jusqu’en Essonne pour y déverser des tonnes de ces petits tubercules verts.

Tout cela a disparu ! En 2013, il restait encore deux producteurs de cornichons dans l’Yonne. Mais, désormais, un seul se maintient est c’est d’ailleurs le seul producteur encore en activité dans toute la France. Car aujourd’hui, l’essentiel des cornichons vendus en France proviennent de l’autre bout du monde, Inde ou Chine pays où les coûts de production sont largement inférieurs. Il en est de même pour la transformation des produits ! Il y a peu de temps encore, les producteurs de l’Yonne fournissaient l’usine d’un groupe important dont l’usine se trouvait à Appoigny, à quelques kilomètres au nord d’Auxerre. Mais, le géant de l’agro-alimentaire a préféré fermer son site bourguignon pour aller, là aussi, se fournir à bas coût à l’étranger. Il y a fort à parier que les coûts exponentiels des transports feront rapidement réfléchir ces groupes agroalimentaires qui cherchaient à maximiser leurs profits en sacrifiant les producteurs et les transformateurs français.

Ce mode de management, à mille lieux du bien commun doit évoluer ! Surtout avec la prise de conscience par les consommateurs de la piètre qualité de ces produits importés qu’ils payent aussi chers que ceux qu’ils consommaient autrefois lorsqu’ils étaient de qualité française. La seule différence réside dans la façon dont les marges et profits sont désormais répartis à l’avantage des industriels et des intermédiaires.

De nombreux reportages, ces dernières années, avaient commencé à mettre le doute dans l’esprit des consommateurs. Après avoir cru à des manipulations, ils ont fini par comprendre à quel point on se moquait d’eux. On se souvient de ces enquêtes réalisées en Chine chez les fournisseurs de géants français de conserves alimentaires. Les carottes et petits mois traînant à même le béton dans des hangars à la saleté repoussante, les légumes ramassés au chargeur, cet engin de chantier utilisé pour le chargement et le transport de matériaux comme le sable ou les cailloux, tonneaux de sauce tomate avariée et moisie, mais recyclée avant la mise en conserve ! Tout le monde a pu voir ces reportages diffusés sur des chaînes de télévision publique, qui mettaient en cause la façon dont les grands groupes de l’hexagone traitaient leur production étiquetée « Bio » !

Il est donc grand temps que l’industrie agroalimentaire française procède à sa révolution qualitative et mette un terme à sa recherche insensée de profits indécents. La hausse des coûts annexes devrait être une leçon pour qu’elle en revienne à des comportements cohérents, et ce, à trois égards, la préférence nationale pour participer à la création de valeur économique de notre pays, la recherche qualitative, afin de proposer aux consommateurs des produits respectant réellement les normes sanitaires existantes, l’engagement vertueux dans la répartition des fruits du travail commun, en éliminant, une fois pour toutes, les surprofits et l’intermédiation nocive !

Une industrie agroalimentaire de qualité

L’industrie agroalimentaire (en abrégé IAA) est, comme on le sait, l’ensemble des activités industrielles qui transforment des productions alimentaires issues de l’agriculture ou de la pêche en aliments industriels destinés essentiellement à la consommation humaine.

Dans notre pays, la France, dont on vante la filière culinaire, où l’on distingue les grands chefs étoilés (ou non) qui ont fait la renommée de la gastronomie française, où la cuisine simple et familiale, voire « bourgeoise » a conquis ses lettres de noblesse, même dans les plus petits bourgs de campagne, que faire d’une industrie agroalimentaire misérable et médiocre. Rappelons-nous le poète chantant la « Montagne » et concluant :

[…] Leur vie, ils seront flics ou fonctionnaires,

De quoi attendre sans s’en faire

Que l’heure de la retraite sonne.

Il faut savoir ce que l’on aime

Et rentrer dans son H.L.M.

Manger du poulet aux hormones

Dans un monde à reconstruire après toutes les crises que j’ai évoquées dans les semaines passées, alors que l’inflation nous dévore, que la guerre nous menace, que la pandémie nous tue, on ne peut plus se contenter des statistiques macro-économiques qui situent la France au 5ème rang mondial des pays disposant d’industries agroalimentaires (IAA).

Certes, en 2020, le secteur agroalimentaire réalisait un chiffre d’affaires plus de 200 milliards d’euros, avec plus de 15 000 entreprises (pour un quart, des PME) employant un demi-million de salariés, et au surplus générait 2,4 millions d’emplois indirects.

Mais se contenter de ces chiffres, en apparence, honorables, ce n’est plus suffisant car les modèles économiques doivent évoluer avec le monde qui change. Sinon, la pression populaire fera tout exploser. On croit que, malgré une forte concurrence étrangère et le contexte général de crise, l’activité des IAA se maintient, mais ce n’est qu’une illusion née de modes « passagères » visant à satisfaire des consommateurs « branchés » en quête de sécurité et d’authenticité (plats cuisinés par les plus grands chefs, aliments Bio).

Il faut aussi repenser notre système économique global en s’inspirant de mes réflexions sur le capitalisme équitable. Il faut aussi trouver une main d’œuvre qui accepte de s’engager. Chacun sait que près d’un million d’offres d’emploi ne sont pas pourvues par manque de « volontaires », et surtout de candidats formés aux métiers nouveaux. L’IAA est particulièrement touchée par ce phénomène. Les besoins concernent les fonctions technico-commerciales comme celles liées à la production. Parallèlement le recours croissant aux techniques d’automatisation des process suscite des besoins dans les services connexes à la production : logistique, qualité, achats, maintenance.

Dans ce secteur, les profils recherchés se situent au niveau Bac+2, dans la mesure où ils disposent de nombreux acquis professionnels, et qu’ils sont souvent provinciaux, attachés à leurs racines locales, et donc susceptibles d’occuper plus longtemps les postes offerts par les PME du secteur, souvent implantées en province. Cela rejoint le thème que j’évoque souvent, l’abandon par le ministère de l’éducation nationale des filières dites « professionnelles » au profit des filières dites « supérieures » qui forment des chômeurs artificiellement surdiplômés.

C’est ainsi que nombre d’ingénieurs, sortant d’improbables écoles, se retrouvent sans réelles compétences sur un marché qui ne les recherche pas. Il convient toutefois de noter l’augmentation de la proportion de femmes dans ces métiers d’ingénieurs en agrobiologie et en agronomie, spécialement formées à des métiers liés à la transformation et à la qualité.

Les métiers les plus recherchés dans la filière agroalimentaire sont, de toute évidence, des métiers plus proches d’une formation professionnelle, que d’une formation dite « classique ». On y trouve la gestion des équipements de production alimentaire, l’abattage et la découpe des viandes, la maintenance industrielle, l’assemblage, le tri ou l’emballage, la conduite d’engins et la manutention manuelle de charges, le magasinage et la préparation de commandes et des métiers plus productifs comme ceux de la pâtisserie, de la confiserie, de la chocolaterie ou des charcutiers-traiteurs.

Ce sont-là des métiers qui recoupent parfaitement les grands secteurs d’activité de l’industrie agroalimentaire, la viande, le lait, le sucre, etc.

Les problèmes de main d’œuvre

Les entreprises agroalimentaires sont confrontées à des difficultés de recrutement, comme dans les autres branches, le mode de vie attendue par les jeunes générations ne correspondant plus avec les conditions de travail ancestrales de ces secteurs (horaires, fatigue physique, etc.).

On se heurte donc au problème du vieillissement des salariés, les départs en retraite n’étant pas systématiquement compensés par l’arrivée de jeunes travailleurs prêts à « sacrifier » leur vie personnelle à leur vie professionnelle. De la même façon que les jeunes générations ne se sentent plus convaincus par leur rôle de citoyens, comme on le constate dans l’augmentation du taux d’abstention lors des élections nationales, une part croissante des jeunes générations, très intégrées dans une société du « jeu », répugne à s’investir dans ce qui n’est pas leur préoccupation individualiste.

Or, on ne reconstruit pas une nation active et réactive quand on doit s’appuyer pour ce faire sur des personnalités qui ont perdu conscience de ce qu’était le monde il y a seulement un siècle. Ceux qui n’ont aucune idée des années de lutte qu’il a fallu aux générations passées pour acquérir des droits fondamentaux comme la liberté ou l’égalité et qui oublient que les droits impliquent obligatoirement des devoirs envers autrui. Ceux qui ont perdu le sens de la valeur « travail » !

L’industrie agroalimentaire a besoin aujourd’hui de forts renouvellements de main-d’œuvre, notamment dans les métiers d’exécution. Et toute chose étant perpétuellement en évolution, les emplois proposés exigent des compétences souvent nouvelles, des mentalités repensées, car le secteur doit s’adapter à l’évolution des modes de consommation, aux attentes nouvelles des clients et aux évolutions technologiques. Le secteur recours donc largement à l’intérim qui n’est qu’une solution de « pis-aller » car elle instaure une fragilité et une volatilité des emplois. C’est ainsi que les statistiques relèvent que, dans le secteur, un salarié sur trois entrant dans l’industrie agroalimentaire est un intérimaire.

La démarche agroécologique

Le secteur est connu pour avoir un impact négatif sur le climat, gestion dévorante de l’énergie nécessaire à l’activité, gestion erratique des déchets et pollution des eaux. Et pourtant, les industries de ce milieu ont un rôle majeur à jouer dans la lutte contre le changement climatique et l’érosion de la biodiversité. Cela passera par l’obligation de faire des choix drastiques sur les matières premières et leur origine (géographique et qualitative), voire leur mode de production. Cela passera ensuite par un travail méticuleux sur la prise en compte des coûts, tant financiers qu’écologiques du transport. Cela passera enfin par une expertise affinée des modes de transformation des matières premières, et de leur impact sur l’environnement, les étapes de transformation, le gaspillage de l’eau, le choix des emballages et les modes de transport en sortie d’usine. Tous ces éléments sont des leviers pour œuvrer pour le maintien de la biodiversité et lutter contre le réchauffement climatique.

Il ne faut pas, en effet, oublier que le secteur agroalimentaire représente le quatrième secteur de l’industrie manufacturière en termes d’émission de gaz à effet de serre. C’est bien ce que révélait récemment une étude de l’Insee, un quart des entreprises considérant avoir un « fort impact » sur l’environnement.

Des efforts sont faits, d’autres sont à faire ! Les entreprises transforment des ressources agricoles en produits alimentaires. Afin de maximiser la valorisation de toutes les fractions de matière, la production alimentaire pourrait être couplée à une production de bioénergies. C’est le cas dans certaines d’entre elles où, depuis des décennies, les déchets naturels sont utilisés comme engrais naturels ou comme combustibles, les déchets plastiques sont recyclés pur servir de matériaux de base d’autres industries. Le débouché énergétique permet ainsi de diversifier l’usage des ressources agricoles et de sécuriser ainsi les filières.

On peut citer l’exemple de la production de sucre, de produits amidonniers ou encore d’huiles végétales alimentaires qui débouchent en aval sur la production de biocarburants. Mais les projets de cette nature sont nombreux et démontrent que le secteur ne manque pas d’inventivité, même au sein des grands groupes d’envergure multinationale. C’est le cas des huiles végétales (colza ou tournesol) dont une partie par traitement chimique peut être transformée en biogazole, lequel peut entrer dans la composition du gazole.

C’est ainsi que le métier a déjà commencé à envisager sa transition vers l’économie circulaire. A ce sujet, la France dispose d’un texte d’avril 2018, qui propose une cinquantaine de mesures phares destinées à réduire de 50% la quantité de déchets non dangereux mis en décharge en 2025 par rapport à 2010, de faire progresser de pratiquement 100 % le recyclage des plastiques en 2025, ce qui permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre en économisant 8 millions de tonnes de CO2 supplémentaires et de créer au moins 3.000 emplois nouveaux.

Ce texte envisage de faire progresser, par l’adhésion à des objectifs écologiques, la responsabilité élargie des producteurs (REP), ce qui permettra de sécuriser les investissements des filières industrielles du recyclage et donnera plus de liberté aux producteurs pour l’exercice de leur responsabilité dans la lutte contre le réchauffement climatique. Il faut savoir qu’il existe une quinzaine de filières REP en France (dont la REP emballages ménagers qui implique fortement les IAA). Ainsi, selon le principe de la responsabilité élargie des producteurs (REP), « la gestion des déchets d’emballages ménagers qui proviennent de produits commercialisés dans des emballages, en vue de leur consommation ou utilisation par les ménages doit être assurée par les producteurs, importateurs, ou toute personne responsable de la première mise sur le marché ou metteurs sur le marché (MSM) ».

De son côté, le ministère de l’Agriculture a lancé des projets d’envergure pour engager la majorité des exploitations agricoles françaises dans la transition agroécologique. La transition agroécologique des exploitations nécessite, de toute évidence, des changements dans la gestion des assolements, l’introduction des nouvelles cultures, le recours à de nouvelles variétés plus adaptées au contexte de l’exploitation. En conséquence, il a été jugé nécessaire de proposer le développement de nouvelles valorisations de ce qui se fait dans les entreprises situées en aval, car la transition doit s’appuyer à la fois sur des innovations mises en place dans le monde agricole d’où proviennent les matières premières, mais aussi sur celles du secteur agroalimentaire qui devra répondre aux nouvelles productions décidées par les et anticiper la demande des consommateurs.

Vers une consommation durable

La promotion d’une alimentation durable est réalisée à l’échelle nationale, notamment par la lutte contre le gaspillage, ou par le soutien de projets locaux spécifiques, les projets alimentaires territoriaux (PAT) qui ont l’ambition de promouvoir une alimentation relocalisée. Une telle conception de l’alimentation prend en compte aussi bien les attentes des citoyens que des enjeux environnementaux et socio-économiques. Ils permettent de formaliser des projets de territoires recentrés sur l’alimentation selon une démarche de développement durable qui s’adapte aux enjeux locaux. Sur la base du volontariat, le principal objectif des PAT est de fédérer les acteurs locaux de l’alimentation, producteurs, transformateurs, distributeurs, collectivités territoriales et consommateurs, pour un projet commun de développement de l’agriculture et l’amélioration de la qualité de l’alimentation.

Les PAT sont finançables sur fonds publics ou privés ou dans le cadre de partenariat public/privé. Ils peuvent, cela va de soi, générer leurs propres ressources, mais aussi avoir accès au financement par le Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER).

Les PAT ont, dans le cadre de l’évolution numérique propre à notre époque, accès à de nombreuses capacités de modernisation. C’est ainsi que, plus globalement, l’industrie agroalimentaire pourra optimiser ses chaînes de production et de distribution. A l’exemple de bien d’autres secteurs industriels, le numérique va permettre de nouveaux gains de productivité en matière d’organisation des chaînes de production, depuis le producteur primaire jusqu’au consommateur final.

Un des aspects le plus évident est l’optimisation des chaînes logistiques par le recours à des algorithmes spécifiques, qui permettront, mais permettent déjà a minima d’amplifier la rentabilité à moindre coût. Parallèlement, les développements attendus de la robotique accélèrent et fiabilisent les opérations de manutention.

Vers une évolution profonde des rapports économiques

Ce qui vient d’être évoqué impacte largement les plus importants groupes de l’industrie agroalimentaire. Il leur appartient que ces évolutions se traduisent par une réelle prise de conscience que le monde change et que l’impact des crises actuelles, économique, sanitaire et surtout militaire, est irrémédiable.

Le monde de demain ne sera plus celui d’hier, celui des Trente Glorieuses, celui du gaspillage et de l’égoïsme des profiteurs.

La prise de conscience par les citoyens des abus commis par les industriels et par les politiques est arrivée à un paroxysme qui ne peut qu’éclater si rien ne change. Le monde infini d’autrefois est soudain devenu un monde « fini » aux frontières marquées, aux ressources limitées. Et ces ressources, il convient de les partager. Et les profits qui découlent de cette gabegie, il convient de les partager !

Un exemple porteur d’espoirs

Il y a des marges d’espoir dans la prise de conscience globale des enjeux potentiellement destructeurs des crises que nous connaissons.

Dans le monde des PME et TPE, il existe, principalement en province, des initiatives qui allient respect du patrimoine, création d’emplois et esprit pionnier. Les provinces souvent meurent de la fuite des offres d’emplois vers les métropoles. C’est par exemple le cas des iles.

L’Ile de Groix, au large du Morbihan, ne vivait plus que du tourisme, un peu sélectif, et de la villégiature des Lorientais fortunés qui ont leur anneau au port de plaisance.

L’Ile revit grâce à une famille de conservateurs connus en Bretagne. De vieux entrepôts ont été restaurés sur Port Tudy, qui avait été autrefois et jusqu’au milieu du XXème siècle, le port le plus important de la pêche au thon. La société Groix-Nature y a installé une petite entreprise, mi-artisanale (car de nombreuses tâches sont faites manuellement), mi-industrielle (parce que le reste du travail est minutieusement programmé).

Outre des conserves traditionnelles de soupes de poissons, de crustacés ou de moules élevées sur cordes à deux pas du rivage, outre des produits de qualité dans le domaine « traiteur de la mer » (innombrables rillettes de toutes sortes, de tartares ou de caviar), la PME propose une huile de homard qui est une huile neutre de pépins de raisin dans laquelle ont infusé des têtes cuites (et donc rouges) de homards bleus de Bretagne. Elle propose également de l’huile d’algues, notamment de ces laitues de mer que l’on ramasse sur les estrans proches.

Cet exemple, parmi tant d’autres dont je pourrais faire la liste, en Bretagne mais aussi partout dans nos régions, me semble être un exemple parlant pour la reconstruction de notre indépendance alimentaire. Mais c’est aussi une illustration parfaite de l’inventivité de nos entrepreneurs locaux, dont le travail porte une valeur tout en respectant les héritages ancestraux de notre « pays », c’est-à-dire de nos régions, petites de la taille d’un canton, ou grandes de la taille d’une région.

Bernard Chaussegros

DOSSIER SPECIAL : Pas de relance économique sans une analyse sectorielle et humaine !
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Semaine 3/4 : Relance économique : quelle place pour l’écologie ?
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