Jeremy Prince, PDG de Sigfox

L’ancienne pépite, considérée comme une pionnière de l’Internet des objets, a été placée en redressement judiciaire. La fin d’un feuilleton. Sigfox attend désormais un repreneur. Qui sont les candidats potentiels de l’ex-future licorne ?

Depuis deux ans, le spécialiste de l’Internet des objets (IoT) était dans une impasse. En quête d’un repreneur, l’ex-fleuron toulousain, situé à Labège (Haute-Garonne), a été placé en redressement judiciaire le 26 janvier. Le tribunal de commerce de Toulouse a assorti cette décision d’une période d’observation de six mois. Pour Sigfox, c’est la fin d’une histoire débutée en 2010, lorsque deux entrepreneurs, Ludovic Le Moan et Christophe Fourtet, lance une entreprise dont la technologie était, aux yeux des observateurs, très prometteuse.

Ils développent alors le premier réseau de télécoms à bas débit pour les objets connectés. Cette innovation leur permet de séduire les investisseurs : Sigfox lève 280 millions d’euros entre 2009 et 2018. Douze ans plus tard, Sigfox connecte 20 millions d’objets dans plus de 75 pays et possède un portefeuille de clients prestigieux : Airbus, Stellantis, DHL, Michelin, Total…

A première vue, le succès est au rendez-vous. Sauf que les deux fondateurs espéraient relier un milliard d’objets connectés : le compte n’y est pas. Conséquence : en 2020, l’opérateur doit se séparer d’une cinquantaine de salariés. L’écrémage a continué en 2021 — Sigfox ne compte aujourd’hui que 250 salariés. Le dernier chiffre d’affaires connu de l’entreprise est de 60 millions d’euros en 2018.

Un géant de la tech ou un industriel ?

L’un des fondateurs, Ludovic Le Mohan, dont le management a été très critiqué, est même écarté de l’entreprise en février 2021. La fin d’une époque. Mais ce changement d’homme — Le Moal a été remplacé par Jérémy Prince, le patron de la filiale américaine — n’apporte pas les résultats escomptés. Le spécialiste des réseaux bas débit, dont la technologie n’a pas été adoptée aussi vite que le pensaient ses fondateurs, continue de s’enfoncer et d’augmenter son endettement. La pandémie et ses conséquences désastreuses sur l’approvisionnement en composants électroniques n’arrangent rien aux affaires de l’entreprise toulousaine. Dans le même temps, Sigfox, qui avait peu de concurrence, voit arriver des géants (Bouygues, Orange) sur son marché.

En perte de vitesse et sans ressources financières pour investir, l’ancienne pépite de la French Tech, dont le conseil d’administration est dirigé par Anne Lauvergeon, n’a d’autre choix que de se mettre en quête d’un repreneur. Les six prochains mois seront décisifs pour l’avenir de Sigfox. Dans un communiqué, l’entreprise estime qu’ils vont « permettre d’identifier, grâce à la mise en œuvre d’un plan de cession, de nouveaux acquéreurs ayant la capacité d’œuvrer pour le développement à long terme de Sigfox, et de proposer un maintien des emplois ».

Quel sera le profil du repreneur ? Certaines rumeurs évoquent l’intérêt d’un opérateur français. Mais ce pourrait également être un géant de la tech — il est de notoriété publique que les GAFAM lorgnent le secteur de l’IoT —, un industriel français ou l’un des actionnaires actuels. Notons qu’aux côtés des fonds présents au capital de l’entreprise toulousaine (Elaia Partners, Total Energy Ventures, Partech, IXO Private Equity, Intel Capital, Idinvest Partners) et de Bpifrance, figure Horizon, le family office d’Henri Seydoux, fondateur et président de Parrot.

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