Par Olivier Koch, Managing Director France & Suisse, PARK NOW et David Lainé, Commercial Director France, Trafi

Les mesures de distanciation sociale pour répondre à la pandémie de la COVID-19 ont fait apparaître de nouvelles prérogatives en matière de mobilité, et plus particulièrement dans les villes.

En quelques semaines, l’espace public s’est réinventé. Les pistes cyclables ont été étendues et des tronçons quasiment entièrement dédiés au vélo sont apparus, comme la rue de Rivoli à Paris. Pour faire face également au manque à gagner des cafetiers et restaurateurs qui ont dû fermer boutique durant plusieurs semaines pendant le confinement, les terrasses ont été agrandies et des nouvelles ont été créées pour inciter la clientèle à revenir. Mais la phase de déconfinement fait aussi apparaître un autre aspect, celui de la pollution. D’après le Centre de recherche sur l’énergie et la qualité de l’air dans une étude publiée le 24 juin, Paris est la ville en Europe ayant connu le rebond de pollution de l’air le plus brutal (+118%).

Faut-il opposer les mobilités douces aux déplacements motorisés ?

Aujourd’hui, un grand nombre des terrasses occupent une partie de l’espace public et parfois certaines places de stationnement. Alors que les déplacements motorisés reprennent, comme à Lyon où le niveau de circulation est équivalent à 95% de celui de l’avant-crise selon des données dévoilées par la métropole de Lyon début juin, il est impératif de façonner la mobilité pour l’adapter aux enjeux à venir, tout en prenant en compte les nouvelles précautions sanitaires qui restent importantes pour une très grande majorité de citoyens. Le retour à la normale a été plus rapide que ne l’avaient prédit les experts, avec la majorité des villes d’Europe qui renouent déjà avec leurs tendances d’avant-crise.
Car force est de constater que pour changer les habitudes des usagers et apaiser leurs craintes, un plan de mobilité plus ambitieux est nécessaire.
Pour mettre également fin à l’ère de l’autosolisme, il faut développer une offre ambitieuse de transports capables de répondre aux besoins des usagers, tout en assurant la sécurité, y compris sanitaire. Pour préserver la qualité de l’air et réduire la circulation, il faut leur proposer des options alternatives à l’achat d’une voiture et complémentaires aux transports en commun, qui répondront efficacement aux normes sanitaires. La solution est dans la mobilité multimodale. Les autorités parisiennes envisagent la construction d’un réseau cyclable, RER-vélo, des itinéraires cyclables dédiés de 650 km, tandis que Milan prévoit des rues piétonnes et cyclables dans sa planification post-confinement.

Le digital au service des normes sanitaires et pour la fluidification des mobilités

Aujourd’hui, les automobilistes souhaitent également pouvoir stationner en toute tranquillité et dans le respect des gestes barrières. Par mesure de précaution, les villes intègrent de plus en plus une ou plusieurs solutions de paiement mobile pour rendre le stationnement plus innovant, intuitif et en phase avec les mesures sanitaires.
Mais l’ère digitale va aussi permettre de fluidifier les mobilités dans leur ensemble, qu’il s’agisse des transports en commun ou de l’offre des places de parking en ouvrage qui sont bien moins utilisés et qui permettraient de désengorger l’espace public et le stationnement en voirie.

Le besoin d’investir davantage dans les technologies sans contact est primordial. Aujourd’hui, les villes accélèrent le déploiement des solutions de MaaS (Mobility as a Service) qui permettent d’informer les usagers sur l’ensemble des moyens de transports disponibles et des prix appliqués à chacun d’entre eux, pour répondre à ce besoin de distanciation physique, mais également car la densité des grandes villes nécessite des projets ambitieux pour détendre l’espace public. Ce constat est aujourd’hui partagé par tous.

Quelles infrastructures faut-il développer ?

Réduire la place de la voiture pose néanmoins un problème quant aux infrastructures. Avec la reprise d’une mobilité post COVID-19 qui s’accélère, et qui devrait ressembler, d’ici 2 ans[1], à celle que nous connaissions encore début 2020, le mot d’ordre est : anticipation !
S’il y a bien un enseignement à tirer de la crise actuelle, c’est que prévoir est désormais indispensable dans une période où le chamboulement peut arriver du jour au lendemain. De plus, ces changements brutaux impactent désormais l’ensemble de la planète, il n’est donc plus possible de reculer si l’on veut assurer une mobilité moderne qui doit répondre aux imprévus.

Faire cohabiter les usages pour détendre un espace public trop dense

Aujourd’hui, le plan de mobilité et l’espace public en général doit être organisé dans la globalité des agglomérations et non plus par tronçons de rues, avenues ou quartiers. Les axes doivent accueillir l’ensemble des mobilités. La ville d’Oslo par exemple a réduit le nombre de places de stationnement en voirie pour créer des axes différents pour les vélos et les livraisons. Mais il faut aussi aller plus loin, en remettant à l’honneur le parking en ouvrage dans des zones où il est peu utilisé, afin de décongestionner la voie publique et encourager le développement des parkings relais pour passer aisément de la voiture aux autres modes de mobilité.

Sur la ville de Paris, en 2018, le parc automobile représentait plus de 450 000 véhicules pour 621 000 places de stationnement au total. Si l’on ajoute les déplacements effectués par des automobilistes qui entrent dans la capitale, il est facile d’expliquer la congestion actuelle. Une réflexion plus large doit donc être mise au point et une offre nouvelle et plus audacieuse est à établir.
En 2020, réinventer les mobilités nécessite de concilier innovation et urbanisme. L’idéologie du 100% vélos, voitures ou transports en commun n’est pas la solution ultime car ces modèles sont complémentaires et ne peuvent plus être opposés si l’on souhaite éviter le chaos.

L’offre de mobilité multimodale est-elle la solution miracle ?

Même si l’automobile demeure un pilier majeur et indispensable de la mobilité, la sortie du confinement a accéléré la course à l’innovation et la multimodalité, déjà impulsées avant la crise. L’émergence de nouvelles technologies de partage et les nouvelles approches suscitées par les préoccupations environnementales poussent ces innovations au tout premier plan. Qu’il s’agisse de l’accord historique entre la SNCF et UberFREE NOW qui intègre l’offre de trottinettes VoiTechnology, tout comme Blablacar, les opérateurs cherchent aujourd’hui à acquérir de nouveaux usages en modelant leurs offres sur les nouveaux besoins des populations urbaines, qui sont différents selon leurs activités. Ces exemples prouvent surtout que la multimodalité est l’avenir de la ville de demain et qu’un mode de transport est complémentaire à un autre.

De plus, la crise a fait apparaître le besoin d’aller plus vite pour réinventer la mobilité. Pour garantir une bonne distanciation sociale et ne pas tout reporter sur la voiture individuelle, les solutions de MaaS permettront de mieux informer les usagers, d’acheter leur mobilité à partir de leur téléphone mobile et de leur offrir des parcours adaptés à leurs besoins.

Ce nouveau schéma de mobilité citadine, confirmé par les résultats des dernières élections municipales qui font la part belle au mouvement écologiste dans les grandes villes, vient renforcer le besoin de redessiner une offre moderne et en phase avec la société actuelle.

par Olivier Koch, Managing Director France & Suisse, PARK NOW et David Lainé, Commercial Director France, Trafi

1 COMMENTAIRE

  1. Effectivement les Solution de mutualisation des transports ou de stockage efficace de véhicules sont un des axes à développer, le marché s’étant également concentré avec la crise des transports actuelle, plusieurs pistes d’économies ont émergées et certaines vont peut-être changer notre façon de voir actuelle.

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