Par Francis Lelong, Co-fondateur et CEO d’Alegria.tech 

Les entreprises manquent rarement de bonnes idées. Mais une bonne idée, si elle n’est pas concrétisée, n’a aucune valeur réelle. Focalisées sur le time-to-market, les équipes métier des grandes entreprises innovent en permanence pour coller à l’accélération du marché. Les besoins en applications et logiciels explosent grâce à leurs idées. Mais, face au manque de ressources informatiques pour mettre en place ces bonnes idées, l’innovation stagne. Pour remédier à ce problème, il est grand temps de changer de paradigme et de méthodologie. 

Vers une nouvelle culture du logiciel

Dans un monde où l’innovation est omniprésente, nous constatons un véritable problème de culture d’entreprise. Certaines grandes entreprises peuvent prendre des années à adopter les technologies qui font pourtant la joie des start-up se lançant sur le marché. Là où il faut en moyenne quelques semaines au sein d’une start-up pour adopter un nouvel outil informatique, il faut plusieurs mois, voire des années, dans une grande entreprise. Ce décalage s’explique en partie par la présence historique d’une culture logicielle sécuritaire très forte. Bien que la sécurité ne doit pas être négligée, il est primordial de laisser désormais place à une culture logicielle créative. 

Conscientes de cette problématique, les grandes entreprises sont nombreuses à avoir introduit au sein de leur organisation le Design thinking, qui permet une plus grande créativité en équipe.  Cette méthode de gestion de l’innovation donne suite à une myriade de nouvelles idées qui n’ont, bien trop souvent, pas l’opportunité d’être concrétisées en raison du manque de ressources informatiques. Certaines entreprises ont fait le choix d’implémenter en leur sein des start-up factories pour accélérer l’innovation – mais ce mouvement est encore trop timide. 

La révolution culturelle vers une vision logicielle plus créative et innovante est ralentie trop souvent par des freins techniques causant nombre de frustrations dans les équipes métier, dont le quotidien est centré autour de l’innovation et de l’accélération du time-to-market. 

Friction sur la ligne entre équipes métier et techniques

Le besoin d’applications et de logiciels, aussi bien pour l’usage interne qu’externe, explose et les équipes techniques sont sous tension, notamment en raison des difficultés de recrutement liées au peu de développeurs disponibles. En parallèle, les équipes métier sont plus que jamais tournées vers l’innovation et la créativité continue. Cette situation engendre des tensions entre ces deux corps de métiers. La frustration se crée des deux côtés tandis que l’entreprise, dans le même temps, “dort” sur un vivier d’idées potentiellement créatrices de valeurs. Dans des marchés toujours plus compétitifs et rapides, avec un besoin d’innovation grandissant, ce fonctionnement est contre-productif. 

Les directions doivent s’adapter à cette nouvelle réalité. Il ne faut pas l’oublier, aujourd’hui, seule 0,3% de la population mondiale sait coder ; il n’est donc plus possible d’attribuer la responsabilité de l’intégralité des besoins de création logicielle au seul département informatique. Il est nécessaire de changer de paradigme et de basculer dans une nouvelle ère. 

La méthode agile : une équation jusqu’ici incomplète 

Au cours des 30 dernières années, l’innovation dans les grandes entreprises a pu se faire grâce à l’adoption de la méthode Agile. Mais cela ne suffit plus, car “agile” ou pas, il faut des développeurs pour mettre les projets sur pied – et c’est justement de cette ressource technique que les entreprises manquent. 

Bien que la méthode Agile soit la plus adaptée au développement d’applications et de logiciels, beaucoup d’entreprises constatent aujourd’hui qu’elle ne peut répondre à tous les besoins d’innovation. Pour être un levier de succès, l’équation doit intégrer : Design Thinking + Méthode Agile + Nocode. 

L’entreprise doit prendre conscience que les équipes métier représentent un atout majeur en matière de création d’applications – et donc de valeur – car ce sont elles qui comprennent la complexité du secteur dans lequel elles évoluent. Il est cependant nécessaire de les faire monter en compétence sur des techniques comme l’abstraction, qui leur permettra de concevoir des applications via des solutions Nocode sans avoir besoin de connaître la programmation. Là où l’apprentissage du code prend entre 2 à 5 ans, celui de l’abstraction et du Nocode ne prend que quelques mois grâce à une courbe d’expérience beaucoup plus courte. 

Cette équation permettra de rééquilibrer les rapports dans l’entreprise. D’un côté, les équipes métier reprendront le contrôle de leurs idées en étant capables de les mettre en œuvre de manière autonome. De l’autre, les équipes techniques seront déchargées afin de se concentrer sur les projets de haute technicité. 

Partir à la recherche des pépites cachées dans son entreprise

L’adoption de cette nouvelle équation passe par l’identification de profils prometteurs au sein même de l’entreprise ; ceux qui font du shadow IT, c’est-à-dire qui mettent en place des outils informatiques sans l’approbation de leur direction ou du service IT,  sont les candidats à plus fort potentiel. 

Les collaborateurs s’adonnant au shadow IT ont une seule volonté : travailler plus efficacement et apporter plus de performance à leur métier. Jusque-là considérés comme des “rebelles” face aux méthodes plus traditionnelles de l’entreprise, il est temps de les mettre en avant et de valoriser leur savoir-faire. 

Ils sont une force pour l’entreprise. En plus d’avoir une réelle envie de participer au développement d’applications pour améliorer leur quotidien, ils sauront intégrer rapidement le concept d’abstraction. Ils doivent devenir les “builders”, ceux qui vont porter la bonne parole en interne via leur enthousiasme et leur créativité, afin de faciliter le changement et l’adoption de nouvelles solutions. 

Les outils Nocode ne doivent pas être vus comme de simples ajouts pour faciliter le quotidien mais comme des super-pouvoirs permettant d’accroître la productivité individuelle et collective. La combinaison de la méthode “Design Thinking, Méthode Agile et Nocode” constitue ainsi un tremplin pour permettre au métier de prendre sa revanche sur la technique, et de débloquer l’innovation en entreprise. 

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