Par Philippe Pinault, entrepreneur

Tribune. Pour de nombreuses entreprises, la crise COVID a révélé les limites du modèle managérial traditionnel (et vertical, souvent). En effet, les collaborateurs – surtout les plus jeunes – ont revisité leurs attentes et sont, plus que jamais, en recherche de responsabilités, d’impact et de sens. Selon une étude Monster, 40 % des 18-34 ans seraient même prêts à se reconvertir pour retrouver du sens dans leur travail.

En réponse à ces attentes, de plus en plus d’entreprises mettent en place de nouveaux modes de management, qui favorisent la participation des salariés aux décisions et des mécanismes d’auto-gestion. Dans ce modèle d’entreprise “libérée”, les salariés sont libres de décider quelles actions entreprendre pour mener à bien leurs missions. Une approche très éloignée du management command & control qui prévaut encore dans beaucoup d’entreprises.

Bien que ce mode d’organisation soit encore assez peu répandu, les dirigeants modernes ont tout à gagner à le mettre en place. En effet, il  offre aux employés une plus grande autonomie, plus d’agilité et la possibilité d’exprimer davantage leur créativité, avec un impact indéniable sur la performance de l’entreprise.

Pour qu’elle soit réussie, cette transformation organisationnelle suppose d’adopter quelques bonnes pratiques :

  • Accroître la transparence et l’accès à l’information en diffusant régulièrement vos informations internes (sur une plateforme collaborative et/ou via des événements internes), en favorisant les échanges transverses entre différents départements, et en définissant des OKR (Objectives and Key Results) : des objectifs  associés à des résultatsquantifiables qui permettent d’avoir plus de visibilité sur l’avancée des projets de chacun.
  • Fluidifier le partage de connaissances en créant des supports de formation en interne, en centralisant l’ensemble de vos informations sur un drive ou une base de connaissance, et en créant des groupes de travail ou des initiatives de mentorat pour faciliter la transmission de savoirs au sein de l’entreprise.
  • Former les salariés et encourager la prise d’initiatives en établissant un climat de confiance et en donnant petit à petit de plus grandes responsabilités aux équipes. Se tourner vers de nouveaux modes de travail, comme le télétravail, ou des méthodes de travail agiles comme la méthodologie Scrum ou le test & learn, peut aussi permettre aux collaborateurs de gagner en autonomie, tout en vous aidant à améliorer en continu vos pratiques.
  • Faire évoluer le rôle du manager, pour que sa mission ne soit plus centrée sur le reporting, mais plutôt sur le coaching et l’accompagnement des équipes. Car dans une entreprise “libérée”, le manager n’est plus là pour commander. Son objectif est avant tout de motiver et responsabiliser les collaborateurs, et de les aider à grandir professionnellement pour qu’ils puissent révéler le meilleur d’eux-même.

Philippe Pinault
Philippe Pinault est un entrepreneur français de 44 ans. Co-fondateur du groupe Mandarina avec Olivier Ricard en 2001, il est acteur et observateur privilégié de la mutation des usages au sein des entreprises : évolution des modes de travail, des modèles d’organisation et des formes de management. Au sein du groupe Mandarina, il crée successivement Blogspirit (plateforme de blogging) en 2004, puis Talkspirit (réseau social d’entreprise) en 2008 et Holaspirit (plateforme pour les organisations autogérées) en 2015. En 2020, il co-écrit avec Luc Bretones et Olivier TrannoyL’entreprise nouvelle génération(Eyrolles), un ouvrage rassemblant les conseils de 250 managers qui ont transformé leurs pratiques de management.

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