Par Lionel Leone, créateur du salon Innopolis Expo

Tribune. 2020 aura été sans aucun doute une année particulière, marquée par une crise sanitaire sans précédent. Cette période de tension a toutefois permis de mettre en lumière certains dysfonctionnements au sein de notre société et de notre organisation urbaine. Les kilomètres de bouchons sur le périphérique parisien, l’afflux massif de passagers dans les gares de la capitale, de nombreux citadins ont estimé que le confinement serait un peu moins pénible à la campagne.

Inéluctablement, cet exode urbain nous amène à nous questionner sur la pertinence et la justesse de nos ensembles urbains, dont les limites ont été exacerbées durant cette période de tension. Pour la rendre plus durable, inclusive, fonctionnelle et résiliente, nous devons penser la ville de demain dès aujourd’hui.

La ville ne séduit plus autant

Selon une étude de Cadremploi menée suite au premier confinement, 83 % des cadres parisiens envisagent de quitter la capitale. Loin d’être un phénomène spontané et sans lendemain, cet exode est une véritable tendance de fond, boostée par cette quarantaine. Le coût de la vie, la pollution ou encore les nuisances sonores sont autant de désagréments qui pouvaient, par le passé, être supportés par les avantages offerts par la ville tels que l’accès à toutes sortes de services et une grande proposition culturelle. Aujourd’hui, c’est près d’un Parisien sur deux, toutes catégories socioprofessionnelles confondues, qui se dit prêt à quitter la capitale.

Cependant, tout n’est pas si simple, malgré un télétravail qui se démocratise, les villes restent des bassins d’emplois importants, si bien que c’est une nécessité pour beaucoup de résider à proximité. La ville ne doit pas être vécue comme une contrainte nécessaire, c’est à nous, collectivement de façonner la ville de demain, de son aménagement jusqu’à sa gouvernance, pour la rendre plus inclusive et respirable.

Se recentrer autour de l’utilisateur final : le citoyen

Il est urgent de rendre les villes plus fonctionnelles, véritablement adaptées aux usages et aux attentes des citadins qui ont évolué avec la crise sanitaire. Pour identifier et appréhender toutes ces attentes, il est essentiel d’inclure une vraie diversité d’horizon et d’expertise dans cette co-construction, pour ne laisser personne de côté et penser à tous les usages. Du milieu associatif à celui artistique, du monde de l’entreprise à celui politique, acteurs publics et privés doivent se rassembler pour co-créer des projets de vie en plaçant le citoyen et ses usages au cœur des préoccupations.

Des projets urbains circulaires faisant appel à plusieurs champs d’expertise sont aujourd’hui en cours. Que ce soit le Champ de la Confluence à Lyon avec un projet circulaire et innovant mêlant l’artistique à l’urbanisme, ou bien l’ambition projet du Grand Paris voulant tendre vers un “urbanisme humaniste”, les idées ne manquent pas, contrairement aux lieux d’émulations. La Crise du Covid a également été un accélérateur de changement et a permis de finaliser des milliers de projets comme les pistes cyclables tant attendues dans de nombreuses municipalités.

Il est toutefois regrettable de devoir attendre une crise mondiale pour voir les lignes bouger. Une ville plus résiliente doit aussi se construire avec les citoyens, qui doivent se mobiliser dans ces projets qui ont des conséquences directes sur leur quotidien. L’avenir des villes et des territoires se joue maintenant. Et c’est maintenant que tout est possible. Cependant, tous les acteurs doivent aujourd’hui se mettre autour de la table.

Afin de faire avancer les choses, les concertations doivent inclure toutes les parties, la co-construction sera certainement le maître mot des prochaines années. Les compétences et les innovations sont là. Il est temps de se réunir et de travailler main dans la main, alors allons-y, repensons la ville !

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