Par Emmanuel Marcq co-fondateur de Wesoft

Tribune. Faire grandir son entreprise est un projet passionnant. En ce sens, au-delà des traditionnels leviers liés à la croissance organique et qui attestent de la pertinence d’une offre et d’un positionnement, la croissance externe représente également une formidable opportunité d’accélération. Oui, mais voilà, procéder à une opération de croissance externe est un exercice complexe qui nécessite de mobiliser de nombreuses ressources complémentaires qui peuvent être difficiles à mobiliser. Alors, comment faire ?

Construire un projet opérationnel et porteur de sens à long terme

La première chose à prendre en considération est d’avoir une vision précise de son projet et de la stratégie à déployer pour y arriver. Pour ce qui concerne le volet croissance externe, il est fondamental de ne pas se tromper et d’avoir un plan de séquencement et d’intégration pertinent qui permettra au nouvel ensemble de se développer et de créer une nouvelle valeur ajoutée. Au-delà de cette vision d’entreprise, qui est fondamentale et structurante, se pose la question du financement des opérations qui est un volet complexe à évaluer et à mettre en œuvre. En effet, très fréquemment, les entrepreneurs ne disposent plus de suffisamment de ressources personnelles pour les réaliser en fonds propres et se tournent alors vers de nouveaux leviers pour les financer. Mais est-ce si simple ?

Quelques pistes possibles

  • Le recours à l’emprunt bancaire traditionnel Small Cap

Ce levier peut être intéressant à condition d’avoir une certaine taille et assise financière (chiffre d’affaires réalisé et rentabilité récurrente notamment). Mais pour les structures plus modestes, bien qu’affichant une bonne traction et une profitabilité, l’intérêt des banques Small Cap peut vite s’évanouir et laisser l’entrepreneur dans l’impasse pour de petites levées de fonds (jusqu’à 1 million d’euros).

  • Le recours à BPI

Sur ce point, la démarche peut être réellement fastidieuse que ce soit pour trouver le bon interlocuteur ou encore pour avoir un suivi de dossier. De plus, la BPI souhaitera également souvent compléter un tour de table où interviendront d’autres investisseurs : Business Angels, fonds d’investissement, etc. Cette solution n’est donc pas un levier rapidement actionnable.

  • Le financement via des plateformes dédiées aux PME

Là encore si l’intérêt du projet peut séduire, la notion de montant à lever est à prendre en considération. Pour être pragmatique, lever moins d’un million d’euros pour réaliser son opération de croissance externe n’est pas une approche pertinente pour attirer des investisseurs. Mieux vaut viser deux millions d’euros qui génèrera autant de travaux de présentation que pour 1 million et avoir déjà un dossier de reprise identifié et avancé pour réussir son opération et attirer les partenaires.

Il faut noter que ce dernier constat est également largement partagé par d’autres intervenants comme des avocats, leveurs de fonds, etc.

Financer une acquisition et lever un million d’euros est donc un projet complexe à préparer avec attention. Pour des entreprises de type PME qui réalisent quelques millions d’euros de chiffre d’affaires et qui souhaitent se lancer dans cette aventure, il est donc fondamental d’avoir préalablement identifié et validé les termes d’une potentielle acquisition auprès d’une entreprise pour pouvoir intéresser un fonds d’investissement ou se diriger vers une dette privée.

Par Emmanuel Marcq co-fondateur de Wesoft

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