Par Yoann Boulday Président de Finance Conseil, et Olivier Drouilly, Président de Sadec-Akelys

Tribune. Alors que le courtage en crédit immobilier pour les particuliers est totalement rentré dans les mœurs, le courtage pour les professionnels a mis plus de temps à émerger. Aujourd’hui, les évolutions du secteur bancaire imposent une telle rigueur que ni les entrepreneurs, ni même les experts-comptables ne peuvent y répondre seuls. La clé est donc de faire appel à un professionnel rompu au langage bancaire pour mettre toutes les chances de son côté.

Lorsqu’un entrepreneur recherche des financements, il a tout intérêt à s’orienter vers la meilleure solution, celle qui correspondra aux spécificités du projet. Il doit aussi se préparer dans les meilleures conditions pour maximiser ses chances d’obtention d’un financement.

Aujourd’hui, l’offre bancaire est de plus en plus large et disparate. Faire jouer la concurrence permet donc d’obtenir le meilleur prêt possible. Une démarche d’autant plus importante au vu de la nécessité de sécuriser l’obtention du crédit en maximisant les chances d’y accéder : si un établissement refuse une demande de financement, d’autres acteurs l’accepteront. Il s’agit donc de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

Dans tous les cas, si aujourd’hui beaucoup d’entrepreneurs semblent éclairés sur ces principes, rechercher des financements reste une mission chronophage, difficilement lisible sur le plan technique, et qui peut s’avérer vraiment délicate.

Une approche de plus en plus professionnelle demandée par les banques et qui impose une rigueur dans la constitution du dossier, tant sur le fond que sur la forme. Certains porteurs de projet expédient malheureusement trop rapidement leur demande de crédit professionnel, ils pensent que c’est une simple formalité. Or, c’est loin d’être le cas.

« Une banque est une entreprise avec des exigences commerciales »

En effet, une banque est une entreprise dont l’activité première est de financer l’économie. Comme n’importe quelle entreprise, elle cherche à maîtriser sa prise de risque et à optimiser sa rentabilité. Afin de prendre sa décision, la banque exige donc un solide dossier qu’elle étudiera dans les moindres détails.

« Un climat frileux »

Parallèlement à leurs propres exigences commerciales, les accords dits « Bâle III » – crées suite à la crise des subprimes en 2008 – obligent les établissements financiers à respecter un certain ratio de fonds propres par rapport aux crédits accordés pour solidifier leurs structures en cas de nouvelle crise financière.

Ces accords mettent en lumière un détail non négligeable à l’étude d’un dossier : la difficulté des banques à faire confiance aux porteurs de projet qui ne bénéficient pas de fonds propres suffisants impactant in fine les fondamentaux de la banque. En réalité, cela révèle également un climat bancaire contraint qui impacte la procédure d’octroi des crédits à destination les entrepreneurs.

« Un vocabulaire sibyllin pour le commun des mortels »

Par ailleurs, la terminologie bancaire ne cesse de se complexifier, que ce soit en raison de la diversité des offres proposées, des lois votées, des politiques européennes ou de pratiques anglo-saxonnes. Aujourd’hui, pour un néophyte du milieu bancaire, le jargon propre à la finance peut sembler déconcertant, voire excluant lorsqu’il s’agit de défendre son dossier.

Pour un établissement bancaire, le fait qu’un client passe par un courtier, représente l’assurance d’avoir un dossier examiné au préalable, et donc jugé présentable et solide. Cela révèle aussi une forme de maturité et de sérieux chez le client. Un entrepreneur qui maximise déjà ses chances de réussite aura doublement plus de crédibilité aux yeux de la banque.