Par Nicolas Pinheiro-Ferrari, directeur commercial Europe du Sud de Nicholson Search & Selection

Tribune. Alors que la pénurie des talents s’accentue et que le taux de chômage des cadres est évalué ce mois-ci par le BIT à 3,7% contre 7,6% pour l’ensemble de la population active, le métier de recruteur prend de la valeur – en interne comme dans les cabinets spécialisés – pour permettre aux entreprises de trouver le candidat idéal. Les bons recruteurs sont très prisés mais comment le devient-on ? Quelles sont les qualités requises ? Comment s’y former alors que les formations spécialisées sont extrêmement rares ? Et si être un bon recruteur résidait surtout dans les choix de carrière en adéquation avec ses qualités et attentes ?

Etre un bon recruteur, une question de choix en fonction de ses appétences

Quoi qu’il en soit, un chargé de recrutement pourra selon ses qualités et ses appétences s’orienter vers l’aspect de son métier sur lequel il se sent le plus à l’aise : certains sont de très bons sourceurs quand d’autres auront une fibre commerciale les orientant plus facilement vers la vente. Être chargé de recrutement au sein d’une entreprise invite aussi à avoir une autre approche, moins guidée par la pression en termes de chiffres. Au sein des cabinets spécialisés, un chargé de recrutement pourra préférer une structure où la compétition et le rendement rythment ses journées quand un autre privilégiera une structure à taille humaine où l’ambiance de travail est plus agréable, se sentant appartenir au projet de leur client et où la chasse de candidats sera focalisée sur des talents à haut potentiel.

C’est au fil de sa carrière qu’un recruteur pourra faire son choix de structure, se spécialiser sur un domaine de compétence ou un secteur qui lui correspond et ce, grâce aux expériences comme aux rencontres qu’il aura eues. En définitive, il n’y a pas qu’une seule définition ni une seule voie pour devenir un bon recruteur mais une multitude, à partir du moment où il est guidé par le travail bien fait pour aider les entreprises à identifier et attirer ses futurs talents ; un enjeu d’autant plus important en cette période de pénurie.

Une formation ouverte à tous, sur le terrain

Perçu par beaucoup comme une sous-catégorie des métiers des ressources humaines, le métier de chargé de recrutement ou de chasseur est pourtant un domaine d’expertise à part entière. Pour y arriver, certains vont privilégier des études dans les RH sans pour autant identifier les caractéristiques propres au recrutement. D’autres vont mener leurs études dans des écoles de commerce ou seront dotés d’un BAC +3 à BAC+5 pour s’orienter au fil de leur carrière vers l’univers du recrutement, très proche du métier du commercial. La particularité de ce métier est qu’il n’existe que très peu de formations hormis l’École du Recrutement ou celle du terrain et de la pratique. C’est avant tout un univers où il est indispensable de comprendre les métiers et les profils recherchés par ses clients.

Parmi les organismes les plus formateurs, on retrouve les ESN (Entreprises de services numériques). Ne bénéficiant pas forcément d’une image positive, ces entreprises ont pourtant le mérite de permettre de se familiariser avec les métiers techniques, gérer tout le cycle d’un projet, appréhender le coût des embauches pour les entreprises et monter en compétence rapidement, du sourcing de candidats à un poste de senior quel qu’il soit, en fonction de son appétence. Les cabinets de conseil ont également l’avantage de permettre aux jeunes candidats de se plonger dans l’univers du recrutement et de se spécialiser dans un secteur d’activité ou un des nombreux aspects que revêt le métier de recruteur : administratif, vente, sourcing…

Le recrutement : avant tout une question de personnalité

A défaut de pouvoir bénéficier de cursus dédiés à la formation des métiers du recrutement, la personnalité de l’apprenti recruteur fera beaucoup dans son évolution de carrière. Il n’existe pas de méthode unique pour être efficace dans son travail car le chargé de recrutement mûrit au fil des ans, guidé par sa soif de connaissance continue : l’approche à adopter auprès des candidats comme vis-à-vis de ses clients, les métiers recherchés, les logiciels que les candidats doivent maîtriser, les qualités requises pour les postes…

Au-delà de la curiosité – le véritable prérequis de tout recruteur – , le futur bon chasseur de têtes doit démontrer de véritables capacités d’écoute et de résilience. En effet, l’écoute représente deux tiers du métier quand l’échange ou le contact humain représente le tiers restant avec idéalement une approche empathique auprès des candidats pour mieux cerner leurs motivations. En parallèle, faire preuve de résilience durant le processus de recrutement pouvant être perturbé par de nombreux événements extérieurs, savoir se maîtriser et être un élément fiable vis-à-vis des entreprises clientes permettra d’entraîner un cercle de confiance et de performance.

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