Par Alain Nicolaïdis

Avez-vous entendu parler de l’opération qui a cours aujourd’hui en Alsace, menée par Frédéric Bierry, président de la Collectivité européenne d’Alsace ?

 Son combat est de la plus haute importance pour ceux qui croient aux vertus de la décentralisation et qui espèrent la fin de notre jacobinisme d’un autre âge.

De Gaulle avait dit : « L’effort multiséculaire de centralisation ne s’impose plus. Ce sont les activités régionales qui apparaissent comme les ressorts de sa puissance économique de demain ».

Mitterrand avait dit : « La France a eu besoin d’un pouvoir fort et centralisé pour se faire ; elle a aujourd’hui besoin d’un pouvoir décentralisé pour ne pas se défaire ».

Belles paroles ! Et, pourtant, peut-on appeler décentralisation ce « millefeuille » institutionnel, aboutissant à cette situation cynique et ridicule : le social aux départements, l’économique aux régions ? Parfaites lobotomies voulues par le pouvoir central qui, lui, continue à régner en gardant les deux lobes. Toujours le « Diviser pour régner » !

Ce jacobinisme étouffe la France. Cependant, aucun de nos nombreux, candidats à la présidentielle ne l’évoque. Il faut croire que les partis sont trop heureux de préserver ces « cocotiers » de la République que sont les 4015 conseillers départementaux dont l’« utilité » vous apparaîtra d’une manière lumineuse si vous prenez la peine de lire les lamentables comptes-rendus des Assemblées départementales.

Mais (Ô miracle !) Frédéric Bierry a lancé le premier véritable coup de boutoir contre la forteresse de la technocratie étatique.

Cet élu courageux a d’abord obtenu (avec la quasi-unanimité des élus locaux, toutes appartenances politiques confondues) la fusion de fait des deux départements de l’Alsace. Il a ensuite transféré les attributions de ces départements à la Collectivité européenne d’Alsace avec son corollaire : une grande simplification administrative avec un seul guichet pour toutes les formalités du quotidien.

Il lance aujourd’hui le troisième étage de la fusée : refaire de l’Alsace une Région pleine et entière et sortir de la Région Grand Est, un de ces ectoplasmes voulus par Hollande, au mépris de l’Histoire, de la géographie et des identités qui composent la France (à l’exception, merci, de la création d’une Normandie pleine et entière, décision de bon sens).

J’espère, qu’un jour, Frédéric Bierry aura une statue, mais, en attendant, je vous suggère de soutenir son combat en participant à sa « Grande consultation citoyenne » en répondant OUI à sa question : « L’Alsace doit-elle sortir du Grand Est pour redevenir une Région à part entière ? ».

Il n’est pas besoin d’être Alsacien pour voter et, ainsi, adhérer à une proposition de bon sens en aidant nos compatriotes rhénans.

Vous pouvez voter en ligne, jusqu’au 15 février, en allant sur le site de la Collectivité européenne d’Alsace ou sur la page Facebook de FrédéricAlsa Bierry (je répète : vote ouvert à tous et pas seulement aux Alsaciens).

Le résultat de ce vote (un OUI massif, je l’espère) n’aura pas une valeur juridique, mais, plus important sans doute, une incontestable portée politique pour l’ensemble des citoyens français.

Il est temps, en effet, de revenir à des régions qui ont du sens en ce qui concerne l’Histoire, la géographie, l’identité, c’est-à-dire le sentiment d’appartenance… voire la gastronomie.

Des Régions qui permettent une proximité des élus tout en en diminuant le nombre.

Des Régions qui ont un véritable pouvoir (comme en Allemagne, en Espagne, en Italie, en Belgique…), ce qui n’est pas antinomique, évidemment, avec les responsabilités régaliennes fondamentales de l’État central.

Alain Nicolaïdis

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