Sebastian Amigorena, l'un des co-fondateurs de Mnemo.

L’écosystème français de la biotech est en train de saisir que la rapidité de mobilisation financière devient un enjeu essentiel si notre pays veut continuer à rester dans la course de la recherche et du développement mondial. Prenez le cas de Mnemo, cette incroyable jeune biotech tricolore, spécialisée dans le cancer. Elle vient de lever 75 millions d’euros sous l’égide du fond Sofinnova Partners en un temps record !

Tout a commencé en 2019 lorsqu’un chercheur français de l’Institut Curie, le Dr Sebastian Amigorena, convainc un autre chercheur, son compatriote, le Dr Michel Sadelain, émigré aux Etats-Unis (travaillant au Mémorial Sloan Kettering), de venir le rejoindre afin de mettre en commun leurs prometteurs travaux. Spécialisé sur les thérapies cellulaires pour le traitement des cancers, l’approche des cellules CAR-T consiste à reprogrammer des globules blancs pour qu’ils puissent identifier et détruire les cellules cancéreuses, une technologie basée sur l’épigénétique qui est promise à un bel essor. Et pour une fois, tout a été très vite. Entre la création de Mnemo en 2019, le dépôt des brevets en 2017, la mobilisation de Sofinnova et de Bpifrance, tout a joué de concert et à plein, 75 millions d’euros ont été levés aux côtés de Sofinnova Partners, du new-yorkais Casdin Capital et d’autres investisseurs internationaux comme Redmile ou Emerson Collective.

Un signe de plus qui atteste que l’Hexagone devient attractif dans le secteur de la médecine et des sciences de la vie. La levée de fonds de Mnemo le prouve, il est désormais possible de mobiliser rapidement des montants importants. C’est décisif pour rester crédible dans la compétition qui bat son plein dans le secteur de la recherche médicale. Sans reparler de Stéphane Bancel, emblématique patron de Moderna, qui a dû s’exiler aux États-Unis pour lancer son vaccin ARN-Messager. Nul doute que les efforts actuels d’Euronext Paris avec les introductions en Bourse en cours d’OVH Cloud, Spartoo, Believe, voire Aramis contribuent à faire de la capitale la place financière européenne de la tech.

De quoi satisfaire les ambitions de Claire Chabrier, 47 ans, patronne d’Amundi Private Equity Funds, toute juste nommée présidente de France Invest, l’association qui milite pour le développement de la finance au service de l’industrie. Elle accompagne déjà 370 investisseurs dans quelques 7 000 entreprises. En 1980, il y avait en France autant d’ETI qu’en Allemagne. Il y en a aujourd’hui deux fois moins. Ne musardons pas…

Robert Lafont

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