Jean-Claude Lavorel

Jean-Claude Lavorel a créé LVL Médical en 1989, revendu à Air Liquide en 2012 pour créer un nouveau groupe hôtelier indépendant, Lavorel Hôtels sur le créneau de la clientèle d’affaires et celle du luxe. Il vient de diversifier son approche avec le rachat du Château des Ravatys.

Vous avez créé un groupe médical en 1989. La création d’entreprises était-elle dans vos gènes ?

Jean-Claude Lavorel : Dans mes gènes, réellement, profondément. J’ai créé sans succès à 23 ans une société dans la fabrication de prêt-à-porter, c’était très prétentieux et n’a duré que deux ans.

J’ai ensuite fait d’autres tentatives de créations qui n’ont pas abouti pour différentes raisons. J’avais vraiment pour but de montrer ce dont j’étais capable. Avec LVL médical, le projet est parti assez vite et a bien marché. Il n’y avait pas d’entrepreneurs dans ma famille, mon père nous disait au contraire que nous étions des salariés et non des patrons. Il ne comprenait pas cette envie.

Pourquoi le secteur médical ?

Ce fut une opportunité, dans les années 75 je suis entré comme commercial dans le matériel médical et j’ai beaucoup aimé, il y avait du sens, de la technique. La création s’est donc faite sur ce domaine même si LVL Médical était plus orientée sur le patient que sur le médical. Après la vente de l’entreprise, nous avions gardé la filiale allemande, mais nous n’étions qu’un actionnaire passif, nous avons revendu il y a trois ans, car à titre personnel, ce qui m’intéresse c’est l’opérationnel, la stratégie, le fonctionnement…

En 2014, comment êtes-vous passé du médical à l’hôtellerie ?

Alors que j’étais encore dirigeant de LVL, j’avais déjà fait l’acquisition de deux établissements hôteliers, à Courchevel et le Château de Bagnols. Quand j’ai vendu, j’ai trouvé que l’hôtellerie n’était pas si éloignée de mon activité passée. Il faut s’occuper de clients au lieu de patients, qui sont chez nous au lieu d’être chez eux, mais il s’agit toujours du secteur du service. De plus, l’hôtellerie, je trouve cela sympathique, car il faut choisir le lieu, construire le projet, faire de gros aménagements, décorer sans perdre l’âme ni l’histoire de l’endroit. Le tout en offrant une qualité de prestation supérieure.

Pourquoi investir dans le vin avec le rachat du domaine viticole Château des Ravatys ?

Cela fait dix ans que l’on visite des domaines en Beaujolais, Bourgogne, Vallée du Rhône, Bordelais, je ne trouvais rien qui corresponde à mes attentes qui étaient un vignoble de qualité, avec des quantités suffisantes et des bâtis de bonne facture pour de l’événementiel.

Quand l’Institut Pasteur a mis en vente du Château des Ravatys, à une quarantaine de minutes de notre siège, nous avons trouvé notre perle rare, en Brouilly, Côtes de Brouilly et Chardonnay. J’ai acheté un autre petit domaine qui a été rattaché au Château des Ravatys, et depuis il y a tout à faire. Une responsable de domaine a été recrutée, des ouvriers viticoles, le réceptif, etc.

Il y a une grosse démarche commerciale, car nous avons pour ambition de tout vendre en bouteille d’ici les trois ans qui viennent, soit 200 000 cols. Le domaine n’était pas connu car l’Institut Pasteur ne communiquait pas, depuis 18 mois, nous travaillons à réveiller notre belle endormie.

Notre Chardonnay 2021, le Brouilly Les Marquisats et le Côtes de Brouilly Cuvée Mathilde ont été médaillés d’or et d’argent lors de la London Wine Competition, et ont reçu d’excellentes critiques du Wine Spectator et du Wine Enthusiast. Nos vins sont distribués au travers de nos établissements hôteliers, des sept restaurants de mon fils à Lyon.

Nous avons aussi eu le privilège d’être sélectionnés par le groupe de restauration parisien Bertrand, par les brasseries Bocuse entre autres. Nous avons été rapidement intégrés dans des réseaux de restauration, notamment par les Toques Blanches lyonnaises, nous sommes vraiment très heureux de cette acquisition. Sans oublier que les bâtis permettent de faire du réceptif, il y a aussi un très beau parc. L’œnotourisme est une part importante de l’offre, et cela marche plutôt bien.

Vous êtes Président de Destination Beaujolais, l’Office de Tourisme du Beaujolais, quels sont vos objectifs ?

On m’a un peu poussé et je me suis présenté pour être élu en novembre dernier.

J’essaie de faire bouger les choses et cela ne se passe trop mal. Il faut parvenir à faire travailler ensemble toutes les structures associatives, qui travaillent un peu pour un but identique. L’objectif commun est très clair, faire connaitre la région du Beaujolais où il n’y a pas que le vin, il y a aussi des châteaux, un Géoparc classé par l’Unesco, des randonnées, la Saône, des paysages très vallonnés. Et les crus bien entendus, Morgon, Saint Amour, et tous les autres. Nous entendons redorer l’image du Beaujolais malmenée par l’invention du Beaujolais Nouveau. Attention, il a permis de faire connaitre le nom de cette région partout dans le monde, mais il y dix grands crus ici qui valent certains Bourgogne en étant moins chers.

Quels sont vos projets actuels ?

Notre gros projet est l’ouverture d’un nouvel hôtel Kopster à Colombes. Il y a aussi la relance du Hyatt Chantilly, repris l’an dernier à la barre du tribunal, un lieu qui nous apporte beaucoup de satisfactions, avec un spa magnifique, l’endroit est idéal pour les Parisiens en recherche d’un week-end à la campagne près de Paris. Nous sommes également en train de terminer les travaux du Kopster Hôtel Paris Porte de Versailles pour une ouverture en mars prochain. Mais dans ce contexte difficile pour le recrutement, nous sommes obligés de calmer les projets.


Le groupe Lavorel Hôtels

– Les Suites de la Potinière
– Le Château de Bagnols
– Mariott Lyon
– Kopster Hôtel Lyon Groupama Stadium
– Kopster Hôtel Résidence Paris Ouest Colombes
– Black Bass Hôtel
– Palace de Menthon
– Le Chabichou
– Le Jules Verne
– Grand Hôtel Courchevel 1850
– Hyatt Chantilly
– Les Bateaux LyonnaisD
– Domaine viticole, Château des Ravatys

Anne Florin

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