Ultra singularité, non binaire ? Comment s’intégrer dans un monde du travail relativement traditionnel ?

La chronique économique hebdomadaire de Bernard CHAUSSEGROS

La société française évolue et ses pratiques culturelles aussi. Tout cela se fait progressivement, un peu plus rapidement au cours des dernières décennies. Mais globalement, les fondements de notre identité culturelle française évoluent peu. Certes, l’organisation sociale a considérablement évolué depuis le début du XXe siècle. Mais la culture ancestrale dite « classique » est toujours enseignée et la langue, même avec ses évolutions, reste assez stable depuis 120 ans.

En matière de culture populaire, chaque époque a connu ses chansonnettes diffusées à la radio, aussi nulles et sans intérêt qu’aujourd’hui et elles ont disparu. Il en est de même en matière de littérature, de théâtre, de cinéma, etc. Mais de temps à autre, quelques « pépites » ont marqué les esprits et sont entrées dans le panthéon culturel français.

Que la société ait évolué, cela ne fait aucun doute ! Et heureusement sur certains points. Il ne faudrait pas oublier que certains traits que l’on prête aujourd’hui à certaines « civilisations » étaient la norme dans la première moitié du XXe siècle. Les femmes ne géraient pas leurs biens, leurs maris avaient tout pouvoir sur elles, elles n’avaient pas de compte bancaire personnel, elles n’avaient d’ailleurs pas le droit de vote. Globalement, elles obéissaient au chef de famille et leur place étaient « à la maison » ou « aux fourneaux », selon une expression consacrée.

L’évolution programmée de la société

Nos modes de vie sont tributaires des évolutions technologiques. Le XXe siècle a été bouleversé par l’accès à l’automobile et aux avions. Et ces évolutions ne sont pas terminées, en même temps que d’autres comme l’IA (Intelligence artificielle) permettent d’envisager de considérables nouveaux bouleversements ! La curiosité naturelle des êtres humains nous poussera vers des limites peut-être périlleuses ou destructrices si l’on n’y prend pas garde !

C’est le sens de la citation datant de 1532 d’Alcofribas Nasier (autrement connu dans notre Panthéon littéraire sous le nom de Rabelais), « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Il affirmait aussi que « la science ignore sa déraison », idée reprise d’ailleurs par Montaigne lorsqu’il écrit « La vraie science est une ignorance qui se sait ».

Bien plus tard, en 1942, GeorgeOrwell affirme encore plus brutalement que « si des gens comme nous comprennent la situation bien mieux que de prétendus experts, ce n’est pas parce que nous aurions un quelconque pouvoir de prédire des événements particuliers, mais celui de saisir dans quel type de monde nous vivons ». Il s’est écoulé 410 ans entre Rabelais et Orwell, un temps qui nous parait suffisant pour que les scientifiques comprennent leur monde et ses enjeux ! Eh bien, non ! Surtout si l’on se remémore la mission « réussie » d’Enola Gay le 16 juillet 45 sur Hiroshima et sa redite « Bockscar » trois jours plus tard sur Nagasaki ! Voilà ce qui reste des travaux de Robert Oppenheimer, 340.000 morts, puis 195.000 autres morts en deux bombardements. Non pas qu’il faille en tirer comme conclusion que la science c’est le « mal », bien au contraire. La question jamais résolue, c’est que le problème n’est pas dans la science et la recherche incontrôlée, mais dans l’humanité… comme toujours !

Notre société évoluera donc, sans qu’on le veuille particulièrement, sans doute sans bruits, sans conflits visibles, même si, comme toute organisation, elle est peu malléable, et qu’elle est construite de « matériaux » résistants ! C’est toujours la majorité qui commande, qui demande et qui tranche en fin de compte ! Notre société évoluera, c’est une évidence, reste à savoir à quel point et sur quels axes.

L’évolution de notre société dépend du regard que porte sa jeunesse sur le monde qui l’entoure. Par provocation, on pourrait dire que, très globalement, les millénials se passionnent pour ce qui est « jeu ». Et donc, à priori, pas de quoi s’inquiéter sur le devenir d’une société où le but, l’objectif ou le rêve, c’est de « jouer ». Mais rien n’est moins sûr ! Prenons l’exemple du petit enfant, dans son apprentissage de la vie. Il a besoin de « nommer » les choses qui font sa vie, son cadre de vie ! Il veut pouvoir mettre toutes ces « choses » et tous ces « personnages » à leur juste place, dans le rôle qui est le leur. L’enfant nomme les choses de sa vie, la nature, les éléments, les paysages, les monuments… Puis il passe aux personnes qui l’entourent, ses parents en général.

Pour les pédopsychiatres, l’enfant ne peut construire sa personnalité propre qu’en apprenant très vite apprendre à compter. Un décompte très structurant qui n’a pas grand-chose à voir avec les tables d’addition ou de multiplication. L’enfant doit apprend à compter de 1 à 3. Il commence par le UN dont il a immédiatement conscience durant sa gestation, avant même sa naissance. Car il ne fait qu’un avec sa mère. « Maman » et lui sont un seul et même personnage ! Puis il doit apprendre à compter jusqu’à DEUX, car il faut bien qu’un jour il intègre l’idée qu’il y a deux personnages, sa MAMAN et LUI.

Et enfin, il fera le pas de plus en apprenant à insérer la présence de son PÈRE dans sa géographie familiale. Il comprend qu’il est seul face à lui-même. Et, en effet, dans ce cocon familial, il y a au moins trois personnages bien distincts, PAPA, MAMAN et LUI. Ce sont les premières épreuves de sa vie, auxquels on n’échappe pas. D’autant quand, selon de docteur Freud, on y intègre ce célèbre « complexe d’Œdipe ». Il s’agit d’une initiation qui n’a rien de religieuse ou de maçonnique, c’est une initiation à la nature solitaire de l’individu, seul moyen de comprendre comment il doit aborder sa propre vie et comprendre ou tenter de comprendre qui il est vraiment.

Et les parents l’accompagneront très vite dans cet apprentissage de la vie en lui répétant « toi, tu es notre fille » ou « toi, tu es notre fils ». Et qu’il fondera cette certitude parfois incertaine sur le constat physiologique de son image, de son sexe et de sa force physique de plus en plus marquée. Est-ce une norme intangible ou l’héritage d’un passé patriarcal, chaque individu, tout au moins en France, est dès la naissance déclaré à l’état-civil en tant que garçon ou que fille.

Un fondement juridique et administratif

Pour confirmer cette situation administrative, chaque Français se voit attribuer un numéro dit de sécurité sociale commençant par un « 1 » ou un « 2 ». Pas de « 0 » et pas de « 3 » ! C’est le numéro NJR de 15 chiffres qui suit le citoyen durant toute sa vie et se retrouve reporté sur sa « carte vitale ». Il y a donc d’abord ce chiffre unique, le « 1 » ou le « 2 », celui du sexe reconnu par le médecin accoucheur ou la sage-femme.

Puis vient l’année de naissance (2 chiffres), et le mois de naissance (2 chiffres). Vient ensuite le numéro du département de naissance (2 chiffres), complété par le numéro INSEE de la commune de naissance (3 chiffres) et enfin le numéro d’enregistrement dans l’ordre des naissances dans cette commune (3 chiffres). Cela donne cette identité numérique administrative demeurée durant des années en 13 chiffres, mais agrémentée depuis quelques décennies d’une clef de sécurité sur deux chiffres pour donner le fameux numéro NIR en 15 chiffres. Le numéro NIR est le Numéro d’Inscription au Répertoire national d’identification des personnes physiques est donc identique au numéro de sécurité sociale.

Les rapports avec l’administration sont basés sur ce numéro qui, sauf exception, est unique, définitif et ne peut pas être changé. Parmi ces exceptions, l’une d’entre elles mérite d’être citée, celle du changement de sexe. En effet, sous certaines conditions, il est possible de faire constater son changement d’identité sexuelle au moyen d’une procédure judiciaire. Quand une telle décision de justice est prise, le greffe du tribunal doit en aviser l’officier d’État-Civil compétent, lequel procédera aux modifications nationales requises.

On entend régulièrement, encore que très récemment, parler d’individus qui refusent leur appartenance à un genre, « homme » ou « femme », et donc « 1 » ou « 2 » pris en termes administratifs. Ces personnes évoquent leur volonté d’être « non-binaires ». La non-binarité est un terme apparu dans les sciences sociales et dans le lexique « LGBT+ » pour permettre d’identifier les individus qui refusent de se sentir concernées par la norme binaire occidentale moderne. Cette question du « genderqueer » comme le nomment les spécialistes anglo-saxons, relève de « l’intime », et non d’une situation juridique. La question traite donc des personnes qui refusent de s’identifier strictement en tant qu’homme ou que femme, mais souhaitent se positionner différemment, soit entre les deux, soit dans un mélange des deux, voire en aucun des deux.

La loi pénale est très claire en France et stipule que « constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques à raison de leur origine, de leur sexe, de leur situation de famille, de leur apparence physique, de leur patronyme, de leur état de santé, de leur handicap, de leurs caractéristiques génétiques, de leurs mœurs, de leur orientation sexuelle, de leur âge, de leurs opinions politiques, de leurs activités syndicales, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ». Le code pénal définit par ailleurs comme une discrimination à l’encontre d’une personne morale une distinction opérée à raison des mêmes critères appliqués aux membres ou à certains membres de ces personnes morales.

En l’espèce, les personnes qui pourraient se voir critiquer en fonction de leur engagement intime pour une théorie non-binaire, seraient de toute évidence, victimes de discrimination et les actes sources de cette discrimination seraient punissables, pour peu qu’ils tombent sous le coup de la loi, suite à un crime ou un délit.

Une évolution qui s’imposera peut-être

La relation entre une personne et son entourage professionnel est protégée par les textes du droit français en matière de discrimination. Toutefois, il convient de bien faire la différence entre ce que la loi permet et ce que la loi protège, ce qui n’est pas toujours aisé. En effet, toute personne a droit à ce que ses convictions intimes ne soient pas l’objet d’un débat public, d’une agression, voire d’une attitude discriminante. Cela ne signifie pas, corollairement, que cette personne puisse se prévaloir de son état pour se voir octroyer des droits exorbitants du droit commun.

En l’espèce, en l’état actuel du droit civil qui ne reconnait pas d’autre genre que le masculin et le féminin, il ne sera pas possible d’obtenir, par exemple au sein de son entreprise qu’il soit tenu compte des valeurs intimes qu’elle adopte pour obtenir des droits différents de ses collègues d’un genre binaire.

Mais comme on le sait, les mœurs évoluent et ce qui n’est pas reconnu aujourd’hui, pourrait peut-être l’être dans quelques années, même si, actuellement, dans leur grande majorité, les citoyens de plus de 40 ans restent attachés, en-dehors de toute appartenance religieuse, à une conception très judéo-chrétienne de la famille. Mais est-ce le sentiment qui prévaut chez les Millénials, pour qui a conception judéo-chrétienne ne signifie sans doute plus grand-chose tout en étant leur héritage fondamental des 2000 ans qui viennent de s’écouler et qui, d’ailleurs, eux aussi dans leur grande majorité, refusent de s’y référer, et ce avec l’arrière-pensée qui revient sans cesse, de protéger et de développer à outrance leurs libertés individuelles !

La non-binarité n’est pas reconnue officiellement en France à l’heure actuelle. Mais nombreux sont les groupes de pression qui agissent actuellement pour faire reconnaître a minima en dehors de la loi, mai au moins dans les faits, la réalité de situations jugées par certains comme de vraies souffrances. Il en ressort, en l’état actuel des recherches, qu’ont pu être définis les types suivants de personnalités non binaires, même s’il parait difficile en l’état d’en mesurer l’importance statistique :

  • Les personnes « agenre » qui ne se reconnaissent dans aucune identité de genre ;
  • Les personnes « bigenre » qui s’identifient à deux genres à la fois ;
  • Les personnes « bispirituel » qui ne concerne que des autochtones nord-américains non-conformes dans le genre ;
  • Les personnes « demi-genre » se reconnaissent à la fois dans un genre binaire et dans un genre neutre ;
  • Les personnes « genre fluide » dont le genre varie au cours du temps ; on utilise aussi le terme anglais « genderfluid » ;
  • Les personnes « genderqueer », terme synonyme de non-binaire ;
  • Les personnes « neutrois » qui ont une identité de genre qui est neutre, donc appartiennent à une troisième catégorie, autre que le masculin ou le féminin ;
  • Les personnes « non-binaires » qui ne se reconnaissent pas dans le genre qui leur a été assigné à la naissance, et qui se situent en dehors des normes du féminin et du masculin ;
  • Les personnes « pangenre » qui se situent au-delà du genre même ;
  • Les personnes « transgenre ou trans » qui estiment avoir un genre différent de celui qui leur a été assigné à la naissance ;
  • Les personnes « transféminin » ou « transmasculin » qui souhaitent décrire un aspect de féminité ou de masculinité dans leur identité.

Quel avenir ?

Les civilisations occidentales ont, dès 1968, opté pour une libéralisation de leur organisation sociale. Des progrès notoires ont été faits, notamment en termes de protection des femmes, par exemple par la loi Weil sur l’interruption de grossesse. Néanmoins, cette liberté nouvelle ne fait que masquer de dures réalités dont les médias sont l’écho aujourd’hui avec la recrudescence effarante des « féminicides », preuve que les femmes restent en dépit de toutes les évolutions, les victimes privilégiées des mâles sauvages et non éduqués.

Parallèlement, cette évolution des mœurs qui était censée être une réponse aux femmes victimes de grossesses non désirées, voire de relations sexuelles imposées, a été aussi l’objet de réactions conservatrices de la part de groupes de pression divers.

D’une manière générale, les années suivant 1968 ont, certes, vu les libertés de toutes natures se développer, amour libre, radios libres, etc. et la tolérance s’épanouir au sein de nos sociétés. Mais cela s’est fait également dans des conditions qui frisent très souvent l’excès. L’État de droit et la démocratie offrent à tous des droits égaux mais imposent à tous des devoirs…qui ne sont plus vraiment respectés. C’est ainsi que l’on entend souvent des affirmations telles que « j’y ai droit » alors qu’il ne se dit pas souvent « c’est mon devoir » !

Le débat risque d’être faussé, biaisé. En effet, les jeunes générations soutiennent avec une certaine forme de révolte que les « devoirs » ne sont pas une valeur juridique corollaire à celle du droit, et qu’ils n’ont pas été décidés par eux/elles/ils/etc. mais par les générations qui les ont précédés. Même si cet équilibre politique et juridique est le résultat de combats longs et difficiles menés par des citoyens épis de liberté, notamment depuis la Révolution de 1789, les enfants du XXIe siècle estiment qu’ils n’ont pas participé aux discussions sur la question des devoirs et que ceux-ci limitent donc de facto leurs droits et leurs libertés. Pour eux, il y a d’abord les droits (et encore, on ne retiendra que ceux qui les aideront dans leur toute-puissance) et, après seulement, on évoquera les devoirs dont on pourra discuter.

Discussion dont on atteint rapidement les limites car elle est trop facilement perçue comme une atteinte à leurs libertés. Ce constat est décevant car il est celui d’un débat très pauvre et d’un obscurantisme profond, dans la mesure où l’on ne peut pas en sortir gagnant. Dans toute discussion sur l’évolution d’une société, il faut un point de départ sur l’axe temporel. A termes, tout aura toujours été décidé par d’autres avant nous !

Or, c’est une réalité tangible, la liberté personnelle est contrainte par le respect que l’on doit à autrui et ne permet pas d’imposer son libre arbitre à ses proches, ses voisins ou ses collègues, alors que la société elle-même impose aux citoyens son propre libre-arbitre. Et fatalement, on assiste périodiquement à des renversements de situation, et à des changements brutaux des mentalités. Ainsi, ceux qui prônaient la liberté durant les trente glorieuses sont brutalement devenus relativement intolérants aux excès commis par ceux qui abusent de leur liberté absolue et imprescriptible.

Les mentalités suivent le mouvement habituel du balancier. À une période de grande liberté, d’euphorie et de confort économique (tout cela est souvent lié) succédera une période plus sombre, plus dure pour les faibles, plus liberticides pour les démocraties, même si c’est parfois sans que l’on s’en aperçoive de façon consciente.

Pour en revenir à la question du « genre » On sait que quelques rares pays reconnaissent un genre non binaire dans leur état civil. La Belgique, pour ne citer qu’elle, serait prête, peut-on lire dans certains articles, à envisager l’effacement légal de l’un de ses repères anthropologiques fondamentaux : la binarité des sexes. Cela voudrait dire que le droit belge abandonnerait la mention du sexe dans l’identité des citoyens et des citoyennes, ou pour ne pas « mégenrer une personne » des « citoyen·ne s » en inclusif, des « citoyen·ne·x » en non binaire ou des « citoyennx » en neutre. Mais rien n’est simple et n’est encore acquis en royaume de Belgique et le projet a d’ores et déjà été évoqué et orienté par un arrêt de la cour constitutionnelle.

En effet, la non-binarité s’imposera peut-être dans la langue française, ce qui fait frémir les défenseurs de la langue et de la Francophonie répartis sur les cinq continents. Car, même avec ses particularismes, le français parlé en Belgique, en Suisse, en Louisiane ou au Québec, reste fondé sur les mêmes héritages gréco-latins.

Et donc, les personnes non binaires peuvent choisir, chacune pour elle-même, d’employer des pronoms neutres, une combinaison de pronoms genrés ou bien encore décider de n’employer aucun pronom pour se désigner.

 Les pronoms utilisés peuvent également varier pour correspondre à l’identité temporaire de genre de la personne en fonction de la période qu’elle vit. Leur emploi dépend souvent de l’environnement dans lequel la personne non binaire évolue. C’est d’ailleurs un peu le cas en Anglais, mais à la marge, puisque la différence entre le « tu » et le « vous » n’existe que dans l’intonation donnée au verbe, et où l’article défini « the » ou l’article indéfini « a » sont à la fois masculin, féminin et neutre…

Mais la transition de genre n’est pas chose aisée ! Si pour ce qui est du langage, les personnes se voulant non binaires usent de quelques pratiques qui peuvent agacer l’entourage, changement de pronoms, changement de prénom, que ce soit dans l’usage courant, ou à l’état civil après décision judiciaire, modification de son apparence notamment vestimentaire ou modification de la voix, au plan médical, la transition peut prendre la forme de décisions irréversibles, traitements hormonaux de substitution ou opérations chirurgicales parfois psychologiquement violentes, sans parler des implications sur la santé mentale des patients. Certains des candidats à la non-binarité recherchent une expression de genre plus neutre tandis que d’autres veulent surtout prendre du champ avec les marqueurs physiques associés à leur genre assigné à la naissance.

En conclusion, il faut savoir que cette volonté de non-binarité sera l’occasion de combat entre tenants du conservatisme et passionnés de l’évolutionnisme. Comme certains le pensent, le poids des seconds sera insuffisant pour faire changer la loi. Pour d’autres, le combat qui semble n’être aujourd’hui qu’une mode, s’imposera sur l’autel des libertés individuelles.

Et comme dans ce pays, on est prêt à toutes les concessions pour donner l’illusion de l’intelligence… nul ne sait ce que sera l’avenir psychologique des générations à venir. Le penseur et essayiste Pierre Rabhi écrivait d’ailleurs en évoquant non pas la binarité, mais la cause environnementale pour laquelle il a œuvré toute sa vie, qu’il ne fallait pas tant se soucier de la planète que l’on allait laisser à nos enfants, mais des enfants qu’on allait laisser à notre planète.

Bernard Chaussegros

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