Par Louis Thannberger, co-fondateur avec Robert Lafont, président de Lafont Presse, du Cercle des PME non cotées, cotables, et cotées.

Tribune. Parce que la moitié des entrées en Bourse de ces dernières années se sont faites sur la base d’entreprises surévaluées et de levées de fonds surdimensionnées, le premier jour, elles ont plongé dans la foulée… dès lors que les fruits attendus n’étaient pas à hauteur de ce que les fleurs laissaient espérer. Je tiens cette phrase du Président de l’Autorité des Marchés Financiers, autorité suprême de la Bourse, s’il en est.

Les entreprises concernées ont trinqué, les actionnaires individuels et investisseurs institutionnels aussi. A l’heure où les français retrouvent de l’appétit pour la Bourse, plus jeunes qu’avant, selon le Figaro du 21 avril 2020, le moment est particulièrement opportun pour remettre dans le domaine de l’introduction en Bourse beaucoup de choses à plat. Sur un plan plus général, il est probable que la sortie de crise soit plus délicate pour les grands groupes, plus diversifiés et plus mondialisés que pour les PME, plus agiles et campées sur des niches.

L’heure d’ACCESS est arrivée

Euronext a eu la grande idée de créer ce compartiment il y a trois ans, mais il n’a pas encore connu le succès que l’on attendait. Les compartiments régulés comme Euronext Growth ou Euronext A, B, C baignant dans une euphorie générale, jusqu’à la fin de l’année dernière, comme on a pu le lire un peu plus haut ont pris le pas sur ACCESS.

Dans mon dernier message, je disais qu’Euronext devrait accueillir des TPE/PME en masse, un pour les aider de sortir la tête de l’eau, deux pour sécuriser son propre fonds de commerce en renouvelant le tissu boursier de la Place de Paris. D’autant qu’il n’est plus tout à fait prouvé que les numéros un mondiaux pourront ou aient envie de le rester.

Bref, ACCESS est l’instrument idéal pour des patrons de PME qui veulent accélérer, mais ont compris aussi qu’ACCESS était à l’introduction en Bourse ce que le tour de chauffe –qui prévaut avant chaque départ – est à la F1. C’est parce qu’il n’y a pas eu de tour de chauffe sur les autres compartiments, au cours des dernières années, qu’il y a eu autant d’accidents. Pour les investisseurs institutionnels et singulièrement individuels, ACCESS est une sécurité pour ainsi dire absolue, dès lors que la Bourse est et restera pour toute entreprise une affaire de crédibilité croissante, la sélection se faisant d’elle-même, c’est-à-dire par le Marché, le juge de paix.

Et quand, après un an, le cours aura progressé parce que le prix d’entrée le premier jour aura été raisonnable et les premières prévisions tenues, le transfert sur un compartiment régulé ou règlementé, ne sera pour ainsi dire plus qu’une formalité comme pour des dizaines et dizaines de TPE auxquelles j’ai mis le pied à l’étrier et dont la plupart sont devenues des PME et parmi elles, quelques-unes des ETI comme Ecco (entré en bourse sur le hors-cote) devenu Adecco et numéro un mondial du travail temporaire depuis.

Comme quoi, le monde nouveau est dans le monde ancien.

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