L’année 2020 a été marquée à la fois par une baisse de la contrebande de cigarettes (cigarettes achetées à l’étranger), et par une hausse des ventes de cigarettes de contrefaçon, selon une étude de Seita (Imperial Brands), publiée par Le Figaro. Une baisse de des achats frontaliers qui est toutefois en trompe-l’œil, puisqu’elle s’inscrit dans le contexte de la crise sanitaire, des confinements et des fermetures des frontières.

Après plusieurs années de hausses constantes, la part des achats à l’étranger hors réseau officiel (bureaux de tabac), a sensiblement baissé au deuxième trimestre 2020, pour se situer à 24,4% des achats totaux de cigarettes en France. Il faut remonter à 2017 pour trouver un taux aussi bas de ventes hors réseau (24,57% en 2017 contre 28,55% en 2018 et 30,13% en 2019).

Explosion de la contrefaçon de cigarettes durant la crise sanitaire

Pas question pour autant de se réjouir de chiffres encourageants en matière de lutte contre le tabagisme. Car ces chiffres sont à replacer dans le contexte de la crise sanitaire du Covid-19, et notamment des deux confinements (de mars à mai et d’octobre à novembre), avec des limitations des voyages transfrontaliers et des fermetures de frontières, qui ont considérablement ralenti le rythme des achats de cigarettes à l’étranger, notamment dans les régions frontalières.

Dans le même temps, les ventes de cigarettes de contrefaçon (copies de cigarettes de marques légales produites dans des usines clandestines) ont explosé au cours de la même période, pour s’élever à 11,9% des ventes totales de cigarettes en France contre 3,75% en 2019. Un phénomène qui s’inscrit aussi dans le contexte de la crise sanitaire, mais qui vient également consacrer une tendance fortement à la hausse des cigarettes de contrefaçon observée depuis plusieurs années (2,1% de la part des ventes en 2017).

La contrefaçon favorisée par la hausse des taxes

Bien que non-soumises aux normes sanitaires et distribuées par des réseaux criminels, les cigarettes de contrefaçon sont aussi de plus en plus demandées par les fumeurs. En cause, l’augmentation de la fiscalité du tabac au cours des dernières années, qui ne s’est pas traduite par une baisse équivalente de la prévalence tabagique en France. « Les augmentations incessantes des taxes favorisent surtout les réseaux criminels, avec les risques en découlant pour la sécurité de tous » explique Basile Vezin, porte-parole de Seita, l’un des principaux fabricants de cigarettes en France qui commercialise notamment les marques Gauloises, News ou encore JPS. « L’explosion des cigarettes de contrefaçon, relevée en 2020, est particulièrement alarmante et démontre que si les français ne sortent pas du tabac, ils sortent bel et bien du réseau des buralistes et se tournent vers des produits qui échappent à tout contrôle, lorsqu’ils ne peuvent passer les frontières ».

Selon une étude de KPMG, les trois principaux pays de provenance des cigarettes de contrefaçon consommées en France sont l’Espagne (26%), l’Algérie (12,6%) et la Belgique (12%). L’explosion de la contrefaçon de cigarettes, mais également les achats à l’étranger suivent sans surprise des courbes parallèles aux hausses des prix du paquet de cigarette en France. Selon le dernier rapport de Santé Publique France, 48% des cigarettes consommées dans la région frontalière des Haut-de-France sont achetées en dehors du réseau national des buralistes. Et toujours selon Santé Publique France, la prévalence tabagique est passée de 32% à 31,8% malgré une hausse de la fiscalité sur les cigarettes de 40% entre 2017 et 2020…

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