Quelle personnalité se cache derrière Guillaume Pépy, l’homme qui est à la tête depuis 2008 d’une des plus grandes entreprises française : la SNCF ? Notre enquête.

Si la SNCF est un fleuron français, pour un manager, elle représente un vrai défi et son président a du pain sur la planche. Entre les enquêtes sur les vols de rails et les accidents de ces derniers mois, les grèves qui planent comme autant d’épées de Damoclès, les coordinations avec les pays européens, autant dire que le stress est au rendez-vous. Mais Guillaume Pépy aime cette entreprise et a déjà commencé à lui faire faire des pas de géants, nécessaires il est vrai.

Guillaume Pépy  : un énarque aux commandes

Ce haut fonctionnaire de 55 ans, énarque, connaît les couloirs de la grande fonction publique. Il a fréquenté les cabinets ministériels pendant plusieurs années, mais c’est bien la SNCF qui est son monde. Entré une première fois en 1988, il est passé par tous les postes du grand encadrement et connaît la maison comme sa poche.

Il est aussi à l’origine de quelques révolutions. L’une de ses initiatives les plus marquantes a été le développement d’une nouvelle politique tarifaire inspirée du transport aérien afin d’améliorer le taux d’occupation des trains. Il fait l’unanimité : nommé directeur général exécutif par Louis Gallois, confirmé par Anne-Marie Idrac, c’est finalement Nicolas Sarkozy qui en fait le président de l’entreprise avec la mission de moderniser « la vieille dame ».

Confirmé dans ses fonctions il y a un an par le nouveau gouvernement, il peut ainsi poursuivre la réforme qu’il a mise sur pied. Sa feuille de route est claire, Frédéric Cuvillier a donné sa « feuille de route : réussir la réforme ferroviaire ».

Guillaume Pépy : un caractère bien trempé

L’homme est actif, voire hyperactif, plutôt optimiste et délibérément positif. D’allure sportive, il est un excellent communicant empli d’énergie et de force pour convaincre. Mieux vaut en effet qu’il soit solide, car le poste n’est pas de tout repos. Les quelques 250 000 euros de sa rémunération annuelle ne sont pourtant pas à la hauteur des grands patrons français, mais il ne semble pas tenté par d’autre sirènes.

Cet homme qui aime parler de son métier se ferme comme une huître dès qu’il s’agit de sa vie privée, qu’il entend laisser dans l’ombre. On ne sait rien de ses hobbies et passions. On peut simplement affirmer qu’il était un ami très proche de Richard Descoings.

Une vie SNCF

Passionné par son sujet, il vit, boit, mange SNCF , apparemment sans se lasser. Il aime pratiquer l’humour et l’apprécie chez les autres. Un bon moyen d’éviter la grosse tête de certaines personnalités. Très exigeant, à la fois avec lui-même et les autres, il est à même de prendre des décisions drastiques en assumant ses responsabilités.

Il ne se défile pas dans les coups durs, comme en juillet dernier lors de l’accident de Brétignysur- Orge. J.C. Alquier, ancien patron de TBWA France  définit son style ainsi à cette occasion : « Réactivité et présence immédiate sur le terrain, compassion, prise de parole claire et rigoureuse, exercice de transparence, tout le style de Pépy est là . » Il n’aime rien tant que d’être au contact des clients et des salariés.

SNCF veut devenir leader mondial

Et son ambition pour « son » entreprise est grande : devenir le leader mondial. Rien ne semble le décourager tant il est concentré sur ses objectifs. Manager modèle, ce diable d’homme n’aurait-il donc pas de défaut ? Si évidemment, mais il est vrai qu’il est difficile à prendre en défaut. Charismatique, disponible si l’on considère sa charge de travail, il dispose d’une mémoire hors du commun, mais l’on peut se demander si le manager a le temps de dormir.

Ce projet d’entreprise est absolument fondamental dans l’esprit de Guillaume Pépy. Le défi principal est de parvenir à concilier transport de masse et voyage sur-mesure afin de prendre en charge le voyageur de porte à porte, et non pas de gare à gare. Ce challenge signifie un véritable renouveau de culture, car le monde change. Ce n’est plus la Deutsche Bahn  qui est le grand concurrent, mais les géants du numérique ou des entreprises nouvelles qui viennent grignoter le business de la SNCF.

Par exemple Blablacar , leader du covoiturage en Europe, qui concerne aujourd’hui 600 000 voyageurs par mois. Pour parvenir à cet objectif, cela signifie une campagne de grands travaux (qui devaient être financés en partie par l’Ecotaxe…), une simplification de la politique tarifaire, et aussi des économies (700 millions d’ici 2015). Un chiffre à retenir : Gagner 1,3 milliard en 2020. A suivre…

LAISSER UN COMMENTAIRE

Tapez votre commentaire
Entrez votre nom ici