Drones, voitures «intelligentes», humanoïdes d’assistance, robots de sécurité… avec un marché estimé à 200 Mds€ en 2023, la robotique est l’un des enjeux majeurs du XXIème siècle. Un train déjà en marche à prendre immédiatement.
 

La «robolution» est en marche. «Aujourd’hui, le marché de la seule robotique de service représente 5 Mds€ à l’échelle mondiale. C’est le poids d’Internet dans les années 90. Et c’est l’un des rares secteurs à connaître une croissance à 3 chiffres.

En 2023, il devrait atteindre 200 Mds€. Chaque année, des centaines de start-up se créent en France», s’enthousiasme le multi-entrepreneur spécialisé en technologies interactives Bruno Bonnell, cofondateur d’Infogrames, désormais à la tête de Robopolis (robotique de service, 69 M€ de CA) et d’AWAbot (plates-formes robotiques, 1 M€ de CA), mais aussi président de Syrobo (Syndicat européen de la robotique).

À 55 ans, ce pionnier de la robotique de service en Europe sait que quoi il parle… au point d’avoir créé en 2012 Robolution Capital (avec Primnext et Arkos) le premier fonds européen dédié à la robotique de service. Doté de 80 M€, Robolution Capital, ce fonds d’investissement public-privé, s’impose comme un des piliers de l’écosystème robotique en France et en Europe, pour répondre aux challenges et encourager les initiatives de ce secteur en très forte croissance.

Un rôle de réindustrialisation

«Un robot est une machine savante, plus qu’intelligente, qui fonctionne grâce à 3 composants : des capteurs pour comprendre son environnement, des processeurs pour l’analyser et prendre une décision adéquate, et des actionneurs pour agir sur le monde réel», explique l’expert entrepreneur.

La France tarde à prendre le train de la robotisation

Enjeu majeur de nos sociétés postindustrielles, la robotique est donc le ferment de mutations radicales, largement amorcées dans les secteurs de l’industrie manufacturière, des transports, de la chirurgie, de la logistique, de l’agriculture et de la sécurité. Avec ses sites de production qui figurent parmi les moins «robotisés» des pays développés (31.600 robots en 2014 contre 1.750.200 en Allemagne*), et une robotique de service qui en est encore au stade embryonnaire, l’Hexagone tarde à prendre le train de la robotisation.

Pour autant, Bruno Bonnell reste convaincu que la France a une carte à jouer. Selon lui, la filière robotique peut jouer un rôle de réindustrialisation… «à condition de protéger ses futurs leaders !».

La France a, en effet, toutes les cartes en main pour constituer une filière robotique puissante et génératrice d’emplois : un haut niveau de recherche, des ingénieurs de qualité et des start-up florissantes : ECA Robotics et Cybernetix, sociétés françaises spécialisées dans les robots sous-marins, leaders sur leur marché, Aldebaran, leader mondial de la robotique humanoïde à l’origine du robot Nao… pour ne citer qu’elles !

Et ce n’est pas un hasard si, en avril dernier, en marge du Salon de l’industrie de Lyon, les deux grands syndicats professionnels de la robotique français, Symop (robotique industrielle et rattaché à la Fédération des industries mécaniques) et Syrobo (robotique de service) ont fusionné, le premier intégrant le second en conservant ses spécificités.

Un rapprochement dont les enjeux sont économiques et industriels, même s’il s’agit d’abord «de se mettre au niveau des grands compétiteurs asiatiques», confie Bruno Bonnell. D’ailleurs, dans une récente étude, Xerfi anticipe un triplement du chiffre d’affaires des acteurs de la robotique française de service d’ici 2020.

«La robotique apporte des solutions à 3 phénomènes de société majeurs : l’urbanisation, le vieillissement de la population et le problème environnement», confirme celui qui a construit son premier robot à 10 ans. «Les robots ne peuvent que s’imposer et j’espère que la France deviendra vite la Californie de l’Europe». Nous aussi !

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