Cela fait près de 50 ans depuis que la souche du riz hybride a été mise au point par le scientifique chinois Yuan Longping, décédé le 22 mai 2021. Ce chercheur laisse derrière lui un héritage alimentaire d’un apport non des moindres qui a aidé plusieurs millions de personnes dans le monde à sortir de la pauvreté.

Arme importante dans la lutte contre l’insécurité alimentaire, des chercheurs chinois et d’autres pays ont pris l’engagement de poursuivre des études sur le développement de cette souche du riz hybride à huit rendement, qui est déjà à sa troisième génération. Une belle manière d’honorer la mémoire du père développeur de cette variété du riz. Très précisément, le riz hybride a l’avantage d’être cultivé sur de petites superficies. Son pouvoir germinatif est tel qu’il peut donner des tonnes et des tonnes de riz sans avoir besoin de larges étendues de terres. Cette fonctionnalité aide beaucoup plus de pays en manque de terrains cultivables.

Par exemple, les souches du riz hybride cultivées sur une superficie représentant moins de 9% des terres arables à l’échelle mondiale, parviennent à nourrir près d’un cinquième de la population mondiale. Pas seulement en Chine, son pays d’origine, plusieurs autres pays et régions du monde ont également fait la bonne expérience de cette merveille agricole. Les pays africains comme Madagascar, le Nigéria, le Kenya et le Mozambique ont réussi à trouver un équilibre parfait dans leurs activités agricoles. La production céréalière dans ces pays, notamment de cette variété du riz, a joué un rôle majeur dans la sécurité alimentaire des pays dont souvent les populations, disposant des terres cultivables, souffrent de faim.

Un rendement de 3 à 10 tonnes

Présentement la Grande Île de Madagascar récolte jusqu’à 150 000 tonnes de riz hybride, et ce pays espère trouver suffisamment des garanties, pour se mettre à l’abri de l’insécurité alimentaire et promouvoir son développement agricole en s’appuyant sur la culture à très grande échelle du riz hybride chinois. A en croire les récentes données du ministère malgache de l’ Agriculture, Elevage et Pêche (MAEP), la moisson du riz hybride est très bonne, avec une récolte moyenne qui est passée de 3 à 7 ou 8 tonnes de riz par hectare. Des chiffres qui peuvent atteindre 10 tonnes dans certaines régions de ce pays. La moitié des 22 régions malgaches pratique une culture intensive du riz hybride.

L’année dernière, le MAEP a acheté 500 tonnes de semences de riz hybride chinois, pour étendre la plantation du riz hybride. A l’heure actuelle, ce riz est cultivé sur une superficie de plus de 50 000 hectares, fait de Madagascar le premier pays africain à avoir réalisé le développement de toute la chaîne industrielle du riz hybride : la sélection de semences, la production de semences, la plantation, la transformation et la vente. Certes, la disparition de Yuan Longping laisse un vide, mais ses disciples formés un peu partout dans le monde, devenus aujourd’hui de grands chercheurs, ne comptent pas en rester là. Ils sont animés tous par le souci de perpétuer l’œuvre de leur maître. Plusieurs centres de recherches et cadres d’échanges sur le développement du riz hybride chinois existent entre la Chine et Madagascar.

Le ministre malgache de l’Agriculture, Elevage et Pêche, Fanomezantsoa Lucien Ranarivelo, a, dans un communiqué publié sur sa page officielle Facebook, reconnu la force des travaux de l’académicien chinois Yuan Longping. « C’est grâce aux résultats des travaux de recherche qu’il a réalisés que les Malgaches bénéficient aujourd’hui d’un rendement rizicole, qui est passé de 3 tonnes/ hectare de paddy à 10 tonnes », avait fait observer le patron de l’Agriculture malgache.

Gérard Meftah

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