Tribune. Je gère mon troisième krach :1987 – dit krach du siècle – 2007/2008 – le plus grand krach jusque-là de tous les temps – 2020, celui qui nous occupe en ce moment.

Après nous avoir fait craindre, le pire comme chaque fois, les indices repartent de l’avant pour imprimer au Marché une piste, sans doute résolument haussière et durable, jusqu’au prochain krach, il y en a toujours eu, et il y en aura toujours.

Le plus difficile à faire comprendre à un chef d’entreprise, c’est ceci : le meilleur moment pour entrer en bourse et financer l’entreprise par le Marché, l’épargne publique, en plus du crédit, c’est quand les investisseurs sont prêts à parier sur elle, à acheter ses actions et non pas quand elle décide de les leur vendre. C’est déjà trop tard, c’est déjà le passé.

Aussi, attendre que l’entreprise soit prête ne veut rien dire d’autant qu’elle ne l’est jamais et si, d’aventure elle l’est, le train s’est déjà élancé. Sans compter, qu’une trop grande réflexion contrecarre l’action ! Je dis souvent qu’il faut réfléchir après et non pas avant, d’autant que la Bourse est également peu ou prou, une assurance tout risque. On le constate en ces temps de confinement, alors que presque tous les groupes du CAC 40 viennent de payer un lourd tribut à la baisse, les petites entreprises et singulièrement les TPE/PME de la santé après des débuts souvent chaotiques, flambent en bourse, battent tous les records de hausse, tiennent leur revanche, n’en déplaise à ce journaliste qui avant de lancer son émission, à partir d’Euronext à la Défense, dit ceci, en février dernier : « C’est ici que bat le cœur du CAC 40 ! » Comme quoi, il bat souvent aussi dans les TPE/PME.

En bourse aussi, l’histoire n’est pas écrite à l’avance.

Quoiqu’il en soit, l’investisseur américain mondialement connu et surtout très suivi : Warren Buffet affirmait il y a quelques jours :

« Le meilleur moment était il y a 20 ans, le deuxième meilleur moment, c’est maintenant. » Il faut lui rendre justice, il y a quelques mois il disait : « Je n’achète plus rien, tout est trop cher. »

On était en haut de cycle, le moment le plus dangereux pour une entrée en bourse qui  veut durer en tous cas. Les statistiques sont formelles.

In fine, le meilleur moment, c’est quand on y est, le meilleur moment, c’est surtout, quand la Bourse est en bas de cycle.

A propos, voici ce que vient de me dire un chef d’entreprise : « Comme lors du krach de 2007/2008, je veux m’introduire en bourse le plus vite possible. De deux choses l’une, ou c’est la fin du monde ou les entreprises et l’économie repartiront de l’avant. » Il poursuit : « A partir de là, ou je finance, dès l’amorce de la hausse, mon entreprise par le Marché, ou je rachète mes concurrents à un prix avantageux, ou je me constitue un trésor de guerre. Je sais qu’en agissant ainsi, je les distancerai irrémédiablement, ils ne me rattraperont plus. Je sais que c’est maintenant que je fais la différence, dans 6 mois, il sera trop tard, d’autant que le CAC 40 se redresse déjà. A 4500 le 10 avril 2020, il vient de 3754 le 18 mars dernier. Il était à 6148, le 19 février dernier. Ceci étant, il encore loin de son record de 7000 de l’an 2000.

Une grande idée que je développe plus loin est celle-ci, je l’ai héritée des anciens. Il y a des entreprises dans lesquelles leurs propriétaires croient dur comme faire qui pourrait raisonnablement les en blâmer et il y a la Bourse, le Marché qui elle ou il fonctionne suivant la psychologie des foules. Rien à voir !

Comme le montre donc l’indice du CAC 40 des jours derniers, les investisseurs se placent déjà. Pourquoi ?

  • Les liquidités n’ont jamais été aussi abondantes
  • Ils anticipent la reprise de 2022/2024
  • Ils n’achètent pas telle valeur plutôt que telle autre, ils achètent le Marché c’est-à-dire toutes les valeurs dont ils feront leur sélection plus tard, en faveur des plus belles et pour prendre vite leur plus-value sur les autres. La logique est implacable.

De cette situation, j’invite et pour cause, les chefs d’entreprise les plus ardents, les plus opportunistes surtout, ceux qui sont prêts à installer un GPS sur leur tableau de bord, à en profiter au plus vite, d’autant que : « Le train ne sifflera pas trois fois ». Contrairement au titre de ce film culte, que nous connaissons tous.

Et si, d’aventure, la reprise est plus lente et plus lointaine que prévu, ce sera de la faute du Covid 19, ceci étant, l’argent aura été pris avant. Comme quoi, la sécurité est dans le mouvement et le mouvement vient en marchant.

Voici ce que dit l’argentier du foot Jean-Claude Darmon, dans son livre « Au nom du foot » :

« Un, je peux financer le développement de mon entreprise, deux, je peux afficher ma transparence financière, trois, je renforce ma notoriété, quatre, je récupère une jolie somme à titre personnel.»

Tout est dit, sauf que partout, à commencer par les banques, pour être respecté voire craint, il faut être… coté, un mot magique depuis des lustres.

Louis THANNBERGER, Président IPO n°1

LAISSER UN COMMENTAIRE

Tapez votre commentaire
Entrez votre nom ici

douze − dix =