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Des entrepreneurs français ont vite compris que la toile pouvait être un formidable tremplin pour leurs startups spécialisées dans le créneau du gaming digital et sportif.

La pandémie a renforcé la tendance, mais en réalité le mouvement était déjà lancé bien avant 2020. Le e-sport désigne le sport électronique, concrètement la pratique et les compétitions de jeux vidéo, un marché immense et mondialisé. Si le nombre de joueurs ne cesse d’augmenter, les structures sont assez récentes, et généralement rentables. Les sources de revenus de ces entreprises d’un nouveau genre ? Parrainages et publicité essentiellement, ainsi que dans une moindre partie des droits médias, du merchandising-billets. Les grands groupes suivent tous de très près ce nouveau marché et deviennent des sponsors possibles et recherchés. S’intéresser à l’e-sport, c’est entrer dans l’univers du « gros » business, car le marché ne cesse de croître.

Pour se convaincre, il n’est qu’à constater qu’Amazon a déboursé un milliard de dollars pour racheter Twitch, plateforme de streaming de jeux vidéo. Quant au comité des Jeux Olympiques, il réfléchit sérieusement à introduire cette discipline dans son organisation.

FaZe Clan : 40 millions de dollars !

FaZe est une organisation professionnelle américaine d’e-sport créée en 2010 qui a connu un succès immense avec son jeu « Call of Duty » avant de diversifier son offre. L’équipe de trois joueurs qui ont fondé le « Clan » s’était connue sur ce jeu pour lequel ils créaient du contenu, et ont réussi à conquérir un public fidèle et important. En 2012, ils décident d’échanger des informations sur leur quotidien, leur vie de gamers, leurs intérêts sur YouTube de façon de plus en plus professionnelle. Sans être de vrais champions, l’équipe essaime sur d’autres jeux, d’autres pays et continue à faire le buzz et attirer des fans.

Chaque participation du FaZe Clan attire de nouvelles recrues pour devenir un vrai pôle d’attraction mondial. L’entreprise FaZe commence comme ses concurrentes à s’intéresser de près à l’ensemble de la blockchain et à l’espace crypto, mais imagine aussi disposer dans le futur d’un vrai stade dédié aux grands sports électroniques, les fondateurs ont aussi commencé à diffuser du contenu de jeu diffusé en direct exclusivement sur Tik Tok.

Un clan et un monde à part ?

Certainement, surtout si vous êtes plutôt du côté des plus de 50 ans. Il s’agit néanmoins d’un secteur passionnant qui détone avec ses noms curieux et son public passionné. Eric « FaZe ClipZ » est l’un des trois fondateurs de l’association, quand il évoque les débuts, il ne peut nier que rien ne laissait présager l’énorme succès qui allait suivre. Le jeune gamer rêvait au départ d’intégrer une équipe de joueurs, mais cela lui semblant impossible, il décida avec deux amis de créer la sienne, clan FaZe se lança directement sur YouTube. Il dit lui même qu’ils étaient des gosses passionnés, qui se sont familiarisés ensuite pour pouvoir mettre en avant le « Clan » sur diverses plateformes.

Gagner de l’argent en jouant

L’une des raisons du succès est aussi que chaque gamer de e-sport qui pratique la compétition a la sensation que tout est possible, car les sommes en jeu sont importantes. Ainsi, un jeune joueur dénommé Bugha a joué de chez lui dans un tournoi en ligne jusqu’à finalement gagner trois millions de dollars. Kyle Giersdorf, de son vrai nom, est devenu le premier champion du monde en solo du jeu vidéo Fortnite à 16 ans. Dernier survivant de son île virtuelle, il a fait preuve d’un beau sens de la stratégie. Trois autres joueurs américains sont devenus millionnaires pendant cette Coupe du Monde virtuelle, sans oublier un jeune Argentin de 13 ans qui a empoché 900 000 dollars, une option rendue possible par le fait que l’éditeur du jeu, Epic Games, a doté cette première coupe du monde de… 30 millions de dollars ! Les spectateurs quant à eux regardent en ligne ou se rassemblent dans des stades pour partager leurs émotions.

Gamestream : leader mondial français

Ce leader mondial du cloud gaming ou jeux vidéo en streaming a été financé à hauteur de 3,5 millions d’euros et il est français ! L’un des rares dans cet univers à s’être spécialisé dans le B2B. En effet, on n’arrête pas le progrès. Aujourd’hui, les parents n’achètent plus de jeux pour leurs enfants, car il suffit de se connecter sur la version digitale. Les consoles ont même tendance à disparaître, comme les CD ou DVD, pour aller vers le cloud gaming. Gamestream s’est engouffré dans cette brèche dès sa création en 2015, pour proposer des solutions aux secteurs hospitalier, hôtelier ainsi qu’aux opérateurs mobiles. C’est surtout la rapidité des téléchargements qui a changé la donne permettant d’attirer ce type de clientèle. Le joueur peut à présent jouer de n’importe où et sur une multiplicité de supports.

Ivan Lebeau & Olivier Lebigot ont eu du air

Ivan Lebeau et Olivier Lebigot, les deux cofondateurs de Gamestream ont fait preuve de flair et d’originalité en permettant au gamer de pratiquer son e-sport dans des lieux où il en est généralement privé, lors d’un séjour à l’hôpital par exemple, ou en déplacement dans un hôtel. Le modèle économique propose un forfait mensuel d’environ 20 euros en accès illimité, et l’arrivée de la 5G va provoquer une explosion du marché. Les accords avec les groupes Telecom sont signés pour fournir une excellente expérience de jeu.

Pour Ivan Lebeau, la principale force de l’entreprise est l’internationalisation des services. Dès le départ, Gamestream a en effet décidé de s’implanter en Asie du Sud-Est et au Moyen-Orient en plus de l’Europe, même si cela a rendu les débuts plus complexes. Mais l’ADN particulier de l’entreprise, avec une équipe de développeurs de très haut niveau, chercheurs R&D, permet de toujours garder une longueur d’avance.

Sorare : nouvelle licorne made in France

Voici un jeu de fantasy football basé sur la blockchain. En effet, ce jeu lancé récemment en 2019 par Nicolas Julia, EMLyon business school, et Adrien Montfort, l’ingénieur, permet aux joueurs d’acheter, vendre et gérer des équipes virtuelles avec des cartes de joueur numériques. La plateforme connaît un vrai succès et a réussi à conclure des partenariats avec 128 clubs de football en éditant des cartes qui peuvent atteindre des valeurs record, telle la carte unique 2021 de Cristiano Ronaldo vendue pour la modique somme de 280 000 dollars ! Ces cartes sont en réalité des crypto-actifs pour lesquels la block-chain Ethereum est utilisée. Chaque carte dispose d’un NFT, un jeton numérique unique et infalsifiable. Avec les 40 millions d’euros levés l’an dernier (Antoine Griezmann y a participé), les fondateurs ont consolidé leur équipe et finalisé de nouveaux partenariats de licence avec les ligues de football.

En trois ans, l’entreprise a rapidement trouvé sa rentabilité sur un marché de collectionneurs qui au niveau mondial représente 370 milliards de dollars. Sorare va quant à elle dépasser les 100 millions d’euros cette année. Mais Sorare est définitivement passé dans une autre dimension depuis le début de l’été, avec une levée de fonds historique. Les 17 salariés vont avoir de quoi faire car le fantasy football a crevé les plafonds. Ainsi, la levée de fonds devrait dépasser les 500 millions d’euros, selon les rumeurs qui ont filtré dans la presse, Sorare deviendrait la 16e licorne française après seulement trois ans d’existence. Nicolas Julia et Adrien Montfort ont décidément choisi un excellent créneau !

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