Comment les collaborateurs des start-ups ont-ils traversé la crise, quel est leur état d’esprit aujourd’hui ? Quelles sont les start-ups qui ont le mieux tiré parti de cette période pour se réinventer et favoriser l’engagement de leurs équipes ? Et comment la motivation des collaborateurs diffère-t-elle selon l’âge ou encore le genre ? Le Classement HappyIndex®AtWork Start-ups 2021 donne de précieuses réponses.

Ce classement, qui mesure la motivation des collaborateurs, prend en compte les avis de 9635 répondants travaillant pour 156 start-ups. Il a permis d’établir les start-ups qui ont su, en 2021, le mieux motiver leurs collaborateurs. 39 de ces start-ups ont été labellisées HappyIndex®AtWork 2021.

Les start-ups ont su le mieux motiver leurs collaborateurs :

Le réseau social Yubo propose à ses collaborateurs des horaires flexibles : chacun peut choisir de travailler à n’importe quel moment de la journée, même en dehors des plages horaires traditionnelles et même la nuit s’il se sent plus productif et efficace. La start-up mène également une politique de rémunération délibérément élevée, à hauteur de 10 à 20% au-dessus des salaires du marché.

L’ESN la Javaness propose le « lead à tour de rôle » : les équipes tech ont mis en place un fonctionnement permettant de désigner un nouveau lead développeur à chaque nouveau projet. Ainsi, ce rôle est équitablement rétabli entre tous les membres de l’équipe à partir d’un certain niveau de séniorité.

Le cabinet de conseil YZ propose la semaine de 4 jours, payés 5. A l’issue d’un test d’un mois intitulé le « 4day Week Challenge », la semaine de 4 jours a été instituée de façon systématique en 2021. Le vendredi représente donc un jour rémunéré non travaillé, permettant aux collaborateurs (sans obligation) de se consacrer à des activités personnelles/extra-professionnelles.

La motivation des salariés de startups : quels ressorts après la crise sanitaire ?

La motivation dans les start ups a progressé en un an : 6 points de plus par rapport à l’édition 2020. Surtout, cette motivation s’affirme plus forte que dans l’ensemble des entreprises : ce sont au total 82 % des collaborateurs de startups qui s’affirment heureux au travail, soit 12 points de plus que la moyenne ! Dans les start-ups, les salariés voient, plus concrètement qu’ailleurs, l’impact de leurs efforts sur la réussite de l’entreprise, (88%, soit 15 points de plus que la moyenne). De plus, la participation directe des collaborateurs dans la construction de la culture d’entreprise donne du sens à leur travail (83 %), une impression d’impact fort (87%) et les rend fiers (87%).

Durant la crise, ils ont eu, notamment, le sentiment de se voir reconnus et encouragés dans leurs efforts (7 points de plus qu’en 2020). Leur confiance dans leur équipe de direction a aussi nettement progressé : 6 points de mieux.  

« Les salariés ont eu, globalement, le sentiment de se trouver « tous dans le même bateau », avec leurs dirigeants, décrypte Laurent Labbé, fondateur de ChooseMyCompany. Cette période de crise a paradoxalement permis d’initier un dialogue plus sincère, plus humain : les dirigeants ont davantage partagé leurs doutes, mais aussi montré plus d’attention aux situations individuelles. Les salariés l’ont ressenti et apprécié, notamment au sein des start-ups ».

Les « populations tech » plus exigeantes que les autres

La perception et la motivation varient dans les start-ups en fonction des rôles, notamment entre les populations Tech / développeurs, et les autres fonctions de l’entreprise (commercial, communication, finance, RH…).

Alors que les appréciations en termes de rémunération, responsabilisation, et équilibre vie pro- vie perso semblent s’aligner, les populations Tech se montrent plus exigeantes que leurs collègues sur plusieurs points. Ainsi, ils s’avèrent moins nombreux à se déclarer fiers des produits et services de l’entreprise (-9 points) et à estimer que leurs performances sont évaluées de manière claire (-9 points également). Toutefois, ces profils convoités apprécient toujours autant la qualité des relations au travail (91 %) et ont le sentiment de progresser et d’apprendre au quotidien (86 %) !

Les femmes, sensibles à la culture start-up, mais en attente de plus de perspectives d’évolution

Les hommes comme les femmes s’épanouissent dans cet environnement startup (85 % vs 84 %). En particulier, les femmes apprécient, plus que les hommes, la culture de leur entreprise (+4 points), se déclarent fières des produits et services proposés (+3 points ) et trouvent du sens à leur travail (+1).

En revanche, elles restent sur la réserve concernant leur évolution professionnelle (-5 points) et plus encore sur leur salaire (-8). Cette attente s’exprime plus fortement que dans la moyenne des organisations, où ce décalage homme-femme n’atteint que 5 points. « Les femmes restent sous-représentées dans les start-ups, ce qui peut leur donner le sentiment d’avoir, plus qu’ailleurs, à se battre, commente Laurent Labbé. Même si la mixité progresse dans ces structures, on ne compte aujourd’hui que 21% de femmes parmi les fondatrices de start-ups. Notamment, parce que les fonds d’investissement leur font peu confiance : les projets portés par des équipes masculines représentent près de 85% des start-up financées et plus de 90% des fonds levés en 2020 (Baromètre du collectif Sista, mars 2021). »


METHODOLOGIE DE L’ENQUETE
L’étude HappyAtWork® 2021 a été menée du 01/10/2020 au 1/06/2021 auprès de 36103 collaborateurs représentant 1076 entreprises, dont 2655 provenant de start-ups. Ils ont donné leur avis via des enquêtes internes et le site ChooseMyCompany.com.

94% des avis sont des avis certifiés ESG (provenant d’une enquête formelle)
La liste des entreprises labellisées est disponible ici.

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