Les NFT sont assimilables à des certificats de propriété d’un actif numérique.

La chronique économique hebdomadaire de Bernard CHAUSSEGROS

Nous autres, êtres humains, sommes inventifs, curieux, entreprenants, découvreurs et créateurs. Nous accumulons les savoirs et nous enrichissons nos esprits grâce à un travail quotidien. C’est, d’une certaine façon, notre parcelle d’éternité et notre identité que nous préservons.

Nous créons depuis toujours, nos écrits restaient bien cachés dans des cahiers secrets, nos dessins dans de grands classeurs verts et noirs, nos musiques sur des portées griffonnées à la main. Nous parlons depuis toujours, et nos paroles s’envolaient autrefois dans le vent sans que personne ne les retienne par un autre moyen que la mémoire approximative et les souvenirs que l’on réinvente de jour en jour.

Ceux d’entre nous qui sont venus au monde juste après la seconde guerre mondiale ont connu l’évolution stupéfiante des technologies et l’intégration brutale du digital dans nos vies. Nous nous disions, à chaque étape nouvelle, à quel point ce que nous découvrions était « bluffant ». Et, petit à petit, notre monde a changé. En bien, certes, par bien des côtés ! Mais est-ce totalement et systématiquement le cas ?

Les progrès informatiques, en termes de puissance de calcul, de capacité de stockage, de rapidité d’accès aux données, par exemple, facilitent largement nos quotidiens, tant personnels que professionnels. Les multiples possibilités de communication nous offrent une proximité qui nous rapproche les uns des autres dans une immédiateté foudroyante.

Mais en même temps, la puissance de calcul échappe à nos cerveaux trop lents, les capacités de stockage mettent en défaut notre propre mémoire, la rapidité d’accès aux données nous rend stupides et lents. Quant à la proximité de ceux avec qui nous pouvons entrer en relation, et l’immédiateté de ces connexions, ne sont-ce pas là que des illusions trompeuses et, le cas échéant, dangereuses ?

En réalité, en publiant des informations sur nos sites personnels prétendument sécurisés, en postant des réactions, voire seulement des « like », sur les réseaux auxquels nous sommes inscrits, nous nous donnons entièrement à voir. Et nous nous dénudons ainsi face au monde entier, nous nous dépossédons de tout ce qui nous détermine en partageant nos données personnelles, sans bien savoir avec qui nous les partageons. Avant tout avec des machines qui nous transforment en données négociables et traitées par des algorithmes !

Nous croyons être maître de la technologie dont nous pensons posséder les arcanes et les secrets, nous n’en sommes que les esclaves et les objets. Le développement des GAFA nous semble apporter des avantages nouveaux. C’est le grand art des sociétés de ce secteur que de nous donner l’impression que nous progressons dans l’appropriation du monde de la Connaissance. Et en réalité, c’est tout le contraire, ce sont elles qui progressent dans l’appropriation de nos vies. Les GAFA ne sont pas à notre service, car nous n’en sommes que les instruments, la matière première.

Ils contrôlent nos goûts, nos dépenses, nos loisirs, notre consommation, et leurs algorithmes, de façon répétitive, nous incitent, nous orientent, nous conditionnent dans un objectif unique, celui de de nous faire consommer de manière ciblée. Alors, il faut se poser cette question : Outre le fait de nous décortiquer pour découvrir le moindre de nos ressorts les plus intimes, ne pillent-ils pas l’ensemble de nos données personnelles ! On peut en être persuadés. Et qu’en font-ils ? Que font-ils de nos données personnelles ?

On ne peut que faire un parallèle avec le célèbre roman de George Orwell, « 1984 », qui est paru en 1949, dans un autre siècle ! Il y décrit un pays qui vient de connaître un conflit nucléaire et dans lequel a été instauré un régime politique inspiré du nazisme. Les citoyens n’y disposent plus d’aucune liberté d’expression et les pensées de chacun sont surveillées au moyen d’une technologie mystérieuse parfaitement intrusive. Dans les rues, d’immenses affiches rappellent aux citoyens que « Big Brother [les] regarde ».

Ce nom, « Big Brother », qui est dans le roman celui de l’entité responsable de cette dictature de l’esprit, est d’ailleurs passé dans le langage commun de nos jours et nous permet de désigner sans ambiguïté le sentiment que l’on vit dans un monde totalitaire, un monde dans lequel la surveillance d’autrui est la règle, un monde duquel les libertés ont été supprimées, un monde dont les dirigeants peuvent exercer une autorité totale et sans contraintes sur des citoyens qui ne disposent plus de leur libre arbitre.

Si notre société n’en est pas encore, espérons-le, parvenue à de telles extrémités totalitaristes, il n’en reste pas moins que celle que George Orwell décrit y ressemble sous certains de ses aspects. Elle n’est, en effet, rendue possible que par l’existence d’une technologie incontrôlable et son organisation fait qu’il est impossible de lui échapper. On dit souvent que 1984 est le récit d’une utopie qui a viré au cauchemar.

Ceci n’est pas sans nous rappeler l’émission Loft Story, première émission de téléréalité lancée en France en avril 2001 et dont le logo était un œil nous regardant sans ciller. Le principe était le suivant : onze célibataires coupés du monde devaient vivre dans un loft où toutes les pièces (à l’exception des toilettes et d’une pièce neutre) étaient équipées de 26 caméras vidéo (dont 3 infrarouges, la plupart étant cachées derrière des miroirs sans tain) et de micros. Les protagonistes étaient filmés 24 heures sur 24, ce qui avait créé un fort retentissement médiatique et suscité de nombreuses réactions ou critiques sur « le voyeurisme assumé et la soif de sensationnel des téléspectateurs ».

Problématique

Au fond, depuis 2001, subrepticement, le voyeurisme scandaleux s’est installé dans les mœurs. Et les consommateurs se sont habitués à ce que l’œil du voyeur entre chez eux. Mais désormais, tout va beaucoup plus loin, sans besoin de caméras placées derrière des glaces sans tain ! Internet, les réseaux sociaux et l’emprise des GAFA ont « subtilement » pris la place de « Big Brother ». Cette immixtion dans nos vies, qui passe pour des péripéties ludiques, amusantes et sans importance, est beaucoup plus grave qu’il n’y parait. Cette situation doit être analysée à la lumière des évolutions technologiques récentes !

Échapper au syndrome de 1984, ce serait de conserver son libre arbitre, sa liberté de penser, sa liberté d’être tout simplement. Et pour cela, il faudrait pouvoir conserver la maîtrise de ce que nous créons, politiquement, économiquement, artistiquement, intellectuellement, personnellement.

Dans les débats actuels, on évoque beaucoup les NFT (Non-Fungible Token) ou Jetons Biens non fongibles ! Et on peut se demander si ces NFT peuvent nous permettre de reprendre la main sur nos données, nos créations, nos œuvres, tout simplement notre vie ? Qui le sait ?

Mais, avant toute autre chose, il faudrait savoir ce que sont réellement ces NFT ? Le terme « fongible », souvent associé en économie aux caractéristiques de la monnaie, signifie essentiellement que le bien ainsi qualifié est interchangeable. La monnaie, l’argent comme on dit familièrement, et toujours pour une meilleure compréhension, est un actif fongible, dans la mesure il est divisible en unités, les francs, les euros, les centimes. Un billet de 50 € utilisé pour payer un achat de 32,50 € s’échange contre l’objet acquis et un certain nombre de billets et de pièces représentant le solde de 17,50 €.

Un actif fongible peut donc être offert et divisé de différentes façons, et il peut être utilisé dans des cas très différents, comme des achats, de la capitalisation ou de l’investissement. Les NFT, tout comme la cryptomonnaie, sont des unités de données stockées sur une blockchain, cette sorte de grand livre numérique, ce qui fait que les NFT ne peuvent jamais être modifiés ou volés, puisqu’ils sont protégés par les mécanismes de cryptographie qui rendent la blockchain unique.

Ce qui différencie les NFT des cybermonnaies, c’est qu’il s’agit pour le coup de jetons non fongibles qui interviennent comme des certificats d’authenticité, montrant qu’un actif numérique est unique et non interchangeable. Il s’agit d’une notion très proche des cybermonnaies, les NFT sont des actifs dont le format est numérique et qui disposent d’un droit d’utilisation (copier, dupliquer, reproduire, modifier et d’utiliser autrement). Ainsi, par exemple, des éléments numérisés tels que des documents, du contenu audio ou visuel, des images et d’autres données numériques similaires, incluant même un code source, sont tous considérés comme des actifs numériques, inclus dans une collection d’informations ou de données stockées électroniquement.

Comme nous l’avons déjà évoqué dans un autre article, les blockchains sont stockées sur le web mondial sur des milliers de serveurs différents, de façon totalement décentralisée, ce qui rend les données visibles et vérifiables par n’importe qui, et donc quasiment inaltérables. Cela signifie que n’importe qui sur le réseau peut voir (et vérifier) les entrées de tous les autres. C’est ainsi que les biens enregistrés en tant que NFT sur une blockchain, seront la preuve de leur authenticité.

Un actif non fongible est ainsi une pièce unique, un manuscrit, un tableau, une partition, une maison, une collection d’objets personnels, etc. Même si l’on sait qu’un tableau peut être copié ou reproduit électroniquement, l’original restera l’original, sans que les copies ne disposent de la même valeur.

Pour être parfaitement clair, la différence entre les cryptomonnaies et les jetons non fongibles, même s’ils sont fondés sur la même technologie de la blockchain, c’est que les cryptomonnaies sont, elles, fongibles.

Les caractéristiques des NFT

C’est ainsi que les NFT sont créées sur une blockchain et ne peuvent jamais être récupérées au sein d’un autre écosystème de blockchain distinct et ne pourront exister ailleurs que sur celui-ci. Comme pour les cryptomonnaies, c’est le système de blockchain qui authentifie l’identité et la nature du bien qui a été acheté.

Les NFT sont assimilables à des certificats de propriété d’un actif numérique. La valeur provient de la nature de cet actif qui est collectionnable, ainsi que de son hypothétique valeur de vente future. Par conséquent, les NFT peuvent être vendus et échangés. Le meilleur exemple de NFT, c’est l’œuvre d’art numérique, quelle qu’en soit la nature, classique comme un tableau, mais aussi actuelles comme une œuvre numérique. Les exemples sont nombreux et connus, ils ont récemment causé une certaine surprise dans le monde des ventes aux enchères.

Les œuvres créées via des NFT se vendent bien et se revendent bien aussi, à tel point que l’on peut envisager ou craindre des opérations spéculatives sur ces biens, surtout dans la perspective du monde virtuel autrement appelé METAVERSE dans lequel les plateformes des GAFA veulent à toutes fins nous transposer. Le système alimente d’ailleurs sa propre mode avec par exemple le cas connu de la vente du premier Tweet de Jack Dorsey, fondateur de Twitter, vendu par ce dernier pour la somme de 2,9 millions de dollars, mais la presse spécialisée donne un certain nombre d’autres exemples de ce type, comme lorsque Christie’s vend un collage numérique d’un artiste dénommé Beeple pour 69 millions de dollars, un autre vendu une image pixélisée (un GIF) d’un singe Punk avec un bandana pour 1, 2 millions de dollars…

On peut légitimement s’interroger sur l’utilité des NFT et sur leur utilisation pratique. Il s’agit d’un concept nouveau et il y a fort à parier que les réflexions sur ce sujet vont se développer rapidement, notamment compte tenu de la vitesse à laquelle va évoluer la technologie sur laquelle ils s’appuient. Les études déjà publiées font état de plusieurs utilisations potentielles. L’un des exemples le plus souvent cité serait la création de billets permettant d’assister à des spectacles, dans la mesure où, créés à l’aide d’un NFT, ils ne pourraient pas être falsifiés, truqués, modifiés ou simplement échangés sans qu’il en subsiste une trace. Du fait de la structure des NFT basée sur la blockchain dont on sait qu’il est impossible de la modifier, un tel billet se trouverait protégé de toute utilisation frauduleuse.

Par conséquent, il n’y aurait, dit-on, aucune chance que quelqu’un vende au rabais un de ces billets, en subtilise, ou essaie d’en utiliser un qui soit contrefait. Il n’y a, en effet, aucun risque de remplacer ou de modifier le jeton sur la blockchain associée à ce billet.

Dans de nombreux autres secteurs, on peut imaginer, pour la protection d’une œuvre de nature quelconque, que l’utilisation des NFT (qui permet donc de disposer d’un enregistrement numérique de l’authenticité) contribuera à se prémunir contre les risques de contrefaçon. Qui plus est, au-delà de la question de l’authenticité, les NFT pourraient enregistrer des données fondamentales sur les origines d’un article, sa fabrication ou sa provenance. Ces questions peuvent être primordiales pour garantir l’authenticité d’une œuvre d’art ou, pour ce qui concerne directement celui qui la crée, pour en garantir la paternité, la propriété artistique ou intellectuelle.

Dans un tel cas de figure, il conviendrait donc de créer un NFT, chose qui n’est finalement pas forcément si aisée que cela, même s’il existe des plateformes pouvant aider et soutenir le créateur intéressé par le processus. Mais il faut réunir un certain nombre de conditions ou d’outils, qui sont liés au fait que les NFT sont construits sur une blockchain particulière qui en garantit l’existence. Qui plus est, pour le financement du processus, cette création exige de disposer d’un portefeuille de cryptomonnaies, et, pour finir, le créateur concerné ne pourra créer et vendre ses actifs numériques que sur une place de marché NFT.

Actuellement, le modèle le plus utilisé est composé de la blockchain « Ethereum », qui basée sur la cryptomonnaie « ETHER » (ETH), et qui exige l’utilisation de la plateforme « OpenSea ».

Comme on le voit, le recours aux NFT pour authentifier et protéger ses données personnelles, et notamment celles dont on veut conserver la propriété intellectuelle ou artistique, est une procédure intéressante, mais particulièrement exigeante. Certes, les jetons non fongibles sont éminemment populaires en ce moment, mais, comme toute nouvelle évolution en matière de technologie, celle que nous offre les NFT, si elle présente sans doute de nombreux avantages, rencontre aussi des inconvénients qui sont loin d’être anodins.

Des avantages

Les NFT donnent aux artistes la propriété de leurs actifs numériques et la capacité d’apporter la preuve de leur authenticité. De ce fait, les propriétaires reconnus d’une œuvre pourront en tirer profit en les vendant ou en faisant tout usage qui leur conviendra.

Les œuvres garanties par les NFT sont de ce fait uniques et rares, et elles peuvent donc être collectionnées. Il s’agit d’œuvres immuables, qui ne peuvent jamais être modifiées, supprimées par un tiers ou remplacées.

Le recours aux NFT permet d’inclure dans les conditions d’authentification des contrats intelligents, ce qui est une caractéristique particulière de la technologie blockchain. Il s’agit de stocker dans le NFT des instructions qui ne seront exécutées que sous certaines conditions, comme, par exemple, de garantir aux créateurs des flux de revenus, même lors d’opérations commerciales postérieures à la vente initiale.

Les NFT peuvent aussi trouver un espace de développement favorable en qualité de passeport numérique, qui est autant un titre de propriété qu’un certificat d’authenticité, pour donner une identité certaine à un objet physique, en particulier dans le domaine du luxe. Un NFT est alors rattaché à un produit unique, par exemple une montre ou un sac, ce qui permet de lutter efficacement contre la contrefaçon tout en facilitant le marché de la revente.

Des inconvénients

On l’aura compris, cette technologie, relativement semblable à celle des cryptomonnaies, est indissociable de la notion de marché, lequel est forcément un marché spéculatif.

Tous ceux qui s’intéressent à la création, à l’achat et à la gestion de NFT se poseront les questions suivantes : Les NFT ont-ils une valeur réelle ? Ou ne sont-ils que le fruit d’une construction purement intellectuelle, ce qui autorise l’hésitation entre un investissement réel et une mode passagère ?

Il ne faut pas non plus se bercer d’illusions. Comme toute œuvre artistique, le travail d’un créateur, ou ses simples données personnelles, garanties ou non par une blockchain, cela peut toujours être copié. L’histoire de l’art montre à quel point, de grands créateurs ont pu être copiés, leurs travaux falsifiés ou détournés. Et ce n’est pas parce que l’on est en possession du NFT que l’on peut réellement contrôler le bien pour lequel, en fin de compte, on ne dispose que d’un gage d’authenticité.

Dans le même ordre d’idée, aussi curieux que cela puisse paraître après avoir listé les avantages des NFT en matière de sécurité, les NFT peuvent être volés. S’il est certain que la technologie de la blockchain est sûre, elle ne l’est que relativement. Le monde du web est parfois obscur et opaque, les échanges peuvent être truqués et de nombreuses plateformes ne disposent pas de toutes les sécurités nécessaires. Il existe en réalité de nombreuses failles de cybersécurité dans le monde du digital.

Enfin, et ce n’est pas le moindre des désavantages, les technologies concernées sont extrêmement voraces en termes d’énergie. Si les réseaux, dans les années 1990, ne demandaient qu’un petit serveur dans un bureau anonyme, des câbles et quelques postes de travail, aujourd’hui, les infrastructures demandent des locaux adaptés parfois immenses, des fermes d’ordinateurs, des milliers de postes de travail et une connectique compliquée. Cela génère des coûts environnementaux parfois démesurés, une importante consommation en énergie, des outils destinés à parer aux pannes électriques, des appareils permettant de refroidir en temps réel des systèmes générateurs de chaleurs incompatibles avec un parfait fonctionnement.

On a déjà évoqué l’impact environnemental des cryptomonnaies basées sur la blockchain. Il faut en effet beaucoup de puissance de calcul pour entrer des données dans une blockchain. On sait que cela représente des coûts qui pourraient rapidement devenir incommensurables.

Dans une époque de pénurie déclarée, notamment dans les mois d’hiver où ERDF gère en « funambule » la distribution électrique nationale, en fermant ou en ouvrant certaines centrales, et par ailleurs, en décidant d’arrêter, parfois pour quelques heures, certaines entreprises gourmandes en énergie, on peut raisonnablement s’interroger sur le devenir à long terme de technologies elles aussi très gourmandes en énergie, à seule fin de conserver des données.

On peut donc se demander si les plateformes fondées sur la blockchain sont rentables à terme, et si les actifs basés sur la blockchain sont durables.

Il faut le souhaiter, mais il est difficile de dire si les NFT seront largement utilisés dans les années à venir. Il s’agit de technologie, et nous savons, désormais, à quelle vitesse elles évoluent avec le progrès des semi-conducteurs et de l’Intelligence Artificielle. Mais nous savons également que cette course du progrès n’est possible qu’au prix de coûts environnementaux importants, qu’elle s’accompagne de complexifications parfois obscures qui laissent souvent craindre (comme dans 1984) des atteintes à nos libertés fondamentales.

Pour conclure, il semble opportun de rappeler à quel point les technologies du web sont à même de nous dépouiller de nos données et œuvres personnelles.

FOCUS : PANDA DYNASTY

En septembre 2021, la Start-up Panda Dynasty a vendu près de 9 000 NFT en l’espace de 24 heures. Le projet a désormais pour ambition de devenir un acteur majeur du « crypto gaming », les jeux-vidéos basés sur la technologie de la Blockchain.

Pour le fondateur de la société, l’enjeu est clair : « Le NFT est la preuve absolue que le propriétaire possède un objet numérique. Cette garantie d’unicité est permise par la blockchain, un livre de comptes non falsifiable, qui permet à tout un chacun de prouver qu’une chose lui appartient ».

De cette preuve de propriété, il tire comme conséquence que l’objet peut être vendu, cédé ou prêté, et que son propriétaire peut en tirer des revenus si un tiers en fait usage. Il fait remarquer que si la plupart des NFT actuellement vendus sont avant tout des images numériques, rien n’empêche qu’ils prennent toutes les formes possibles des objets voire des œuvres créées par un individu.

L’enjeu est de donner à ces NFT une utilité. Selon Gabriel MANOU-MANI, fondateur de Panda Dynasty, « Toute la mécanique et les droits de propriétés liés aux NFT peuvent modifier de manière fondamentale et durable notre relation aux sites internet. Nous sommes actuellement « locataires » de sites web : nous créons du contenu (photos, articles, tweets) et cédons tous nos droits de propriété aux grandes plateformes qui les hébergent.

Grâce à la blockchain, plutôt que de s’enregistrer sur ces sites avec un identifiant et un mot de passe, les internautes s’enregistreront en connectant leur propre wallet, ce qui leur permettra de relier leurs actions à leurs tickets de propriété. Ils pourront alors toucher des royalties et avoir la mainmise sur leurs données. Dès lors qu’on quittera un site, on pourra repartir avec toutes ses données.

Les NFT nous donnent plus d’indépendance, plus d’autonomie et plus de souveraineté par rapport à notre activité numérique.



Bernard Chaussegros

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