Hippopotamus, Au Bureau, Brasserie Lipp, la Coupole, Bofinger, Burger King… Rien ne semble arrêter l’autodidacte PDG du groupe Bertrand, dans sa poursuite de croissance et de développement. Il est d’ores et déjà numéro 2 du secteur et commence à investir les secteurs de l’hôtellerie et de l’agriculture.

Il n’attend pas d’avoir le bac pour se lancer dans la vie active, dans le secteur bancaire où il passera trois ans à la banque Hervet, une expérience importante pour celui qui deviendra par la suite l’un des rois du secteur de la restauration et aura à utiliser toutes les facilités disponibles pour financer ses nombreux rachats. Sans surprise, Olivier Bertrand se lance dans sa propre aventure entrepreneuriale en ouvrant son premier restaurant sous le drapeau italien dès l’âge de 22 ans. Depuis lors la passion ne l’a jamais quittée.

1997, LES FONTS BAPTISMAUX

À 28 ans seulement, l’entrepreneur crée son propre groupe, posant la première pierre d’une structure qu’il ne cessera de faire grandir au fil du temps, collant à chaque fois aux évolutions d’un secteur extrêmement remuant. En partant d’un positionnement traditionnel, il investit coup après coup tout le spectre du marché, qu’il s’agisse de restauration rapide avec Burger King, de grandes brasseries parisiennes comme Lipp, de premium avec Angelina, des chaines comme Hippopotamus, sans oublier les enseignes à thèmes, sur lesquelles il fut l’un des premiers à construire de nouvelles marques, comme Au Bureau. Pour aller vite, il utilise fréquemment le système de la franchise.

Les deux autres piliers du groupe sont l’hôtellerie, complément relativement classique de la restauration, sans oublier un pôle essentiel, l’immobilier, qui opère notamment pour les franchisés. Il ne faudrait pas non plus oublier les diverses participations minoritaires dans d’autres groupes du secteur comme les Nouveaux Brasseurs ou le contrat d’affiliation ayant pour objectif de développer le réseau des boutiques Nespresso.

L’HÔTELLERIE, NOUVEAU TERRAIN DE CHASSE

L’homme est chasseur, et aime fréquenter ses terres de Sologne. Mais il a autant de plaisir à dénicher les opportunités permettant de poursuivre le développement de son groupe. L’an dernier, Olivier Bertrand a saisi l’occasion pour prendre une nouvelle dimension dans le secteur de l’hôtellerie, au-delà de ses deux Relais-Châteaux, le Saint-James et le Relais Christine.

Il se trouve à présent à la tête des établissements français vendus par le cheikh saoudien Al Jabert, soit 4 établissements parisiens, dont le Balzac et l’hôtel de Vigny, ainsi qu’un établissement à Cannes et un à Roissy. La croissance externe et la franchise font partie de la politique de développement du groupe.

Des entrepreneurs sont sans cesse recrutés en particulier pour Hippopotamus, Au Bureau, Volfoni, encourageant les candidats déjà installés à se lancer sur différentes marques au fil des années.

2022, DESTINATION STREET FOOD

Burger King appartient au groupe, l’enseigne Quick ayant été revendue l’an dernier. Olivier Bertrand a décidé de se relancer sur ce segment en investissant notamment sur la cuisine asiatique. Sitôt dit, sitôt fait, car cet entrepreneur qui a une vision claire de son marché vient de signer une master franchise avec ITSU, enseigne bien établie en Grande-Bretagne, qui propose soupes, sushis, gyosas… Et ce n’est pas tout.

Il vient de racheter l’enseigne Pitaya et ses 150 restaurants, portefeuille qui inclut d’autres offres asiatiques, comme Poké Thaï. Olivier Bertrand a l’intention d’investir sur ce segment et d’y renforcer sa présence sous plusieurs formats. Cela ne l’a pas empêché de faire de nouvelles emplettes, comme le rachat de Maison Plisson en juillet, l’une des plus belles épiceries fines de Paris dont la réputation n’est plus à faire et qui a développé une activité restauration assise.

DES PROJETS PLEIN LA TÊTE

Que ce soit via un développement interne ou une opération de croissance externe, il est probable que d’autres créneaux de street food vont voir le jour, basés sur le poulet ou le poisson entre autres. Car Olivier Bertrand a des projets plein la tête, le groupe peut poursuivre sur sa lancée, ayant effacé en un an la perte de chiffre d’affaires liée aux confinements et retrouvant sa croissance cette année. À 53 ans, l’homme consacre son temps libre à sa famille, deux unions le placent à la tête d’une famille recomposée de quatre enfants, mais aussi à un autre de ses plaisirs, voler. En avion, en ULM et surtout en hélicoptère où il dit profiter d’une sensation de pleine liberté.

Olivier Bertrand agit avec le maximum de discrétion et le minimum de communication. Cela lui convient parfaitement. Le jeune autodidacte peu expérimenté est devenu un homme d’affaires avisé, qui n’a pas hésité à s’endetter pour créer ce qui est devenu le deuxième groupe de restauration en France avec 1100 établissements au compteur. Un appétit qui n’est pas sans rappeler celui d’un certain Bernard Arnault dans le monde du luxe.

Anne Florin

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