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Nos PME du textile font face à la crise du secteur

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Dernière entreprise française à fabriquer des costumes et tailleurs sur mesure, France Manufacture, reprise par Ludovic et Corinne Gaudic grâce à Gilles Attaf, se bat avec panache pour la relance d’un véritable savoir-faire tricolore.

Les costumes restent des vêtements que l’on porte avec bonheur au bureau, mais aussi lors d’évènements familiaux, de fêtes où le dress-code reste de mise. Si le savoir faire est toujours là, les entreprises textiles françaises on été chahutées par le contexte concurrentiel international, au point de quasiment disparaître. Heureusement, certaines PME résistent avec brio.

France Confection, le pro de la « pièce à manches »

Cet atelier de confection situé à Limoges a toujours été spécialisé dans la confection sur mesure de costumes hommes, manteaux, cabans, trenchs et tailleurs-jupes pour femmes. Coupe et assemblage peuvent rassembler jusqu’à 250 étapes si le tissu s’avère compliqué à travailler, comme les carreaux par exemple. Maintenir ce type de production sur le sol français est en soi une gageure, et le groupe a dû plier face aux prix pratiqués par la concurrence étrangère. L’entreprise travaillait pourtant pour les grandes marques du prêt-à-porter haut de gamme, ainsi que pour les uniformes de l’armée.

Quand Smuggler casse les codes

Smuggler avait lors de sa création en 1978 pour ambition de casser les codes gris et bleu marine du costume sur mesure, pour aller vers plus de couleurs, de tissus, d’individualité et de variétés. L’autre élément important est la labellisation de Smuggller, « Origine France Garantie ». Elle a connu un beau développement avec 10 boutiques et des clients de prestige, tels François Hollande ou Arnaud Montebourg. Le made in France était garanti, grâce à la fabrication de Limoges à l’époque chez France Confection.

Les tribulations de l’atelier

France Confection fut placé en liquidation judiciaire en 2017 avec la marque et les boutiques Smuggler. Le groupe d’assurances Molitor de la famille Zeitoun s’est porté acquéreur. L’intérêt de Gilles Zeitoun est bien réel. Si sa carrière s’est faite dans l’assurance, il n’a pas oublié qu’il est fils de tailleur. Molitor était surtout intéressé par le côté Smuggler de l’affaire, car il disposait déjà d’un atelier de confection de costumes haut de gamme pour hommes au Portugal.

Le tribunal de commerce a agi de telle façon que France Confection et Smuggler ne fassent qu’un afin de préserver l’usine. Un projet fut mis en place par Gilles Attaf pour Molitor : construire une véritable usine du futur sur le territoire. Cet élan ne s’est malheureusement pas concrétisé. Le tout s’est soldé par une nouvelle liquidation judiciaire en mars 2020 pour France Confection ; les costumes Smuggler restant chez Molitor en fabrication dans leur propre atelier portugais.

Quand vient la renaissance

Heureusement, le bruit des machines à coudre a repris à Limoges. Un nouvel investisseur a été attiré par l’aventure : La Compagnie des Ateliers Peyrache. Les propriétaires, Ludovic et Corinne Gaudic, ont donné une seconde chance à plusieurs entreprises du made in France. Cet ancien directeur financier et son épouse qui oeuvrait aux achats chez LVMH ont créé leur groupe en allant à la rescousse d’entreprises textiles françaises à la dérive. Ils ont créé LCAP suite aux rachats successifs de deux brodeurs, la Broderie du Lys et Les Ateliers Peyrache (marque Blanc Bonnet). Le groupe emploie aujourd’hui 85 personnes. Et ce n’est qu’un début.

A.F.

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