Avec 6 milliards de cash issus de la cession de 20 % du capital de sa filiale Universal Music, Vivendi fait des emplettes. Associé au fonds britannique Amber, le groupe dirigé par Vincent Bolloré passe à l’offensive en Espagne en prenant participation au capital de Prisa, propriétaire du prestigieux quotidien El Pais.

Vivendi poursuit sa stratégie de diversification afin de devenir un groupe international de contenus et de médias. Après le rachat d’Editis en 2018, et alors que le groupe de Vincent Bolloré est en passe de s’emparer de Prisma Media (Femme Actuelle, Capital, Geo, Gala, Télé-Loisirs…), le voilà qui s’agite en Espagne. Associé au fonds Amber, son allié dans le cadre de la prise de contrôle de Lagardère, Vivendi rachète 7,6 % du capital de Prisa, un géant de la presse espagnole, qui détient trois médias majeurs du pays (le journal El Pais, la radio Cadena SER et le quotidien sportif As).

Propriétaire de 20 % du groupe Le Monde à travers la société actionnaire majoritaire fondée par Xavier Niel et Matthieu Pigasse, Prisa est en difficulté, notamment depuis la cession il y 8 ans de Digital Plus, sa chaîne cryptée. Criblé de dettes, affecté par la crise et la chute vertigineuse des recettes publicitaires, le groupe ibérique se cherche des soutiens.

Amber est déjà présent au capital à hauteur de 30 %, tout comme l’opérateur espagnol Telefónica, qui détient 10 % des actions. Vivendi est donc le troisième pilier de cette entente. L’objectif des trois actionnaires ? Consolider le capital et redynamiser le groupe, dont le conseil d’administration est présidé par Joseph Oughourlian, fondateur d’Amber.

Quel intérêt pour Vivendi ?

Les investisseurs suivent avec attention la façon dont Vivendi utilise les fonds récoltés suite à la cession d’Universal Music (6 milliards d’euros). Dans le cas de Prisa, le groupe français justifie son investissement de 70 millions d’euros par l’élargissement de « son accès aux marchés de langue espagnole en Europe, en Amérique latine et aux Etats-Unis ». Prisa représente une belle opportunité d’un point de vue financier pour Vincent Bolloré, car le groupe espagnol sera contraint de vendre plusieurs actifs pour épurer ses dettes.

En mettant un pied dans la presse espagnole, Vivendi s’affirme comme un acteur de premier plan dans le domaine des médias en Europe du Sud. La multinationale française a déjà déployé plusieurs de ses filiales dans la péninsule ibérique (Universal, Havas, Bambu Producciones, Gameloft).

Hyper actif depuis le début de la crise, Vivendi entend constituer un puissant pole média autour des actifs de Prisma et de Prisa. Mais Vincent Bolloré lorgne aussi à travers sa filiale Canal+ les droits du foot français, qui vont faire l’objet d’un appel d’offres dans les semaines à venir…

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