Convaincu qu’il peut participer au fameux « monde d’après », plus respectueux de la planète, Cyril Neves s’est lancé dans la lessive écologique avec « Les Petits Bidons » qui se vendent déjà comme des petits pains.

L’histoire a commencé il y a à peine quatre ans. Et depuis lors, Cyril Neves ne voit plus le temps passer. Le phénomène est connu, dans l’empreinte carbone du textile, il n’y a pas que la matière première, la filière comme la fin du processus posent également problème. En effet, les lavages domestiques participent grandement au mauvais bilan du secteur. Et pourtant, quel foyer renoncerait à la facilité de la machine à laver ? Il existe pourtant un moyen, il suffit de changer une petite habitude pour laver plus écolo en choisissant des produits sans ingrédients toxiques, tout en gardant évidemment une bonne efficacité.

« Laver sans tout salir »

Voici la devise des Petits Bidons et celle aussi de son fondateur. Le jeune homme a suivi l’excellent cursus d’Audencia Nantes avant de se lancer dans la vie professionnelle de façon très classique. Marketing et commercial dans de grands groupes tels que L’Oréal et Danone, autant dire une carrière toute tracée. Mais Cyril Neves ne s’en est pas tenu là, lui qui fait partie d’une génération qui n’a pas d’état d’âme à s’occuper de tâches ménagères, y compris la lessive. Il commence donc à se poser des questions sur la composition des produits qu’il utilise au quotidien.

C’est ainsi qu’est intervenue la découverte de réalités pas très reluisantes et l’idée de créer une meilleure offre, notamment du point de vue environnemental. Car le problème de la lessive n’est pas vraiment dans le contenant, il est surtout dans les rejets des lessives dans les réseaux d’eaux usées, qui finissent un jour ou l’autre par se retrouver dans les océans avec leurs produits polluants.

L’écologie de façon concrète

A 33 ans, ce Lyonnais d’origine n’est pas un écolo pur et dur. Sa prise de conscience s’est faite suite à des voyages et en lisant beaucoup sur le sujet. Step by step, comme disent les Anglo-saxons. C’est aussi sa façon de faire avec les clients, car les Petits Bidons s’adressent à tous, pas simplement à des clients déjà sensibilisés et engagés pour la planète. Son postulat est de convaincre le plus grand nombre de changer certaines de leurs habitudes, tout en gardant un confort d’usage, avec un produit efficace et accessible.

Selon Cyril Neves, la pédagogie et le partage d’expérience tout comme la transparence sont essentiels pour que les Petits Bidons fassent leur chemin. Il veut à tout prix éviter un discours culpabilisant qui empêcherait d’aller chercher ses clients au-delà d’un petit cercle d’initiés. Comme beaucoup d’entrepreneurs du secteur écologique, son approche est pragmatique et non pas dogmatique.

Une première phase d’expérimentation

Dans une première phase, Cyril Neves commence à fabriquer ses recettes maison pour divers produits ménagers, via des tutto, des essais personnels, qui ne sont finalement pas très concluants. Sa lessive maison le satisfait car il en connaît les ingrédients, mais cela lui prend bien trop de temps. Il cherche alors le produit miracle un peu partout dans les rayons de lessives classiques et écologiques. Le problème est que les étiquetages sont d’une grande opacité, impossible de connaître tous les ingrédients.

La réglementation du secteur n’est pas aussi stricte que dans l’alimentaire ou la cosmétique, il n’y a pas le même niveau d’exigence en matière d’information consommateur. Il devient alors clair pour Cyril Neves que pour trouver un produit différent et transparent, il va falloir retrousser ses manches.

De la R&D à l’industrialisation

Dans une seconde phase, Cyril teste des dizaines de formules, puis discute avec des laboratoires. Rapidement, le problème de l’industrialisation se pose. Ses formules « maison » ne peuvent être répliquées, un laboratoire lui propose de développer le produit idoine en fonction de son cahier des charges. Huit mois de R&D sont nécessaires pour répondre aux exigences de notre startupper : un approvisionnement au maximum local, des ingrédients naturels à plus de 90%, pas de parfum de synthèse, pas de dérivés d’huile de palme, ni de dérivés de pétrole, avec une possibilité de certification. Changement de braquet pour Cyril Neves, qui, de consommateur averti devient un pro de la lessive, des allergies et des peaux sensibles. Il est alors temps de lever de l’argent.

Le soutien du financement participatif

Une campagne de financement participatif menée en mai 2018 permet de lancer la première production des cinq formules mises au point, soit 3500 Petits Bidons, et de créer un site internet, le circuit de vente choisi. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit de la solution la moins onéreuse, qui permet une communication directe avec les clients pour leur expliquer le concept et leur donner toutes les informations sur les produits. Ceux-ci sont proposés à la vente début 2019 et trouvent rapidement leur public. Depuis lors, les gammes se sont étoffées. Après la lessive, c’est la gamme maison/vaisselle qui a rapidement été proposée avec un très bon accueil.

La poursuite du « pas à pas »

La stratégie de Cyril Neves est d’accompagner les clients simplement, sans entrer dans une démarche militante. Les séduire par des produits nouveaux mais familiers, de très bonne qualité, et proposer aussi des lessives solides qui font à présent partie du catalogue. « Pour séduire le plus grand nombre, on peut aller plus loin mais pas trop vite. », telle est la devise d’un entrepreneur bien décidé à participer à un monde meilleur.

A.F.

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