Et s’il y a bien une chose qu’il est difficile de prévoir c’est sa fin de vie ! Certains d’entre nous devront passer par la case de la maison de retraite… et là, que nous ayons été au sommet de notre art, à la tête d’une puissante entreprise, ou si nous avons fait preuve d’un esprit brillant ou d’un physique plein d’énergie… un nouveau challenge nous attend.

Une expérience douloureuse

Après avoir tout entrepris pour que ma mère puisse rester vivre dans sa maison, et après une succession de chutes dues à l’évolution de sa maladie occasionnant une fracture de la clavicule, nous étions dans l’obligation de la faire entrer en maison de repos afin de se remettre en forme et espérer pouvoir rentrer chez elle avec plus d’équilibre.

C’est après quelques jours de présence dans son lieu de convalescence que j’ai rencontré un entrepreneur avec lequel je travaille depuis des années et qui a littéralement explosé sur le sujet et, sur un ton hystérique que je ne lui connaissais pas, a lancé : « Une pilule le matin pour les mettre KO, et qu’ils ne demandent pas trop d’attention dans la journée, qu’ils ne coutent pas trop cher en nourriture, un coup de Karcher de temps en temps, et c’est 4000 euros par mois… si il reste de la place ».

Cet homme qui a commencé à entreprendre à l’âge de 17 ans, et qui a les moyens financiers d’accéder aux meilleures maisons de retraite pour son père, exprimait sa déception. Je me disais que c’était imagé, bien sûr exagéré… puis je me suis rendu récemment dans ces institutions pour la santé de ma maman, où j’ai compris sa déception.

Mythe ou réalité ?

Lors d’une visite en fin de journée, un individu déambulait de chambre à chambre et cherchait à rentrer dans celle de ma mère, prétendant « chercher sa femme » avec un air un peu malsain, du genre à chercher « une femme » plutôt que « sa femme ». Je me permets alors de demander à l’infirmière en chef de l’établissement, «Pouvez vous aider ce Monsieur ? Ma mère est-elle en sécurité ? », et l’infirmière se voulant rassurante me répondre : « ne vous inquiétez pas c’est un patient, je vais lui donner sa dose et après il ne bougera pas de la nuit ».

La fameuse pilule est bien pratique en effet ! Certes l’âge s’accompagne de formes de démences et de pentes de fonctions, mais si l’idée dérape de « réguler les humeurs » à « standardiser l’état de la clientèle pour qu’elle soit la plus docile et rentable à gérer », il y a danger…

Peut être y a-t-il une meilleure maison ?

Un spécialiste m’a confirmé que pour l’ensemble de ses clients devant confronter la situation de mettre leurs parents en maison, il est très commun de voir : des surfacturations de coiffeur ou de prestations de paramédicales, des soins de kiné minimisés, des demandes de caution de plusieurs mois pour avoir une place, des repas à 1 euros… des plus onéreuses aux plus « cheap » ; les abus et les situations douteuses sont pléthores.

Ma mère est arrivée en marchant pour se remettre en forme avec un programme de deux mois. Elle s’est retrouvée incapable de marcher suite à une mauvaise prescription de médicaments, donc obligée de rester et est décédée en deux mois et demi après un nouvel ajustement de son traitement. « Réponse tampon » de la maison « C’ est l’ évolution de sa maladie ». Bien loin la maison de retraite où avait résidé ma grand-mère, tenue par des sœurs, dévouées et dont l’attention et l’amour furent admirable. Cela n’est plus rentable.

Nous sommes à l’heure de l’or gris ! Les petites maisons disparaissent au profit des grands groupes qui automatisent et standardisent vers la rentabilité. Et le moins que l’on puisse dire c’est que les conditions sont pour la majorité en chute libre… pas en prix… mais en prestations. Mieux vaut ne pas passer par cette case… facile à dire me direz-vous ! Une entreprise respectable reste à créer dans ce domaine.

Nicolas Proupain

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