Alors que le secteur agricole traverse une crise, pour sa part, le marché du bio affiche une croissance historique en France.

Hauts les cœurs, le bio ça marche, notamment en France ! Même s’il ne s’agit que d’une goutte d’eau à l’échelle internationale, cela prouve une tendance de fond. En hausse de 15% par rapport à 2015, le marché hexagonal du bio pèse désormais plus de 6,5 Mds€, un chiffre qui a doublé depuis 2008.

Cette accélération des ventes de produits labellisés AB n’est pas prête de s’arrêter, le bio ayant même fait sont entrée dans la sphère du discount, à l’image de Leader Price (groupe Casino), qui propose plus d’une centaine de références. «D’après nos prévisions, la croissance du marché bio dans les 4 ans à venir se situe entre 8 et 10% en moyenne.

La barre des 10 Mds€ devrait être franchie «à l’horizon 2020-2021», indique Alexandre Masure, auteur d’une étude publiée par le cabinet Xerfi*. De quoi donner du baume au cœur aux différents acteurs.

Une consommation qui se banalise

Qui mangeait bio au début des années 2000 ? Pas grand monde. Encore relativement confidentiels il y a une dizaine d’années, les «bios consommateurs» sont de plus en plus nombreux. «Il n’y a jamais eu autant d’acheteurs de produits bio. Les Français se montrent toujours plus en quête de produits sains, respectueux de l’environnement et soucieux des intérêts du producteur», note Alexandre Masure.

Ainsi, 90% des Français consomment bio au moins de manière occasionnelle, et les deux tiers en ont consommé au moins une fois par mois durant l’année, un niveau jamais atteint jusque-là. Mieux, ils ne sont plus que 11% à ne jamais acheter bio (25% en 2013)**.

Des acteurs dynamiques

Sur ce marché à fort potentiel, même les agriculteurs bio sont de plus en plus nombreux. Au cours du premier semestre 2016, plus de 21 nouvelles fermes bio se sont installées dans l’Hexagone. Les terres consacrées au mode de production biologique dépassent désormais la barre des 1,5 million d’hectares, soit plus de 5,8% de la surface agricole utile (SAU)***.

Quant aux entreprises de transformation et de distribution, leur nombre est également exponentiel puisque 1.200 nouveaux opérateurs ont rejoint les rangs des acteurs de l’aval bio au cours du premier semestre 2016***. Au 30 juin 2016, la France comptait ainsi plus de 46.218 entreprises bio, amont et aval confondus.

Grandes surfaces et circuits émergents

Véritable locomotive du marché depuis 2012, les magasins bio affichent une santé éclatante. Le circuit dans son ensemble (indépendants et réseaux sous enseigne) a vu son chiffre d’affaires croître de 17% en 2015, et ses principaux représentants, comme Biocoop, La Vie Claire, Naturalia ou Bio c’Bon, ont connu des taux de croissance proches ou supérieurs à 20%.

Face à ces acteurs déjà installés, pas facile pour un nouvel entrant de se faire une place. «Le marché du bio s’est désormais structuré autour de grandes enseignes qui ont acquis des avantages décisifs en termes de notoriété et de maillage du territoire. Il est peu probable que de nouveaux acteurs se hissent à la hauteur des leaders.

En revanche, l’enjeu principal des prochaines années concerne la capacité de la grande distribution à se réapproprier le leadership sur ce marché, après avoir cédé du terrain aux enseignes bio depuis 2011. Surtout, il faut aussi compter sur l’envolée de la vente directe et le succès du modèle des AMAP [Association pour le maintien d’une agriculture paysanne, NDLR], autre évolution majeure du paysage concurrentiel sur ce secteur», indique Alexandre Masure.

En effet, les marchés paysans, ventes à la ferme, AMAP, paniers collectifs et autres foires et salons devraient représenter plus de 14% des ventes de produits bio en 2020, un point de plus qu’aujourd’hui*. Et c’est sans compter sur le développement de l’achat en ligne de produits bio…

* La distribution de produits alimentaires bio – Offensives des spécialistes, riposte des GSA, succès des circuits émergents… : quelles perspectives pour le marché et le jeu concurrentiel d’ici 2020 ?, étude publiée par le cabinet Xerfi en juillet 2016.

** Sondage CSA/Agence Bio de décembre 2015.

*** Source : Agence Bio.

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