La chronique économique hebdomadaire de Bernard CHAUSSEGROS

Le projet était beau, mais sans doute illusoire, rebâtir l’Europe sur les ruines laissées par la seconde guerre mondiale, rejeter les théories racistes et xénophobes, en se fondant sur des utopies humanistes et pacifistes. Reconstruire, c’est aussi l’occasion de définir des projets, politiques, culturels et sociétaux, basés sur des valeurs fondamentales, même si elles sont parfois naïves, telles que la liberté, l’égalité et la fraternité, mais avec l’espoir de redonner aux populations meurtries, confort, santé, travail, sérénité et prospérité.

Depuis 1945, l’Europe occidentale n’a pas véritablement connu de conflit et elle a vécu dans une relative tranquillité, malgré quelques événements qui auraient pu remettre en cause tout cet équilibre. La seconde moitié du XXe siècle a été l’occasion de développer une économie prospère, de retrouver le bonheur d’échanger avec les peuples voisins, de transformer la société assez rétrograde d’avant la guerre en un monde où primaient les questions culturelles. L’Europe a connu des années prospères, dans le monde de l’image, de la musique et de la littérature, tandis que les progrès technologiques apportaient aux citoyens le monde du digital.

Le niveau de vie s’est élevé, l’espérance de vie a offert aux nouvelles générations des années supplémentaires à consacrer au travail, mais aussi aux loisirs, aux voyages et aux études, et les progrès de l’hygiène, de l’alimentation et de la santé ont contribué à faciliter la vie. Mais, comme on le dit, toute médaille a son revers, et les progrès constatés et appréciés par les familles qui avaient connu la guerre sont devenus la normalité pour les plus jeunes qui ont vite considéré ses nouvelles conditions de vie comme un bonheur gratuit qui leur était dû.

Bien sûr, un certain nombre d’événements sont venus périodiquement rappeler la fragilité de ce monde en construction, avec des conflits généralement à distance avec cette oasis de paix, et dans d’autres pays dont les manques de liens avec l’Europe et dont les cultures trop éloignées des fondamentaux occidentaux atténuaient la gravité. Car dès les années 80, le monde avait commencé à renouer avec ses « vieux démons », avec des révolutions en Amérique du Sud, des massacres en Asie du Sud-Est ou des guerres tribales en Afrique.

Puis, des événements plus proches de nos frontières, de vraies guerres de religion au Royaume-Uni, ou des guerres visiblement ethniques et religieuses entre les anciens peuples fédérés au sein de l’ex-Yougoslavie, ont commencé à faire comprendre que la paix n’était pas forcément une valeur universelle partagée par tous et entre tous, et surtout destinée à durer. Même au sein des nations occidentales réputées évoluées et devenues « sages », des mouvements de contestation, voire des menées révolutionnaires, se sont peu à peu développées.

Lors du basculement des années 2000, on a pris conscience que notre monde illusoire et fragile avait été, en réalité, construit autour de principes économiques déséquilibrés et de systèmes politiques hypocrites présentés comme démocratiques. Et on a vu naître les mouvements terroristes opposant le Moyen-Orient à l’Occident et se justifiant comme l’obligation voulue par « Dieu » de combattre les mécréants.

Aujourd’hui, 2022 se termine comme l’année d’un conflit qui pourrait s’étendre au monde tout entier. L’Europe hallucinée voit les villes ukrainiennes écrasées sous les bombes et les drones, et pour certaines d’entre elles purement et simplement rasées, les populations exterminées, violentées, ou, à tout le moins, obligées de vivre dans une misère éprouvante que l’on ne pensait pas connaître à nouveau en Europe ou sur ses marches.

Remontent alors les souvenirs d’une époque et d’idées politiques que nos grands-parents s’étaient jurés d’éradiquer en projetant la construction européenne. On revoit les images des villes françaises, anglaises, belges ou allemandes, réduite à quelques pans de murs noircis au milieu des décombres, on revoit les hordes de soldats triomphants, les files de prisonniers exténués marchant le long des routes, et, sur ces mêmes routes, l’exode des populations apeurées et mitraillées depuis le ciel.

La guerre revenue dans notre monde

Rien n’a changé, la guerre en Ukraine reproduit dans un monde moderne, technologique et confortable, tout ce qu’ont vécu nos familles dans les années 40. Avec ce surcroit de souffrance dû à l’hiver et aux privations, mais aussi au fait qu’aujourd’hui toute vie est liée à l’électricité et aux applications numériques.

Lorsqu’on traverse une période de conflit aussi grave et inquiétant que celui que connait l’Europe à ses portes du fait de l’agression de l’Ukraine par la Fédération de Russie, les privilégiés que nous sommes regardons avec sidération, inquiétude, mais attention les images diffusées presque en temps réel par les medias du monde entier.

Sur de tels événements, notre raison n’a aucune prise ! Autant l’Europe de la seconde guerre mondiale était encore dans le souvenir de la précédente, que les pays étaient encore nettement ruraux et les populations habituées à la dureté de la nature, de la vie, autant aujourd’hui, les populations citadines n’ont guère plus d’autres ressources que de se réfugier dans des caves, des abris, des ruines, en se demandant pourquoi le monde bascule ainsi !

Que voient-ils ? Des villages et des villes rasées, des infrastructures bombardées détruites et réparées à la hâte « selon les moyens du bord », une population injustement victime de sévices, de blessures et de morts violentes, sans aucune justification qui fasse appel à la raison ! Et qu’entendent-ils comme justifications de tels actes et de cette haine entre des peuples apparemment cousins ? Ils n’entendent que des déclarations surréalistes ou des prétextes mensongers. Libération de peuples opprimés par des régimes nazis imaginaires ! Personne ne peut y croire un seul instant. La volonté, visiblement contrariée, de la Fédération de Russie était de faire table rase de l’Ukraine, pour de « simples » raisons économiques. Comme Hitler et les nazis menaient une guerre pour la conquête d’un nouvel espace vital pour la « race » allemande, le « Vaterland », on imagine assez bien quels sont les ressorts profonds des dirigeants et oligarques russes dans cette guerre, la maximisation de leurs profits.

La guerre qualifiée « d’opération militaire » par les russes, devaient se solder par une victoire en quelques jours et la récupération par la Russie d’un vaste et riche territoire, notamment caractérisé comme étant le plus grand des greniers à blé de l’Europe. L’objectif semble désormais impossible à atteindre, mais sans doute pas pour tout le monde ! Même si la guerre a remplacé la petite « opération militaire » de libération d’un peuple opprimé, cette guerre qui dure depuis bientôt 10 mois et durera encore longtemps, révèle ses fondements, les marchés économiques qui en naissent et les profits exceptionnels qu’on en tirera !

Et cela risque bien d’être le début d’autre chose. Même si les russes agitent de temps à autre le spectre d’un possible recours à l’arme nucléaire ! Même si les Ukrainiens doivent demeurer vigilants sur leur frontière Nord à cause de quelques agitations biélorusses, un pont provisoire par-ci, par-là, des manœuvres de renseignement ou d’intimidation ailleurs, il est peu probable que la Biélorussie pourrait être sur le point d’envoyer ses troupes en Ukraine. Les forces armées biélorusses sont trop faibles et seraient immédiatement écrasées si elles envahissaient l’Ukraine. Ce qui signifie que les Biélorusses font très attention à ne pas impliquer directement tout en soutenant les russes à leur manière.

Le début d’autre chose, c’est aussi le moment d’une bascule des équilibres géo-stratégiques et économiques dans le secteur. Et que remarque-t-on dans de telles périodes de conflit ? La reconsolidation des marchés économiques ! Outre les statistiques hallucinantes du nombre de victimes, outre les vies brisées des êtres et de leurs familles, outre la misère qui s’installe comme toujours chez les plus pauvres et les plus misérables, on voit que l’économie continue de se développer, au grand bénéfice de certains industriels, au moins de certains secteurs, qui trouvent là les ingrédients nécessaires au développement de leur croissance.

La guerre pour expliquer l’inflation

Lorsque la guerre s’installe, quelque part dans le monde, surtout si c’est près de chez soi, les équilibres économiques en sont affectés. C’est le cas avec le conflit en Ukraine, puisque, depuis février dernier, certains secteurs sont de toute évidence très impactés, l’alimentation, cela va de soi, le secteur de la santé, de la chimie et de la pharmacie, et le secteur de l’armement.

L’alimentation est, aux yeux de tous, le secteur par lequel nous voyons s’installer l’inflation, avec la valse des prix des denrées de première nécessité. Dans ce domaine, pas de pitié pour les pauvres ! Et on le constate aujourd’hui, le système économique des pays développés est fondé, depuis les années 50, sur un capitalisme devenu « sauvage ». Le but de nombreuses entreprises n’est plus de satisfaire les besoins basiques des populations, mais de maximiser leurs profits, un système qui, en période de paix et d’évolution des compréhensions humaines, est voué à l’échec et connait donc généralement une situation d’équilibre.

Mais en période trouble, les peuples s’inquiètent et cherchent à consommer sans frein pour se rassurer. Plus question de remettre en cause les profiteurs, il faut trouver d’autres raisons à la pénurie ou à l’inflation, et on les trouve en général dans la réalité de la guerre. Même si celle-ci a des incidences sur certains approvisionnement alimentaires, dont on pourrait décider de se passer en se recentrant sur des productions locales plus traditionnelles afin d’éviter l’impact des coûts de transport, on va persister et tenter de trouver ce qui met en question l’équilibre fondamental des sociétés de nantis. Et on trouve aisément ! C’est la guerre, surtout si elle se déroule dans un ailleurs incontrôlable.

Et l’exemple Ukrainien est malheureusement assez bien choisi pour décoder la mécanique insidieuse de l’inflation. Tout le monde sait que les entreprises travaillent en général sur stock. Or il a été vérifié qu’avant même que les prix des matières premières n’augmentent, les prix des produits manufacturés avaient évolué à la hausse, dans un objectif évident d’augmentation des profits fondé sur la peur qui gagne les consommateurs, mouvement d’ailleurs amplifié par cette tendance qu’ont ces derniers, quand ils agissent comme de parfaits petits « écureuils » en faisant des réserves.

La guerre comme moteur de l’activité

L’exemple surprenant du prix de l’électricité ne peut qu’inciter à s’interroger sur le rôle de la guerre dans la volonté de certains dirigeants, d’entreprises ou d’États, de vouloir remobiliser une croissance qui semble s’essouffler.

L’électricité, on ne cesse de nous l’annoncer, augmente et va augmenter. Pourquoi dans de telles proportions ? Selon Loïc Le Floch Prigent, ancien patron de GDF et du groupe pétrolier Elf, c’est totalement injustifié. La cause au marché européen de l’électricité qui gonfle artificiellement les prix, et, dont il faudrait rapidement sortir, et non pas à la guerre. La France a tous les atouts dans son jeu, il suffirait surtout de redémarrer au plus vite les centrales nucléaires qui sont actuellement en maintenance.

L’explosion du prix de l’électricité est au moins provisoirement pour les ménages, relativement limitée par le bouclier tarifaire, mais elle menace clairement l’activité économique et les entreprises ni ne sont pas protégées par un système équivalent. De nombreux artisans et restaurateurs vont sans doute ralentir prochainement leurs activités, voire les réduire fortement, tandis que d’autres ont d’ores et déjà été obligés de baisser leur rideau de fer.

Certaines entreprises vont devoir payer leur énergie électrique 3, 4, 5 voire 6 fois plus cher que d’habitude. On se demande sur quelle logique économique on se base pour en arriver là ! Les conséquences sont potentiellement « mortelles », car cela signifie que la consommation va diminuer en volume, qu’il y aura moins d’activité industrielle et donc moins de travail, qu’il y aura donc fatalement plus de chômage.

On ne peut que s’étonner des cris de victoire du gouvernement et des medias qui relaient partout les statistiques triomphalistes de RTE sur la baisse de près de 10 % de la consommation d’électricité en novembre 2022 ! Ces chiffres s’expliquent non pas par l’attitude raisonnable de particuliers économes mais parce que les industriels se préparent déjà à diminuer leur production. On sait que pour pallier ces pénuries, la France a acheté de nombreuses quantités d’énergie à un prix très élevé. Il faudrait une bonne fois demander des comptes à l’exécutif et à EDF ! Pourquoi est-ce que l’électricité que l’on produit à 50 euros le MWh, se retrouve en vente dans l’industrie à 600 euros ? C’est à cause de la tarification de l’électricité au niveau européen !

Pour régler le problème de l’électricité trop chère, il faudra, en effet, sortir du marché européen comme l’ont fait des pays voisins comme le Portugal et l’Espagne. Le marché de l’électricité est contreproductif, il est artificiel et impossible à tenir. Rajoutons que les règles européennes de la concurrence obligent EDF à vendre une part non négligeable de sa production à un tarif inférieur à celui qu’elle applique aux particuliers, à des concurrents qui la revendent à leur tour aux mêmes particuliers et aux entreprises, voire à des administrations d’État (c’est à ne pas croire !), privant ainsi EDF de revenus conséquents et offrant à des concurrents privés des profits qui auraient pu être investis dans l’entretien des centrales.

En résumé, l’électricité produite en France par ses centrales nucléaires (qui auraient dues être entretenues comme il se doit depuis 50 ans et ne l’ont pas été du fait des carences de nos dirigeants successifs) devraient permettre à notre pays d’être autosuffisant comme l’avait imaginé et programmé le général de Gaulle et son Commissariat au Plan. Ce qui était possible dans les années 60 avec une gestion budgétaire de l’État rigoureuse, ne semble plus être possible depuis quelques décennies avec l’explosion du train de vie de l’État, les aberrations de la dépense publique, notamment pour ce qui concerne les ressources humaines injustifiées et n’apportant aucune valeur ajoutée au fonctionnement du pays !

L’accroissement des besoins suscités par la guerre

En temps ordinaire, en temps de paix et de sérénité, on se demande comment faire face à l’augmentation de la population mondiale et on s’interroge sur les solutions qui permettront d’y subvenir. Plus on fabrique et plus on vend, et de ce fait, on se retrouve emportés dans une sorte de fuite en avant, on croit pouvoir accroître son développement par une augmentation des ventes. Mais pour vendre, il faut des consommateurs, et on les cherche notamment dans les jeunes générations. Mais en même temps, ce sont eux que l’on vient culpabiliser sur les méfaits de la surconsommation, en prônant la croissance « zéro », voire la décroissance.

Or la problématique, notamment écologique, n’est pas le fait de ces jeunes consommateurs. En un siècle, la population française a augmenté de 65 % et celle du monde dans son ensemble de 370 % ! C’est à tort que l’on accuse les pays européens de capter l’essentiel des ressources de la planète.

 Pour ce qui concerne la France, il faut rappeler qu’elle a toujours été autosuffisante en matière alimentaire et que si sa balance commerciale extérieure est déficitaire, c’est du fait de ses achats en hydrocarbures.

Pour rester dans ce domaine, on explique aussi que l’inflation du prix des énergies est due à la guerre en Ukraine. Ce n’est vrai qu’en partie. Nos achats d’hydrocarbures russes n’ont jamais été à une hauteur telle que les carburants aient pu augmenter du simple au double à la pompe ! Et parlons aussi de pollution ! Après avoir communiqué pendant des années pour inciter les Français à acheter des automobiles, après avoir critiqué les moteurs diesel pour leurs soi-disant rejets de particules fines (en dépit des pots catalytiques), on leur demande de réduire leur vitesse, de renoncer à leurs déplacements et on les incite à rouler « électrique » !

Outre que c’est méconnaître le poids du besoin en électrique quand il s’agira de recharger des parcs de milliers de voitures électriques, il faut quand même savoir que les 15 plus gros navires-cargos du monde polluent autant que l’ensemble de toutes les automobiles à moteur atmosphérique de la planète, aussi énormes que ces chiffres puissent paraître. Chacun des porte-conteneurs qui nous inondent de produits inutiles fabriqués en Asie du Sud-Est brûle en effet 10.000 tonnes de carburant pour un aller et retour entre les deux continents. En sachant qu’environ 100.000 navires sillonnent les mers et les océans de la planète, que faut-il penser de ces remontrances adressées aux « mauvais citoyens conducteurs » Français ! On ne peut donc pas faire peser sur des pays comme la France le poids de toutes les difficultés que connait la planète du fait de l’augmentation malthusienne de sa population.

En revanche, du fait de l’élévation du niveau des océans due au réchauffement climatique, elle fera partie des pays dont le trait de côte va changer profondément.

Le développement inéluctable de certains secteurs

Les agresseurs russes et ses alliés sont d’ores et déjà recentrés sur l’après-guerre. Après la captation des marchés de l’énergie, ils lorgnent sur les marchés de la reconstruction dans une région qu’ils tentent d’élargir le plus possible. Espérons que les intérêts européens ne se laisseront pas corrompre (cf. ce qui se passe avec le Qatar) pour que se nouent des alliances économiques profitables à tous les groupes mafieux d’influence…

 Dans une Ukraine écrasée par la guerre, ce dont les populations ont le plus besoin, on l’a vu tellement souvent, c’est de pouvoir s’alimenter et nourrir les enfants.

Bien sûr, surtout dans un pays aussi froid que l’Ukraine, qui sera bientôt recouvert de neige et de glace, bénéficier d’un havre confortable et chauffé, est souvent également une priorité. Mais sans sous-estimer cette question, on sait que, en se réfugiant sous terre, dans les souterrains des villes ou en se couvrant avec de nombreux vêtements, c’est un combat que des peuples vivant dans le froid ont l’habitude de mener.

Ce qui est nécessaire, lors d’un conflit dont on constate que les objectifs de l’ennemi sont de détruire les infrastructures, notamment médicales, hôpitaux, pharmacies, usines à vocation chimique, c’est d’approvisionner l’Ukraine en médicaments et matériels de soins en tous genres. Il est en effet indispensable de ne pas laisser à l’abandon toutes ces familles, dont certaines avec des enfants en bas âge ou des nourrissons, sans disposer des produits de base d’hygiène et de santé, sans médicaments et produits permettant de soigner les blessures.

On pourrait presque dire que, dans l’état actuel où se trouve le pays, tout le reste paraît superflu, même si tout ce qui concerne la culture, la détente, et voire, pourquoi pas, le sport, pourrait avoir autant d’importance au plan psychologique pour le moral de la population, soit pour aider à vivre, soit pour conserver sa dignité et son envie de combattre.

Mais ce qui caractérise le plus l’économie en temps de guerre, et qui concerne indirectement la population, c’est l’économie de la guerre proprement dite, c’est-à-dire l’industrie de l’armement et des armes. Il est certain que, si le consommateur final est le soldat que l’on envoie au front, le commerce et les négociations en termes d’armement intéressent avant tout l’État et les responsables militaires.

L’aide apportée par les alliés de l’Ukraine se traduit prioritairement en armes, en munitions, et en matériels militaires parfois très sophistiqués. Ce secteur économique est donc actuellement plus que florissant, puisque les dépenses annoncées sont évoquées en centaines de milliards, soit de dollars soit d’euros. Rappelons d’ailleurs à ce sujet que la France est au 3ème rang mondial des fabricants d’armes, de munitions et de matériels de défense.

Les choses étant ce qu’elles sont, on ne peut répondre à une agression militaire que par des actions militaires. Il faut donc du matériel de guerre. Et on se rend compte, effectivement, que l’intervention matérielle des alliés a eu jusqu’à présent un impact déterminant sur l’évolution du conflit et sur les échecs répétés de l’agresseur. Le propos est uniquement de constater que ce conflit donne un véritable coup de fouet à une industrie relativement discrète mais qui n’est pas pour autant en situation difficile, compte tenu du grand nombre de conflits existant de par le monde. On peut nommer la chose d’un point de vue philosophique. Il est curieux, en effet, que cette activité économique qui contribue à la croissance de quelque pays, ne soit pas, comme beaucoup d’autres, de nature à améliorer le sort des citoyens, mais soit de nature en tuer d’autres, c’est-à-dire à contribuer à faire baisser la population mondiale.

S’agissant de l’impact du commerce des armes sur l’activité économique d’un pays, il est d’ailleurs impossible de trouver des références précises dans les statistiques publiées en France par l’État, au point que l’on pourrait se demander si cette activité industrielle n’est pas volontairement rangée dans la rubrique des chiffres « invisibles », ce qui d’ailleurs n’aurait rien d’inattendu compte tenu de leur « sensibilité ».

On ignore, en l’absence de données publiques, le nombre de morts et de blessés dans les deux camps, mais on comprend que cette guerre fait et fera encore de nombreuses victimes. La première guerre mondiale avait fait environ 20 millions, la grippe espagnole, postérieurement à cette guerre en a fait entre 20 et 50 millions, et la seconde guerre mondiale plus de 60 millions. On n’atteindra sans doute pas de tels sommets, et de telles horreurs, sauf à ce que le conflit ne bascule dans une tragédie nucléaire mondiale.

Finalement, pour conclure, on peut se demander à qui profite réellement un tel conflit. En premier lieu bien sûr, aux fabricants et aux trafiquants d’armes, notamment par ce que l’actualité toute récente a montré que dans le monde de la diplomatie secrète, on pouvait échanger une athlète porte-drapeau d’une certaine jeunesse, contre un trafiquant d’armes notoire, sans doute responsable de milliers, voire de millions de morts, du fait de sa participation à de nombreux conflits ou du fait de sa participation évidente au terrorisme mondial.

Des armes et pas du bio !

Voilà longtemps que le principal sujet de préoccupation, des journalistes comme des élus, mais aussi de la plupart des Français, est la question de la protection de la planète contre les agressions chimiques et industrielles. Aujourd’hui, on comprend que la qualité des produits alimentaires est un peu devenue le cadet des soucis des Français. Récemment il se disait que le coût accru de l’électricité qui va fatalement faire baisser le niveau de vie des Français, les écartera de la consommation des produits respectueux de la nature, et donc du Bio.

Les consommateurs les moins fortunés vont se rabattre sur les premiers prix, et sur les produits de base de la grande distribution, dont les caractéristiques sont plutôt basiques et de piètre qualité.

De facto, les producteurs agriculteurs vont certainement rapidement abandonner la production Bio, alors qu’il y a encore quelques semaines, on poussait les consommateurs, quels que soient leurs revenus, à en consommer, pour la protection de la planète, et pour la lutte contre le réchauffement climatique. Pour finir sur une petite note caustique, un seul des dirigeants du monde est en train de détruire un pays en l’écrasant sous les bombes et les produits chimiques, alors que tous les autres dirigeants tentent de signer des accords pour protéger la planète.

Finalement, pour faire de vrais et bons profits, il faut fabriquer, vendre, trafiquer des armes, et non pas se lancer dans la culture bio.

Bernard Chaussegros

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