Alain Thébault est un fou de vitesse sur l’eau ! Avec son Hydroptère, il filait déjà à plus de 50 nœuds en 2009. On le retrouve aujourd’hui à la tête du projet Sea Bubbles, des bateaux-taxis non polluants équipés de foils.

Installé sur les bords du lac Léman, à Saint Jorioz, Alain Thébault est un homme heureux. L’homme du record mondial de vitesse à la voile en 2009 s’est assagi et se lance dans la production de taxis aquatiques qui volent sur l’eau à 40 km/h.

Une idée familiale

Après son record, Alain Thébault part en famille de l’autre côté de la planète. Il effectue notamment une traversée Los Angeles – Hawaï pendant laquelle il se trouve face à une mer de détritus. Les trois filles du navigateur le poussent alors à s’engager dans une activité plus respectueuse de l’environnement que la vitesse. En compagnie de l’aéronaute Bertrand Piccard, il commence à réfléchir sérieusement à un nouveau concept.

Des bulles sur l’eau

Grâce à l’expérience de l’Hydroptère, l’idée du Sea Bubble n’a pas mis longtemps à émerger. Cependant, comme toujours dans les créations d’entreprise, cela n’a pas été un long fleuve tranquille. Associé à la naissance de la start-up en 2016 au champion véliplanchiste suédois, Andres Bringdal, ils se séparent suite à un désaccord portant sur les sources d’énergie de l’engin. Alain Thébault est presque sur le point de vendre sa participation familiale de 65%, mais décide finalement de repartir de plus belle avec le soutien financier d’une holding suisse.

Pourquoi n’y a-t-on pas pensé ?

Le problème de mobilité urbaine est connu de tous. Or, l’eau est un espace disponible dans de nombreuses métropoles construites au bord de lacs ou de rivières. Le Sea Bubble permet à ces zones de disposer d’un moyen supplémentaire de transport économique et écologique, ne produisant ni bruit, ni vague puisqu’il se déplace à quelques dizaines de centimètres au-dessus de l’eau. Développé au départ pour 1 pilote et 4 passagers, des adaptations sont prévues pour aller jusqu’à 12 ou 32 passagers avec la construction de bus. Les premiers à être intéressés ont été français, en particulier Paris, Cassis, mais aussi Venise, Miami, Dubaï et même l’Asie qui pointe le bout de son nez.

Électricité contre Hydrogène

On l’aura compris, l’objectif du navigateur est de réduire l’empreinte écologique de son offre. Le choix a donc été fait d’aller sur l’électrique. Cependant, si cela a suffi pour les essais, créer un moyen de transport qui va coûter près de 250 000 euros l’unité, avec seulement deux heures d’autonomie pour une charge de plus d’une heure n’est pas viable sur le long terme. Le projet à donc évolué vers une solution hybride alliant électrique et hydrogène. Pour ce pro de la technique, il est logique de passer du diesel vers l’électrique, puis de l’électrique vers l’hydrogène. Résultat : la charge pour 2h30 d’usage prend moins de cinq minutes ! Ces véhicules aquatiques seront construits à terme en matériaux recyclables tels que la fibre de lin. La production démarre début 2021. C’est déjà demain !

J.B.

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