« Le présentéisme et l’absentéisme sont les deux facettes d’une même réalité »

Bien des dirigeants et managers pestent contre l’absentéisme. Mais ont-ils pensé au présentéisme ? A bien y réfléchir, le présentéisme et l’absentéisme sont les deux facettes d’une même réalité, celui de l’absence d’engagement et de lien entre les personnes. Mais si le symptôme est connu, quelles en sont les causes ? Et si les stratégies organisationnelles et les pratiques managériales étaient en jeu ? Pour répondre à ces questions, entretien avec Bénédicte Aujoulat, fondatrice iconoclaste de Jesuisunovni.

Comment vous est venue votre vision novatrice du management, et pourquoi ?

Bénédicte Aujoulat : Parlons d’abord du présentéisme, fléau occulté par l’absentéisme. Une des formes se traduit par des salariés bien présents mais si démotivés qu’ils en deviennent des robots accumulant les maladresses. Le présentéisme, au global, coûte à l’entreprise la bagatelle de 23,2 jours de travail par an, et par salarié ! Un coût caché énorme, en argent comme en humanité. J’ajoute qu’il s’agit d’un signe précurseur de burnout. Ensuite, l’espoir et la colère.

Aujourd’hui les démarches RSE et QVT sont au cœur des stratégies d’entreprise, affichées et revendiquées. Sous le principe affiché de bienveillance, je vois des pratiques managériales très dures et encore trop de «socialwashing». L’envie d’apporter un regard neuf sur l’organisation, de faire un pas de côté, de redonner du souffle au management s’est imposée.

Quelle est votre approche pour tenter d’y remédier ?

Plutôt que de tenter, je préfère réussir, dans l’intérêt des salariés comme des entreprises ! Tout se joue au niveau de la personne. Relier et incarner les valeurs de l’entreprise et des salariés dans ses missions quotidiennes est un facteur de réussite. Mon approche est double. D’un côté, je considère les personnes et leurs potentiels d’apprentis-sage.

De l’autre, l’entreprise, son organisation et ses pratiques managériales. Plutôt que de penser postes de travail, pensons ressources endormies. Il s’agit de créer de l’intelligence collective à partir de la singularité des talents et de relier l’efficacité et la satisfaction personnelle à l’atteinte des objectifs stratégiques de l’entreprise. Pour accompagner celles-ci, j’utilise des outils comme Potentialis ou Process com associés à l’analyse RH.

J’adore voir émerger les ressorts profonds de chaque personne et les nouvelles synergies d’équipes qui en résultent par le biais de pratiques ludiques et culturelles. L’ouverture à soi permet l’ouverture aux autres, et apporte ainsi une véritable qualité de vie au travail au quotidien, gage de performance et de pérennité pour l’entreprise.

Quel regard portez-vous sur les mutations de l’entreprise ?

Entreprises et managers ont par-fois tendance à minimiser la responsabilité des organisations dans l’apparition du présentéisme. On accusera la société, ses évolutions… « O tempora, o mores », ça existe depuis Cicéron ! Le présentéisme risque de s’accroitre si nous n’y prenons garde. Une mutation est en cours. Or bien des entreprises recyclent les recettes de la révolution Internet : pareil, en ajoutant .com. Cette révolution-ci est sociétale et un formidable tremplin. Elle est sereine quand elle est centrée sur les personnes : déployer les talents des salariés signifie pérenniser la performance des entreprises. Pour cela, osons observer l’entreprise sous un angle différent et casser les codes s’ils sont inadaptés.

Plus d’infos
Linkedin : https://www.linkedin.com/in/benedicte-aujoulat-rse/
www.jesuisunovni.fr

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