Après les produits pauvres en sucres et en graisses, c’est au tour des vins d’être déclinés en version «light».

En 40 ans, la consommation annuelle de vin a diminué de moitié en France. Surtout, alors qu’un vin contenait en moyenne 10 à 11% d’alcool il y a 30 ans, il affiche aujourd’hui 13 à 14%, voire 15% dans certaines régions viticoles chaudes*. Pour faire face au réchauffement climatique qui rend les vins plus puissants et satisfaire la demande des consommateurs férus de produits plus légers, bon nombre de maison ont créé des vins à faible degré voir sans alcool, pour elle et/ou la distribution.

Nouveau mode de consommation

Plus légers ou totalement désalcoolisés, ces nouveaux produits répondent d’abord à une demande de vins plus légers majoritairement consommés au moment de l’apéritif.

«Une étude menée par Kantar World Panels en 2015 révèle que 7 consommateurs de vins sur 10 le consomment à l’apéritif. Des chiffres confortés par le cabinet Wine Intelligence qui indique que la part de marché des vins lors de l’apéritif a augmenté de +17% au dépend des alcools forts. Quant on sait que chaque semaine en France, 37 millions d’apéritif sont pris à domicile, on imagine aisément le potentiel du marché des vins faiblement alcoolisé», explique Franck Crouzet, responsable marketing du groupe Castel Frères qui a lancé en 2015, sur le marché français, un blanc et un rosé à 9°.

Ces produits surfent également sur l’arrivée d’un nouveau type de consommateurs. «Ce concept unique de vin touche les cibles plus jeunes, les populations ouvertes à l’innovation, moins connaisseuses en vin et qui ont une vision du vin et de sa consommation plus moderne».

Un phénomène mondial

Pour autant, difficile de savoir ce que représente réellement ce marché. En effet, les vins légers ou sans alcool ne sont pas comptabilisés séparément lors des achats quel que soit le circuit de distribution. Le cabinet Wine Intelligence estime cependant le potentiel d’acheteurs de vins légers sur le marché français à 8 millions de personnes cette année. Mais si les consommateurs français commencent seulement à s’intéresser aux vins faiblement alcoolisés, nos voisins, notamment, anglais en sont férus.

Le marché en croissance génère plus de 44 M€ de ventes à emporter au Royaume-Uni. Convaincu du potentiel, les vignerons néo-zélandais vont encore plus loin puisqu’ils ont réussi à convaincre l’organisation viticole nationale, plusieurs entreprises et le gouvernement à investir 17 M$ néo-zélandais (11 M€) dans un programme de recherche pour créer des vins de qualité à faible degré d’alcool. Objectif ? Devenir le premier producteur de vins du  segment… à moins que les vignerons français se réveillent ! Il est encore temps.

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