Guigal, tout amateur de grand vin connaît ce nom, mais peut-être pas l’histoire de ce domaine familial incontournable fondé en 1946, ni de son charismatique patron autodidacte.

Ampuis, berceau de l’appellation Côte-Rôtie, est le lieu de naissance du domaine Guigal tout de suite après guerre. Son fondateur, Etienne Guigal, est arrivé dans la région en 1924 alors qu’il n’avait que quatorze ans. Spécialiste du Côte-Rôtie, il devient un vinificateur hors pair. Une cécité subite l’oblige à passer la main plus tôt que prévu, alors via une stratégie de croissance externe. « Les travaux difficiles, je les ai faits, j’ai commencé avec les pressoirs à bras, et même le bouchage avant les robots ! » explique Marcel. Connaître le métier de A jusqu’à Z, voici peut-être une partie du secret de cette success-story sur un des plus beaux terroirs de France.

Un autodidacte pur jus

Marcel Guigal est donc un autodidacte pur que son fils n’a que 17 ans et prépare alors son baccalauréat. C’est ainsi que le jeune Marcel se trouve lancé dans l’arène, avant même d’avoir eu le temps de véritablement se projeter. Mais ce coup du sort est synonyme de bonnes surprises pour l’avenir.

Une transmission de père en fils

En dépit de son handicap, Etienne Guigal dispose de temps pour former son fils à l’art de l’élevage du vin. Pour cet entrepreneur terrien, être autodidacte, c’est « Ne pas avoir de chances au départ, on n’a pas d’atouts, donc il faut se battre toute sa vie, le seul côté positif, c’est que cela devient un réflexe, tous les jours, il y a un combat à gagner… on ne va pas sauver la France, mais à notre humble niveau, on apporte notre pierre à l’édifice. » Cette transmission de savoir-faire paternel va porter ses fruits auprès du fils, qui va en assurer le développement du jus.

Rien d’étonnant à ce qu’il ait remporté le prix 2015 « Victoire des Autodidactes », organisé par le Harvard Business School Club France et le groupe Mazars. Une première pour lui, mais également pour la viticulture, secteur qui n’avait jamais été honoré. Le prix correspond dans l’esprit à ce que pense les chefs d’entreprise : L’essentiel, avant les diplômes, c’est la fibre entrepreneuriale, la capacité à créer de la richesse, pour soi et autour de soi.

Et la récompense suit : « Si l’on arrive à apporter le plaisir, et si en plus du plaisir, on arrive à apporter l’émotion, alors là on a tout gagné » ajoute l’heureux viticulteur. Marcel Guigal sait que l’avenir et la stabilité de l’entreprise qu’il a développée depuis qu’il en a pris la tête doit être basée sur plusieurs débouchés : l’aspect agricole, avec viticulture et domaines, l’aspect commercial grâce au négoce et l’aspect international. Il maîtrise les trois avec brio.

Une véritable saga familiale

L’entreprise reste délibérément familiale et la troisième génération est déjà impliquée dans son actualité comme dans son avenir depuis une vingtaine d’années. Philippe, 44 ans, fils de Marcel et Bernadette, est l’œnologue de la Maison et s’implique pleinement avec Eve, son épouse. Comme souvent dans les histoires de famille, après le pionnier, puis l’autodidacte, voici le diplômé. Grâce à Etienne et Marcel, le petit-fils et fils Guigal a eu l’opportunité de faire des études poussées et le tour du monde des grands vignobles.

Une fierté pour celui qui est aujourd’hui le patriarche : « Je n’ai aucune inquiétude avec mon fils, qui a bien compris les messages de son grand-père et de son père. Nous nous complétons parfaitement. Nous prenons toutes les décisions en commun. Il apporte la communication et l’international, mais aussi beaucoup d’autres choses. Il a réussi à se faire un prénom, ce qui n’était pas chose facile ».

A.F.

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