On les appelle les « Instapreneurs ». Ils ont compris l’utilité de ce réseau social pour leurs jeunes entreprises, le tout sans débourser un sou de publicité.

On connaît le succès d’Instagram, devenu un réseau social incontournable pour les jeunes, mais pas seulement. En France, les moins de 25 ans y passent en moyenne une demi-heure et l’attrait ne faiblit pas. Moins invasif que Facebook, il est possible de vagabonder à travers les photos d’inconnus, de célébrités et d’entreprises. Attention, on ne parle de publicité dans ce nouveau monde, mais on y communique et on fait de l’image !

De l’image avant tout

Le concept de départ d’Instagram n’avait évidemment pas grand chose à voir avec l’entreprise. C’est un monde de l’image, de la belle image, où l’on poste ses plus belles créations après avoir pris soin d’utiliser filtres et retouches. On peut y suivre de nombreux comptes de photographes et, si l’on s’intéresse à ce réseau à titre professionnel, il devient indispensable de maîtriser de façon irréprochable sa qualité d’image.

Instagram « Pro » en deux mots

Aujourd’hui, un entrepreneur peut rapidement et facilement modifier son compte personnel en compte professionnel. Attention, car si l’objectif ultime reste bien entendu économique, et plus prosaïquement, commercial, l’imagination et la créativité doivent s’imposer. Les abonnés ne sont pas sur leur smartphone ou tablette pour consulter un site de e-commerce, mais pour entrer dans l’univers d’une marque. Les produits sont présents, mais pas de façon flagrante. Les valeurs, la vie de l’entreprise doivent transpirer à travers les parutions en étant facilement compréhensibles.

Petit c’est mieux

Si les grandes marques évoluent autour d’un univers déjà très défini, pour les petites boites, tout est possible, faire participer à la vie quotidienne de l’entrepreneur, surprendre, amuser, oser, faire sourire… Cela demande pas mal d’idées et de préparation, mais donne une grande liberté aux jeunes sociétés qui n’ont pas encore une image publique de marque définie.

Les sagas, le couteau suisse d’Insta

Ce format vidéo lancé il y a un peu plus de trois ans a fait un carton. Les instagrammeurs et instapreneurs s’en sont immédiatement emparés, des centaines de millions à travers le monde ont créé des stories éphémères. Or, un tiers de ces dernières émane de marques. Dans les stories, les images sont plus spontanées, moins « parfaites » et permettent de communiquer directement avec les abonnés en les faisant réagir ou en leur diffusant des mini-tutos. La story est également adaptée à la tenue de sondages auprès de ses « followers » à condition de ne pas en abuser. Enfin, elle permet de mettre en avant des abonnés, en reprenant certaines de leurs photos, en leur faisant un cadeau, en les citant à propos d’un événement…

Vous avez du temps ?

La réponse à cette question lorsque l’on est un entrepreneur, jeune ou pas, est toujours négative. En période de lancement ou de consolidation, le temps manque pour ces hommes et femmes, qui travaillent seuls ou avec de petites équipes. Pourtant, si Instagram paraît être un réseau intéressant pour appuyer son offre, car peu gourmand en espèces sonnantes et trébuchantes, il convient de disposer de temps, ou d’un collaborateur dédié.

En effet, l’amateurisme peut être accepté pour des stories de particuliers, mais à titre professionnel, les photos, vidéos et messages se doivent d’être aussi proches de la perfection que possible. Ce sont eux qui vont donner l’image de la marque à ceux qui la découvrent, il convient donc de bien définir par avance quelle sera la ligne directrice. La plupart des nouvelles marques qui ont émergé notamment grâce à Instagram ont réussi à trouver un angle suffisamment original pour attirer l’attention.

Attention danger…

Alors que les stories dégagent une image assez gaie et bienveillante des marques, il faut peu de chose pour les déstabiliser. C’est ce qui est arrivé en ce début d’année au Slip français avec la mise en ligne de deux vidéos par une salariée lors d’une soirée privée qui présente des personnes grimées en noir, une soirée dite « blackface ». Or, les agissements de chaque employé y compris dans leur vie privée et leurs parutions sur les réseaux sociaux peuvent évidemment porter préjudice à la marque. Une occasion de rappeler au personnel des entreprises quelques éléments juridiques.

En effet, si la règle veut que vie personnelle et vie professionnelle soient totalement étanches, des exceptions existent si « un trouble objectif caractérisé » peut être constaté dans l’entreprise suite à cela. En bref, le salarié est libre de son comportement privé, mais on peut lui reprocher les conséquences de ses actes sur la vie au travail, voire certains dommages constatés sur la marque, ce qui peut mener au licenciement dans certains cas. Le fait est que cela a bel et bien écorné l’image du Slip Français, de façon totalement imprévue. De la difficulté de maîtriser la communication sur les réseaux sociaux…


Les petits malins d’Insta

Pour certaines sociétés, Instagram est devenu le ou l’un des premiers vecteurs de communication, une vitrine virtuelle idéale. Les éventuels clients échangent sur des marques qu’ils découvrent avant d’aller plus loin.

Le Slip français, le succès des stories

Lorsque l’on parle de succès Instagram, difficile d’éviter Le Slip Français qui a mis en place dès son lancement une véritable stratégie sur les réseaux sociaux. Avec 139 000 abonnés, on peut dire que Guillaume Gibault a fait un bon choix en faisant de sa stratégie digitale l’un des piliers de son marketing. Car l’offre, si elle est séduisante, était pour le moins risquée. Lancer des slips est déjà une idée pour le moins originale, mais en France, le secteur textile a frôlé la mort clinique, ce qui exerce une pression supplémentaire.

Le jeune chef d’entreprise a expliqué son mode d’emploi Instagram : une réunion hebdomadaire qui décide du thème de la prochaine parution, à décliner sur les différents réseaux avec leurs particularités, souvent sous forme de story. Pas de place au hasard ! Les parutions du Slip Français ont trouvé leur public, car elles sont claires, drôles, et permettent de bien identifier la marque grâce à une charte graphique assez forte qui met en avant la qualité du Made in France.

Starbucks, un modèle

La dimension de l’entreprise est internationale, et la marque est pour beaucoup un modèle de réussite sur Insta. Elle a fait un véritable carton deux années de suite avec le #WhiteCupContest, suivi du #RedCupContest, des concours qui ont remporté un énorme succès. Ceci a été suivi par le recrutement de célébrités telles Lady Gaga qui a créé sa boisson, un sujet tout trouvé pour Instagram. Un mode de communication dans l’ADN de la communication Starbucks. Avant la naissance des réseaux sociaux, la marque avait pour habitude de mettre en avant ses clients, les faisant devenir ses ambassadeurs. L’entreprise a été une des premières entreprises à rejoindre Twitter et les autres réseaux, en mêlant belles photos et humour, ce qui explique qu’elle rassemble aujourd’hui 16,5 millions d’abonnés dans le monde et 160 000 en France.

Dear Muesli, née sur le réseau

Le concept de cette entreprise française est basé sur l’offre de bonnes céréales, personnalisées, livrées sur abonnement. La société est bel et bien née sur Instagram, comme le dit l’un des cofondateurs, Dikom Bakong-Tonje, qui met en avant leur « sitcom du granola ». En effet, l’entreprise communique en véritable professionnelle en créant des stories qui remportent un vrai succès. A tel point qu’Instagram l’a remarquée et choisie pour devenir l’un des trois ambassadeurs européens pour la fonction « stories » et en lui offrant un clip promotionnel.

Moitié hip-hop, moitié cuisine, les vidéos sont le vecteur de communication privilégié par les associés, même si un passage sur Télématin il y a trois ans de la toute jeune start-up a donné un sacré coup de pouce à l’envol de la clientèle. Instagram est devenu la vitrine de la société, la boutique étant le site internet. Les « Muesli boys » comme on les surnomme n’ont pas fini de faire parler d’eux.

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