Pascale Augé - Présidente du Directoire d’Inserm Transfert

Inserm Transfert, filiale privée de l’Inserm, sous Délégation de Service Public, spécialisée dans le transfert de technologies en santé humaine. Rencontre avec Pascale Augé, Présidente du Directoire d’Inserm Transfert.

Quelle est la mission d’Inserm Transfert ?

Notre mission repose sur l’innovation et la valorisation des résultats de recherche. L’Inserm se classe d’ailleurs dans le top 3 en matière d’innovation pharmaceutique ou biotechnologique selon l’office européen des brevets. Concrètement, Inserm Transfert est une équipe d’une centaine de personnes, dédiée exclusivement à la valorisation, l’innovation et à la recherche de financements collaboratifs.

Comment accompagnez-vous les chercheurs ?

En innovation, tout commence par un sourcing de proximité afin de comprendre leurs recherches et leurs résultats. Ensuite, nous les accompagnons sur leur stratégie de protection intellectuelle. Puis vient l’étape de preuve de concept, une activité que nous développons et pour laquelle l’Inserm a investi 22 millions d’euros depuis 2009. Cela a per-mis de faire émerger quelques 300 projets. Nous sommes également sur les métiers de la relation partenariale avec les industriels et de l’entrepreneuriat (pour accompagner le plus en amont possible l’envie de créer des chercheurs). Nous accompagnons enfin les chercheurs sur la recherche de financements nationaux ou européens.

Quel est le profil de ces chercheurs ?

Ils peuvent être de jeunes chercheurs ou plus expérimentés, cliniciens, issus de l’Inserm, ou d’autres institutions partenaires (CNRS), ou enseignants-chercheurs (Universités) représentant des profils diversifiés source de force pour la recherche ! Leurs sujets sont variés : de nouvelles approches médicamenteuses, des solutions diagnostic ou pronostic pour des maladies mais aussi des solutions de santé digitale.

Les partenariats avec les chercheurs sont-ils essentiels pour vous ?

Evidemment ! Pour mettre un produit sur le marché, nous avons indéniablement besoin des relais industriels, de la start-up au grand groupe. Les contraintes de production, réglementation et essais cliniques avancés sont plutôt le cœur de métier de l’industrie. Bref, nous nous apportons des compétences complémentaires et indispensables. Encore une fois, c’est un atout majeur pour faire avancer les étapes cliniques et permettre la mise sur le marché de solutions pour le bénéfice des patients.

Pouvez-vous nous donner des exemples de partenariats probants ?

Nous avons contribué à la création de la PME HalioDx, qui via l’Immunoscore®, a pour vocation d’améliorer le diagnostic des patients atteints de cancer. Cette PME a été rachetée par Veracyte, un groupe international. Nous avons également participé au lancement de l’iBox, un algorithme prédictif permettant d’évaluer la survie des allogreffes de rein, commercialisé par la startup Cibiltech, qui a révolutionné les pratiques au niveau international. Enfin, le Pr. Guillaume Canaud, qui a identifié des phénomènes de causalité induisant le syndrome de Cloves, a trouvé une nouvelle cible pour laquelle Novartis développait une molécule en phase clinique. En avril 2022, un nouveau traitement est sorti aux USA.

Du coup, quels sont vos enjeux à terme ?

Continuer à multiplier nos travaux en matière d’innovation pour en faire des sources de souveraineté nationale. Nous nous inscrivons également dans les stratégies nationales d’accélération en santé mises en œuvre par l’Etat qui sont notamment : les maladies infectieuses émergentes, les biothérapies et la bioproduction, et la santé digitale.

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