Il veut ressusciter le Château de Vincennes : l’incroyable projet de Christian Gerondeau

Chateau de Vincennes

Monument médiéval sans équivalent au monde, le château royal a été complètement défiguré au XIXe siècle suite à l’arasement de sept de ses tours. Et Christian Gerondeau, grand commis de l’État passé par Polytechnique, veut lui redonner tout son lustre et lui faire retrouver sa silhouette d’origine. Il suggère d’y créer un musée national du Moyen-âge, propre à attirer des millions de touristes du monde entier. Un projet grandiose et qui intéresserait Emmanuel Macron.

Comment en êtes-vous arrivé à ce projet grandiose de renaissance du Château de Vincennes ?

Christian Gérondeau : Il se trouve que j’ai été pendant trois ans Président de la Caisse des Monuments Historiques, il y a très longtemps, je me suis donc déjà intéressé au Château de Vincennes, mais sans plus. L’idée a resurgi il y a finalement peu de temps, comme souvent, sans événement déclencheur particulier. Je me suis intéressé au Château tel qu’il était auparavant, et en approfondissant, je me suis aperçu qu’il n’y avait pas de véritable obstacle à reconstruire les parties présentes du XIVe siècle au début du XIXe siècle.

C’est à cette époque que les tours notamment ont été détruites pour y placer des forces d’artillerie pour l’armée. En réalité, je suis convaincu que cela aurait déjà été fait si Vincennes n’avait pas été une place forte militaire. Il est certain que Viollet-le-Duc aurait œuvré là comme il l’avait fait à Carcassonne. Or, Vincennes est resté dans les mains de l’armée jusqu’en 1940, c’est là que l’état-major du tristement connu général Gamelin était installé.

En quoi consiste la reconstruction ?

Il s’agit surtout de reconstruire les grandes tours qui faisaient de Vincennes le Windsor français. J’ai consulté plu-sieurs spécialistes pour la rénovation qui m’ont tous dit que cela était totale-ment faisable. J’ai également pris des contacts auprès de grands groupes qui pourraient être des mécènes privés et sont prêts à financer l’opération, car la somme est plus qu’abordable pour re-faire les tours et remettre le fossé en eau. Il s’agit de quelques millions d’euros, ce qui est très raisonnable dans le domaine du patrimoine.

En dépit de ces possibilités de financement, rien n’est encore concrétisé à ce jour…

Non, jusqu’à présent. Tout le monde s’est habitué à voir l’édifice tel qu’il est. C’est la raison pour laquelle j’ai écrit un livre (cf encadré) afin de rendre public ce projet de résurrection d’un monument d’exception, à dix minutes en métro de Paris. Cet ouvrage constitue ma pierre à l’édifice, le Château remonte à Saint Louis, on peut donc encore attendre cinq ans de plus… Le principal frein est que la décision ne peut être prise qu’au sommet de l’État qui en est propriétaire, il faut donc porter l’idée jusqu’au Président de la République et c’est assez compliqué.

Il y a également une idée de création d’un musée du Moyen-Âge ?

Un musée du Moyen-Âge existe déjà à Paris dans l’hôtel de Cluny, mais il est bien trop petit alors que nous avons des trésors comme la tapisserie de la Dame à la licorne par exemple. Le musée est intéressant, mais ne peut pas devenir un grand pôle d’attraction par rapport à Orsay ou au Louvre par manque d’espace. Une des premières missions du futur musée serait de faire revivre la fabuleuse histoire de France, le projet est fédérateur comme l’a prouvé un sondage effectué sur ce sujet.

Aujourd’hui, les monuments historiques ont récupéré le site, l’armée n’est plus présente, il n’y a plus les archives de l’armée. Le donjon est exceptionnel, le plus haut d’Europe, il y a aussi une Sainte-Chapelle inspirée de celle de l’île de la Cité. Ces deux monuments méritent la visite, mais le reste est banal. Recréer cet endroit tel qu’il était serait un vrai atout culturel et touristique supplémentaire en région parisienne.

Sur un autre thème Christian Gérondeau, vous faite partie des signataires qui ont remis une pétition à l’ONU en 2019 sur la question du climat. Êtes-vous ce que l’on désigne comme un « climato-réaliste » ?

J’ai publié trois ouvrages aux éditions l’Artilleur en quinze mois sur le sujet : « La religion écologiste », « Les douze mensonges du Giec » et « La voiture écologique et autres folies ». Difficile de parler en quelques mots d’un sujet aussi complexe, mais j’y explique notamment que l’on « croit » en des affirmations qui sont assénées de façon répétitive, mais l’on oublie la réalité les chiffres, ce qui est impossible pour moi qui suis de formation scientifique.

Le thème que je mets en avant est que quelles que soient nos actions en matière climatique, elles sont dérisoires, et ce, pour des raisons physiques. Il y a quelques 3200 milliards de tonnes de CO2 dans l’atmosphère, or, l’ensemble des pays développés contribue à augmenter chaque année ce chiffre de 5 milliards de tonnes. Il ne sert à rien de se flageller depuis trente ans, ou que l’humanité prenne un tas de décisions qui ne riment à rien, autant regarder la réalité en face, les changements que l’on nous demande de faire sont inefficaces.

Au niveau mondial, on entend des gouvernants dire n’importe quoi sur ce sujet en impliquant que tout est de notre faute, or le sujet est bien plus complexe. Et je ne suis pas le seul à le dire, des prix Nobel et d’éminents scientifiques le clament, mais nous ne pouvons pas nous faire entendre, car nous sommes supposés nier la réalité. L’unanimité n’existe pas sur le sujet, mais la désinformation prend le dessus, quand bien même mes livres n’ont jamais été attaqués.

Nous sommes retournés au Moyen-Âge, mais heureusement, on ne nous brûle pas comme l’on brûlait les sorcières ! Notre prochain combat est de faire entendre notre voix contre le pro-jet de loi qui a pour but d’accélérer l’im-plantation des éoliennes. Une occasion de faire connaitre la réalité.


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