Il n’y a pas d’âge pour se lancer. De plus en plus osent montrer leur affaire après 50, 60 voire 70 ans. Il est vrai qu’ils peuvent s’appuyer sur tous leurs réseaux et leur expérience.

Selon une étude du National Bureau of Economic Research, l’âge moyen des créateurs qui réussissent est de 42 ans, et de 45 ans pour les entreprises à croissance rapide. Quant à l’Agence France Entrepreneur, elle a mis en avant le fait que les seniors sont à l’origine de la création de 1,3 million d’emplois dans notre pays. Au total, les seniors représentent donc plus d’1⁄4 des créateurs d’entreprise, dont la moitié était au chômage ou inactif au moment du lancement de leur activité, ce qui explique que la plupart commence par un statut d’autoentrepreneur avant de créer une société.

Des réseaux d’accompagnement

De nombreux réseaux d’aide à la création d’entreprise existent, mais certains sont plus particulièrement dédiés aux seniors 45+. Parmi ceux-ci, on peut citer Seniors Entrepreneurs, ce réseau met en relation différentes générations. Un porteur de projet et un senior sont mis en contact ayant tous deux les compétences et l’envie d’entreprendre. Concrètement, le senior s’engage non seulement à participer au capital de l’entreprise, même de façon symbolique, mais aussi à partager avec le porteur du projet les missions opérationnelles et le risque entrepreneurial.

Force Femmes de son côté accompagne les demandeuses d’emploi de plus de 45 ans sur une durée de 16 à 18 mois quand Initiative France a lancé un programme +45 avec AG2R La Mondiale. Parmi les autres circuits existants, nombreux sont aussi ceux qui s’adressent à tous, quel que soit l’âge, du moins en théorie.

Des avantages bien réels

En étudiant les statistiques portant sur les seniors qui se lancent dans la création d’entreprise, il est possible de repérer trois grandes catégories. Il y a ceux qui disposent de moyens financiers, sont propriétaires, ont des enfants adultes, ce qui leur laisse une liberté d’action importante. Puis, ceux qui sont en reconversion suite à un licenciement ou qui ont encore des enfants à charge et doivent poursuivre une activité plus ou moins par obligation. Enfin, ceux qui sont à la retraite, mais n’ont pas l’intention de rester inactifs pour des raisons personnelles ou financières.

Certains sont aussi motivés par la volonté de transmettre à des plus jeunes avant de se retirer définitivement de la vie active. Les atouts de ces entrepreneurs sont nombreux, leur réseau professionnel est en place, les compétences acquises, et certaines aides sont spécifiquement disponibles, en particulier pour les demandeurs d’emploi.

Des aides spécifiques aux séniors

Il existe en effet des aides spécifiques pour les demandeurs d’emploi seniors. Ces derniers peuvent bénéficier de l’ARE, l’Aide au Retour à l’Emploi, comme toutes les personnes ayant déjà cotisé, mais à plus de 50 ans, l’aide est accordée trois ans au total au lieu de deux. De même, les chômeurs de plus de 62 ans peuvent conserver leurs allocations jusqu’à leur départ en retraite, ce qui permet d’avoir le temps nécessaire pour le délai de création.

Il est également possible en France de cumuler intégralement sa pension retraite avec les nouveaux revenus issus d’une activité entrepreneuriale, à condition d’avoir auparavant liquidé tous ses droits à la retraite et de bénéficier de la retraite à taux plein, ce qui signifie que le départ s’est fait à l’âge légal ou après.

Un moyen de compléter ses revenus

Créer son entreprise après 60 ans sera de plus en plus fréquent, car au-delà des considérations du type « je suis en forme », de plus en plus fréquemment, c’est le besoin d’un complément de retraite qui se fait pressant. Il ne faut cependant pas se leurrer et minimiser les problèmes liés notamment aux financements. Mieux vaut avoir la possibilité d’investir soi-même ou de rassembler du love money, car les instituts financiers classiques tels que les banques restent encore très frileux si l’on ne présente pas de garanties importantes.

Une vrai tendance aujourd’hui

La tendance est bien là, créant un cercle vertueux, les entreprises créées étant souvent reprises en cas de succès par une nouvelle génération d’entrepreneurs. Si les sexagénaires sont souvent recherchés dans les conseils d’administration et les postes de cadres supérieurs de par leur expérience irremplaçable, comment ne pourraient-ils pas eux aussi être les créateurs d’entreprise de demain ? Ce type d’aventure n’est pas particulier à la France, bien au contraire, les systèmes de retraite étant différents dans chaque pays et plus ou moins favorables, les 60 ans et plus se lancent dans l’entrepreneuriat, plus ou moins facilement en fonction des mentalités. En France, beaucoup ont compris que rien ne valait une retraite active et utile pour tous.

V.D.

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