Marioupol (Photo Mikhail Tereshchenko/TASS/ABACAPRESS.COM)

Face à la catastrophe humanitaire en cours en Ukraine, les entreprises françaises comme LVMH et bien d’autres encore répondent présentes et promettent des millions d’euros d’aide au peuple ukrainien. Les dons proviennent aussi de régions pourtant très éloignées du conflit, comme de l’Asie centrale, où les autorités kazakhstanaises ont dépêché plusieurs convois humanitaires à destination de l’Ukraine.

Ils seraient près de trois millions. Trois millions d’Ukrainiens, principalement des femmes et des enfants – les hommes ayant l’interdiction de quitter le territoire –, auraient d’ores et déjà fui leur pays, violemment attaqué depuis le 24 février par les forces russes. La plupart de ces réfugiés sont partis dans la précipitation, en abandonnant tout derrière eux, et se retrouvent dans le dénuement le plus extrême. Ceux qui n’ont pu partir, par choix ou parce qu’ils n’en ont pas eu l’opportunité, font face à une situation encore plus critique : assiégés, bombardés, privés d’eau, d’électricité, de nourriture et de soins, des millions d’Ukrainiens sont pris au piège de la guerre. Les besoins humanitaires sont colossaux, d’une ampleur inédite, en Europe, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

LVMH, Danone… : ces groupes français au chevet de l’Ukraine

Le monde entier est au chevet de l’Ukraine. En France, les autorités et les citoyens se mobilisent : convois humanitaires, collectes de dons, cagnottes en ligne, accueil des réfugiés, etc. Et les entreprises ne sont pas en reste. Plusieurs grands groupes tricolores ont décidé d’apporter une aide logistique ou financière au peuple ukrainien. Ainsi de Danone, qui a contribué à hauteur de 500 000 euros à un fonds géré par la Croix-Rouge : « nous doublerons également chaque euro donné par les salariés de Danone à la Croix-Rouge, jusqu’à atteindre 500 000 euros supplémentaires », promet l’entreprise, qui a aussi envoyé des denrées alimentaires vers les zones d’Ukraine où les besoins sont les plus criants.

Le numéro un mondial du luxe, LVMH, a de son côté annoncé un don important de cinq millions d’euros, qui seront versés au Comité international de la Croix-Rouge. Le groupe dirigé par Bernard Arnault a également mis sur pied une collecte de fonds auprès de ses collaborateurs, collecte dont le montant sera aussi reversé à la Croix-Rouge. La maison phare du groupe, Louis Vuitton, a par ailleurs annoncé verser un million d’euros supplémentaires pour venir en aide aux enfants d’Ukraine : « un million d’euros sera donné immédiatement à l’Unicef pour aider les enfants et les familles touchés par le conflit en Ukraine », ont ainsi déclaré les dirigeants de LVMH.

Chine, Kazakhstan, Thaïlande… : les pays d’Asie se mobilisent aussi

Les États et organisations supra-étatiques sont aussi sur le pont. L’Union européenne (UE) a promis, par la voix de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, d’engager au moins 500 millions d’euros pour l’assistance humanitaire en faveur de l’Ukraine. « Nous ajouterons au moins 500 millions d’euros provenant du budget de l’UE pour faire face aux conséquences humanitaires de cette guerre tragique, tant dans le pays que pour les réfugiés », a ainsi déclaré la cheffe de l’exécutif européen, selon laquelle « la façon dont nous répondons aujourd’hui à ce que fait la Russie déterminera l’avenir du système international ».

Les pays éloignés de l’Ukraine et traditionnellement alliés de Moscou ont aussi répondu présents. La Chine, tout en ménageant son allié russe dont elle refuse de condamner l’agression, a indiqué le 7 mars qu’elle fournira une aide humanitaire à l’Ukraine « dès que possible ». « La Chine est disposée à jouer un rôle constructif en poussant à la paix et en promouvant les pourparlers, et elle est disposée à travailler avec la communauté internationale pour effectuer la médiation nécessaire en cas de besoin », a assuré le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, tout en s’élevant contre toute éventuelle « politisation » de l’aide humanitaire.

De son côté, le Kazakhstan, premier partenaire de la France en Asie centrale, a dépêché un premier avion d’aide humanitaire le 14 mars. Principalement composées de produits médicaux (28,2 tonnes d’antibiotiques, anti-inflammatoires, antitussifs et antihypertenseurs) d’une valeur de 2,25 millions de dollars, les presque trente tonnes de marchandises ont été acheminées vers l’aéroport de Katowice, en Pologne, où opère un hub de réception-distribution de l’aide humanitaire internationale. Fidèle à sa tradition d’assistance aux pays en crise, le gouvernement du pays présidé par Kassym-Jomart Tokayev a également envoyé, début mars, un millier de tonnes de semences de blé d’origine kazakhe vers le Kirghizstan.

En Asie toujours, la Thaïlande, qui s’est elle aussi engagée à respecter un principe de neutralité dans le conflit ukrainien, a fait un don de 2 millions de bahts pour l’aide humanitaire, répondant par ce geste à une demande de l’ambassade ukrainienne dans le pays. L’argent sera versé à l’ambassade thaïlandaise à Varsovie, en Pologne, avant d’être affecté à la Croix-Rouge ukrainienne. Les autorités thaïlandaises travaillent par ailleurs à l’évacuation des quelques centaines de leurs ressortissants qui se trouvent toujours en Ukraine tout comme les autorités kazakhstanaises qui ont évacué les leurs via des vols de rapatriement pris en charge par l’État. Il s’agit de la seconde fois que la Thaïlande vient, financièrement, en aide aux pays d’Europe de l’Est, après un premier don d’un million de bahts intervenu en 2019.

Victor Cazale

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